DE CLWIER-BLONDEAU. IO
menacé et injurié le iriaire. Il n'est point vrai non plus que ce soit là un extrait du jugement rendu contre moi. Il est encore moins vraif que ce prétendu extrait ait été délivré par le commis-greffier. Enfin il est faux que ce rommis ait jamais signé rien de pareil, et son nom mis là est une pure invention de M. le maire. Le greffier n'a pu délivrer un extrait qui n'est pas conforme au jugement, a^issi s'en défend-il et le nie à tous ceux qui lui en ont parlé. Le jugement ne dit point que j'ai menacé ni injurié personne, je suis con-r damné pour avoir outragé en paroles M, le maire de Véretz. Les juges ont trouvé un outrage dans ces mots : ^llez vous faire /!....; mais quelque envie qu'ils eussent d'obliger M. le maire, ils n'y pouvaient trouver de menaces, quand même M. le préfet le leur eût enjoint par vingt lettres. Si le maire voulait des menaôès, s'il entrait dans son plan d'avoir été menacé, il fallait qu'il le mît dans son procès-verbal, et cela n'eût pas fait plus de difficulté. Mais alors il n'y pensa pas. Pour réparer cette omission, "^ il entreprît depuis de me faire signer à nloi-même et avouer ces menaces en présence de témoins, employant pour cela une ruse qui devait lui réussir si on ne m'eût averti. C'est encore ici un des traits de l'esprit inventif de M. le maire, et je vous prie, d'y faire attention, messieurs.
Au milieu du procès, dan&la plus grande rage
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de ses persécutions , quand son garde-champétre, ses cédules , ses huissiers ne me donnaient pcTint de relâche , tout d'un coup U feint de s'adoucir, d'avoir pitié de moi, de vouloir me laisser vivre : on m'apprend^ de sa part, qu'il se coqtent^ra d'une légère satisfaction ; que si je veux lui faire quelques excuses, toute poursuite contrç moi cessera. Moi je nie crushoi's de l'enfer, ai^ premier mot qui m'en fut dit ; j« rendis grâces à Dieu , et promis de me trouver le dimanche suivant, après la messe, chez M. le maire, pour lui faire toutes les excuses, toutes les soumissions qu'il voudrait. Le dimanche venu, j'arrive à l'heure dite ; je trouve à la maiiie le conseil assemblé , beaucoup de gens et M. le maire , auquel je fis excuse (de quoi ? grand Dieu ! ) Je plus humblement que je sus, lui demandant pardon de l'avoir offensé, sans dire où ni comment, de peur de mentir, et promettant de ne le faire plus à l'avenir. Il paraissait content, tout allait le mieux du monde. Pour conclure , on ouvre devant moi le gros registre de la commune, on lit un long narré où je ne compris mot; on me dit de signer; j'allais signer, n'ayant soupçon de quoi que ce fut, quand quelqu'un me retint : Prends garde, me ditril, tu vas signer que tu as insulté M. le maire, que tu l'as menacé, violemment menacé, tel jour, en tel lieu, à telle heure, tu vas signer.... que sais-tu encore? Ces mots me