‹ Œuvres completes de P.-L. Courier (volume 5)Chapitre 4 sur 57 · IV · texte numérisé non relu

IV

OO COURESPONDAirCE.

A MADAME COURIER

Le 1 6 povertibre 1 8 a i .

Me voici levé à quatre heures, et rhommeAjùi tousse toujours m'empêche de travailler. Je l'écoute, et il me semble que j'ai mal à la poitrine.

Je quitte à l'instant Béranger, qui va être jugé, et sans doute condamné. J'ai vu le député qui se nommé comme ton charretier de Saint-Avertin.

C'est un brève hdmmë] il est de mon âge, et il a une jeune femme. Mais cette femme n'est pas une Miniette ; die aime là dépense et le plaisir.

Madame Shœnée est venue ici voir un prisonnier son parait. Elle a fait un éloge de toi qui a clarine toutes %â bonnes gens. Ils sont venus me le redire, et je suis convenu avec eux qu'il en était quelque chose.

Samecli.

J'ai reçu tout k l'heure jin colonel fameux ' dôht je te dirai le nom. Je le crois homtaie dé mérite, et je ne m'étonne pas qu'il ait l'attibilion de se distinguer.

> Fabvièr.

CORRESPOHDAVCE. 67

•A MADAME COURIER

Le 23 novembre x8^i. .

Hier un . de nos camarades - prisoni&ers s'est évadé fort adroitement. Tu "Verras cela dans les journauK^^

Je n^ai eu personne ^hier, et ma journée s'est passée merveiÛèusement. Les visites m^'c^t fait un tort immense. San%cela ma vie serait trèssupportable icU C'est une vie qa moine , mais- sans nulle... beaucoup meilleure que celle des moines. Il est vrai que je sids Inen chanceux d'woir cette chambre-ci. J'entends tousser ceux qui habitent du côté du nord. J'ai rayé. •,

Éloïse doit m'apport^r ton portrait ^ que j'attends avec iiiipatience. Il y a dans cela un peu de vanité. Oïi ^rra l'ange dans la prison , ou du moins son image. Un de mes compagnons me disait Tautre jour :^ J'aime les hommes qui aiment leurs femmes.

[ Courier , rendu à sa famille , se trouva si heureux de la tranquillité de ses champs et de la paix dont il jouissait , qu'il jura bien

de ne plus se brouiller avec les procureurs du roi, et, pour cela faire, il composa peu , quoiqu'il demeurât pluâeurs mois sans aller à Paris. A cette époqiitf seulement, il termina complètement le fragment, premier publié, d'Hérodote, et corrigea son Daphnis et Ghioé (àoift alors fixa le texte*), pour la coUeCtion des romans grecs de Merlin; il revit ausâ le Théagène et'Chariclée de cette

même collection»

n assemblait des Ynatériailx pour une édition des Cent Nouvâles nouvelles. Elle àunfit été |b1%prédeiise« Ce travail est. tout iiilbrni6,'^tliefinialheupeu8éinâit o^ peut élire profitable^aii public. . . V.

. Cependant^ ^traîné par .:son penchant , il ne put se ten|r de fronder un petit, et il fit la Pétition pour {es villageois qu'on empécbe de danser. IT -s'imaginait assurément n'être pas inquiété pour ce pamphlet-là, et continua ^n.todte sécurité ses études habituelles. Li chose n^âllaf'poibt ainsi que î^ourlér^fftvalt éàpëi*é. jfeiidant son absence niomentànéé/y'nneààtàe^ecettârij^^ÀM Ihltë â la Ghavontrîère, et GMlie» Ittl-méiiie^ après onfi courte ja^paritUm en T4>uraine , reçut du jqgi^ d'i»straptiôi| nu nu^iGUtt

pour être interr(^ à ParisiPn connaît l'issue de ce procès : il fut

acquitté y mais on garda Fouvrage saisi. • . Le jugement eût peut-être été plus sévère, si on eûrsu que, nialgré les embarras où il était àctueUetnentpI^ngé^^ Courier, en se rendant à Paris fM)ur cette nouvelle s^îre , ^ait dans sa pioche là PreïtiîèrèttiépoiiseaiâL Anonymes. Biais, ée?énn -pmdéiit à ses dépensa, il ts^fk soii'iiôtti; et h iaiUft iii}p4Bier au pranier venu , revoyant néanmoins les épreuves avec un soin extrême. ■

Les deux premièreAetlres suivantes rendent compte de ses démarches. ]

GOBBESPOHOANCE. 69

A MADAME COURIER

. Padf f mercredi x 8aa .

