A M. LE GÉNÉRAL LARIBOISSIÈRE
Livourne , le 10 avril 1808.
Mon général , M. Pigalle mon parent , qui vous remettra la présente , vous expliquera l'embarras où je me trouve , et l'extrême besoin que j'ai d'un congé , pour des intérêts d'où dépend toute ma petite fortune.
Depuis cinq ans que je suis hors de France , mes affaires vont de mal en pis , et cela , joint aux pertes que j'ai faites dans la dernière campagne , me mène tout doucement à l'hôpital , si mon absence dure davantage. Je vous supplie , mon général , de prendre en pitié un pauvre diable à qui vous avez témoigné autrefois quelque intérêt , et de dire un mot aux gens de qui dépend cette faveur, la plus grande que l'on puisse me faire aujourd'hui.