‹ Œuvres completes de P.-L. Courier (volume 5)Chapitre 10 sur 57 · I04 PROCÈS · texte numérisé non relu

I04 PROCÈS

mon bien» vous irez en prison; attendezrvous à cela. ,

Tout comme il l'avait dit, I4 chose est. arrivée. Je fils jugé, ou, pour parler exactement, je fus condamné à un mois de prison, sans preuves, sans audition de témoins. Les témoins, vous le savez, n'ont été entendus que depuis, ^ici, devant vous, messieurs, après mon appel de la senteqce rendue a Tours contre moi. A Tours, les juges n'ont pas voulu, sans doute de peur de scandale, examiner si j'avais dit : Allez vous promener, ou allez vous faire f.....; question délicate qui rî6u^ lait sur la différence de promener à l'autre mot. Il fut décidé, &ur le seul procès-verbal de M, le maire, que je l'avais outragé; en conséquence ou me condamne àim mois de prison. Mes amis trouvent que j'en suis quitte à bon marché. Car il eût pu tout aussi bien mettre sur son procèsverbal que je l'avais volé ou tué, et vous voyez ce qui s'ensuivait, puisque sa parole fait foi, s{\ps qu'il soit tenu de rien prouver.

Mais moi, je ne m'en crois pas quitte : ce qu'il n'a pas fait, il le fera. Déjà il répand le bruit que je l'ai menacé. Déjà il l'a écrit de sa main, sur le registre de la commune. Bien plus, il l'a fait publier au prône de la paroisse. Oui, messieurs, au prône, un dimanche, par la voix du curé en chaire, tout lé monde a été informé que Bloudeau menaçait M. le maire. Cela vous étonne.

DE CL.WfER-BLONDEAU. Io5

messieurs. C'est que vous connaissez les lois: mais moi y je connais M. le maire, et je sais qu'un mois de prison, mes travaux d'une année perdus, ma famille désolée, un procès qui me ruine, ce n'est pas vengeance pour lui. Ce qui m'étonne, moi, c'est de le voir agir avçc tant de mesure , user de prévoyance,.et, même avant la fin de cette affaireci, se ménager des preuves pour une accusation plus grave ,, comme s'il n'avait pas toujours ses procès-verbaux, qui sont parole d'évangile pour niessieurs les juges de Tours. Sitôt qu'il lui plaira d'avoir été frappé ou même assassiné , qui le con* tredira dans ses déclarations ? Craint-il qu'on ne s'avise d'examiner les« faits ? que le procureur du roi , le préfet , ne lui manquent au besoin , et qu'un jour ces messieurs, ne pensant plus aussi bien, ne se fassent scrupule de perdre un malheureux, parce qu'il sert M. Courier ! et puis , si Ton vou-^ lait des preuves , des témoins , n'a-t-il pas ses fermiers, que vous Tavez vu, messieurs, amener ici dans sa voiture; gens de bien comme lui, aiix-^ quels il coûte peu de lever la main , jurer devant les magistrats ? Enfin les signatures. peuventelles jamais manquer à l'auteur d'un écrit qu'on va vous lire, messieurs? C'est l'original même de la publication faite en chaire contre moi par M. le curé. "

Par jugement rendu^ le 5 mars dernier^ au tribunal de police correctionnelle de Tours ^ Clavief-

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Blondeau j garde particulier j a été condamné à 'io francs ^'amende, à la confiscation de sonfu" sil h deux coups ^ et aux frais du procès^ pour avoir porté des armes de chasse et chassé sans permis de port d^ armes.

Plus à un mois d^ emprisonnement, pour avoir menacé et injurié M. le maire de Véretz.

Pour extrait conforme au jugement ,

Signé BoDRRAssÉ, commis greffier.

Pour copie conforme ,

DE Beaune , maire.

Je soussigné, certifie avoir publié au prône de ma messe paroissiale, le dimanche ai mars de la présente ai\née 1819, les copies du jugement de r autre part ,. d après tinvitation qui m'en a été faite par M. de Beâune, maire de cette cqm,mune. ^

Marchandeau, curé desservant de Véretz,

Voilà, messieurs, ce qu'a publié M. le curé, dans la chaire de vérité,, ce qu'il a notifié comme un acte authentique aux habitaus de la paroisse. Il n'y a de vr^i néanmoins dans cette pièce écrite tout entière de la main de M. de Beaune, que sa seule signature. Le reste se peut dire imaginé par lui ou arrangé selon ses vues. Il n'est point du tout vrai que l'on m'ait condamné pour avoir

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