‹ Œuvres completes de P.-L. Courier (volume 5)Chapitre 50 sur 57 · AMÀJTT DE SA SOEUR · texte numérisé non relu

AMÀJTT DE SA SOEUR

ctisés ne peuvent rien alléguer pour leur défense. Quoiqu"en cela on se trompe fort , comme j'espère le faire bientôt voir, cependant cette persuasion leur nuit plus que toute autre chose , et leur justification n'est réellement [difficile que parce qu'on la croit impossible ; car quelle que puisse être leur cause, ils seraient au moins écoutés si l'on n'était pas prévenu qu'ils n'ont rien à dire. Dans le fait , je ne in*étonnerais pas que l'on crut mes cliens coupables, car les apparences sont contre eux ; mais ceci est bien pis , on croit qu'ils ne peuvent être innocens; comme si jamais l'apparence n'était démentie par le fait.

a Pour détruire'une prévention contre laquelle je ne puis lutter qu'avec beaucoup de désavantage , les moyens que j'ai sont bien faibles. Tout ce que je puis faire , c'est de prier chacun dé vous en particulier qu'il se souvienne combien de fois il s'est vu forcé dans sa vie de reconnaître pour faux ce qu'il tenait pour certain , et qu'il songe que la même chose peut lui arriver encore.

« Mais avant d'entrer en matière , comme moii dessein n'est pas de vous séduire par des paroles ni de chercher à vous égarer dans un dédale de sophismes, méthode qui ne conviendrait ni à vous ni à moi , je vous veux donner d'abord le fil de mon discours et mettre dans ce que j'ai à

4ao l'espagnol amant dk sa soeur.

dire toute la clarté possible par une seule obscrvation qui sera la base de ma défense. Cette observation, c'est qu'encore que tout accusateur ^oive prouver avec évidence que celui qu'il accu^ est coupable , le réciproque n'a pas lieu à r^ard de l'accusé, qui, pour être absous, n'est point tenu de fournir la preuve coniiplète de son innocence. Il suffit que son crime ne;^oit pas démontré; il est censé innocent dès qu'on doute s'il est coupable. Ici, par exemple, on vous dit que don Louis a épousé sa sœur. Si on le prouve , il est condamné; mais si on ne le prouve pas, ou si on ne le prouve qu'à demi , si l'inceste en un mot n'est pas clair comme le jour , don Louis est absous par cela seul, quand même il ne pourrait prouver que spn épouse n'est pa;i sa sœur. Le 4oute est tout en sa faveur , et c'est une règle dont les juges ne doivent jamais s'écarter. Car le plus honnête homme du monde , accusé du crime le plus absurde, serait souvent fort embarrassé à prouver qu'il n'est pas coupable. Ainsi pour justifier don Louis , il n'est pas nécessaire de montrer que celle qu'il a épousée n'était point sa sœur, .c'en est assez de faire voir que les preuves qu'on apporte de cette consanguinité, ne sont pas suffisantejs.

( Le reste manque. ) . .

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