J'ai vu hier madame Amoult^ je suis allé chez elle, comptant apprendre des choses qui auraient pu m'êtré utiles; mais je n'ai rien appris. Je l'ai trouvée dhangée ; elle a été surprise^ au cpntraô^^ de me voir, si peu tîeilli. Ils m'ont fait de gï^sa^ complimens sur ma réputation. J'ai été é^o^ de ^a trouver si bien informée; car ils sont à milite lieue» de- là littérature; enfin ^e m$ suis amusé une heure/ . .

Un M. Henin, €hez la veuve ^ s'esi^; vanjté de ti^ connaître. Le connais'^tu ? Je ne t'en ai jamais entendu parler. Il est antiquaire, je l'ai vu jadis je ne sais où. Il parle très-bien l'italien ; il dit que tu es belle, que tu vafux un> trésor. Cela prouve qu'il a du moins vu des gefis qui te connaissaient.

On ni'at envoyé gratis un cours d'agricultui«^ pratique en sept ou huit cahiers. Cela est trop scientifique. • '

Je trouve ici , en rentrant chez moi , un man- , dat du juge d'instruction poiir être interrogé de-» main.

70 CORRESPONDAWCE.

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A MADAME COURIER

Me voici dans mon nouveau logement^ où je vois de mon lit. la moitié de Paris et une belle campagne. La jardinière me fait mon manger. Je suis à peu près, pour vivre ,^ comme à«taTilon-* nière.

Je m^occupe de la Réponse aux Anonymes. On imprime l'Hérodote. Tu peux croire' que je suis occupé, mais je serai ici à merveille pour tout.

Il faut' que- je te quitte; il est dix heures, je vais à mon jtigement.

, - Jeudi.

Mon affaire est remise à mardi; je compté fûte défaut. J'ai dîné hier chez Qàuchois-Lemaire avec MaimeL, Béranger et des femmes. Béranger me conte qu'Emilie est en Amérique. Elle est allée d'abord aux États -Uni&j où elle s'ennuyait fort ; puiis la fièvre jaune étant venue , je ne sais où Emilie s'en est allée. Son mari va à Saint-Domingue sans elle.

Je lis un livre saisi , défendu , qui est fort curieux ; ce sont les Mémoires nouvellement impri-

mes de Madame^ duchesse d'Orléans , mère du duc d'Orléans régent. On voit bien là ce que c'est que la cour; il n'y est question que d'empoisonneioient , de débauche de toute espèce , de prostitution. Ils vivaient yrs^iment péle-^néle.

[ Des letlres que Courier écrivit fort régulièrement à sa femmç, pendant ses fréqaens voyages cette année 4895 9 très-peu auraient de l'agrément pour le public^ Entendu à demi- nv>t, par son cor^ respondaut, il n'a besoin souvent que d'une ligne ou d!uiie phrase pour le tenir au courant de leurs affiûres les plua. intimes; n'employant d'ailleurs nulle cûfconlocution pour exprimer i'é;loge ou- le blâme des objets dont il esi fhippé. Il continua , selon sa coutum e , de Gompo^r i. Ja câtopàgne, et retournait à Paris pour chaque nouvelle brochure, ne se fiant à personne du soiùi de les foire imprimer. Il y porta, au mois de février, la Seconde Réponse aux Anonyme». Selon toute apparence, cette lettre, ou ^pour mieiix dire les redierches qu'elle nécessita sur des. choses très-délicates et très-cachées, eurent pour Courier de grayes conséquences.

Rivent, en ordre d^ daté , le Livret de PaMirLonis :

La Ga^tifi de village , toute de fails^ véritables , et qui peut-^êtr e quelque jour sera annotée ;

Puis la Pièce diplomatiqtLe , laquelle Ait conipcisée à Pari^;

Enfin les petits articles, publiés en leur temps dans plAienrs journaux, et auxquels deux, ou trois lettres ci-jointes pourront former un utile complément. ]

7^ GORBESPONOiJ^NCE.

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