LIVRE IV
Tout cela fut longtemps après; mais pour lors, quand la miit fut venue, tout le monde les convoya jusqu'en leur chambre nuptiale, les uns jouant de la flûte, les autres du flageolet, et aucuns portant des fallots et flambeaux allumés devant eux ; puis , quand ils furent à l'huis de la chambre, commencèrent à chanter Hyménée d'une voix rude et âpre, comme si avec une marre ou un pic ils eussent voulu fendre la terre.
Cependant Daphnis et Chloé se couchèrent nus dans le lit , là où ils s'entre-baisèrent et s'entreembrassèrent sans clore l'œil de toute la nuit , non plus que chats-huants ; et fit alors Daphnis ce que Lycenion lui avait appris : à quoi Chloé connut bien que ce qu'ils faisaient paravant dedans les bois et emmi les champs n'étaient que jeux de petits enfants.
NOTES
Ji. B. Les notes marquées Br. appartiennent à Branck, et sont extraites de ses manascrits commnniqaés ao tradacteor par MM. le* conserrateurs de la Bibliothèqae da Roi.
P. 137. LES PASTORALES DE LONGUS
oc DAPHMS ET CHLOÉ.
C'est exactement le titre grec : AOrrOÏ nOIMEÎS'lRfiN TiïH KATA AA*^"IN KAl XAOHN AOrOS nPnXOS
Xlotasv-xà est dit comme Fsws'jf'.xà, BxS'jXwvucà, Pcjaaixà , na:9£v'.y.txà. L'autre parUe du titre répond justement à cette forme usitée chez nous , Daphnis et Chloé. Dion Chrysostôme, (^txxîf!); £"vxaXcû<riv tÛ) Apx.'^-^'x^ "'?' "'*'* -«*"* tÔv Niaasv x»î Ar.ïâvciiav.
Amyot , qui veut paraphraser jusqu'au titre de cet ouvrage, l'ajuste ainsi à l'italienne : les 4mours pastorales de Daphnis et de Chloé. Il n'y a point à.'amours dans le grec, encore moins d'amours pastorales.
■ P. 138 , col. 2 , L 11. En Vile de Lesbos, chassant en un bois consacré aux Nymphes.
C'est le grec mot à mot. Amyot a mal rendu cela. Voici sa traduction : Étant un jour à la chasse en Visle de Metelni, dedans le bois qui est sacré aux Nymphes , je vis la plus bcllr chose que je sçache jamais avoir vue; c'étoit une peinture d'une histoire d'amour. Dans cette phrase, beaucoup trop longue , Metelin ne se peut souffrir au lieu de Lesbos. Sacre aux Nymphes est un italianisme , sacro aile ninfe. C'était la mode et le bel air du temps d' Amyot de parler italien en français. Dedans le bois est un contre-sens; le grec dit : *km uu bois.
Ibid. L 13. Une image peinte, une histoire d'amour.
Amyot : Cétoit une peinture d'une histoire d'amour. On traduit le plus qu'on peut mot à mot , et souvent, comme en
! cet endroit , avec la même construction , le même ordre de
I mots que dans l'original.
I Remarquez que l'asyndète une image , une histoire, n'est point dans Amyot. Cette ligure, dont les anciens usaient plus
I sobrement que nous , plait à Longus , et Amyot ne la lui conserve jamais.
Ibid. 1. 19. Tellement que plusieurs, même étranj gers...
l C'est le grec. .Amyot : Tellement que plusieurs passants.
NOTES
p. loS, col. 2, 1. 26. Jeunes gens unis par amour.
Allusion à ce qu'il dit ailleurs, p. 148 : « Après que je les ai le matin mi* ensemble. » Et en cet autre endroit , p. I40 : « Les envoyèrent aux champs. » Et, même page : « Toujours se tenaient ensemble. » Les interprètes , faute de s'être rappelé ces passages , ont fort mal expliqué ici le mot (TjvTtOsL/.ivot, et Amyot a mal traduit : vne compagnie déjeunes gens qui s'allaient ébattre aux champs.
Ibid. 1. 31. Si cherchai qtielqu'un... entendu...
Tout cela est en trois mots dans le grec, àvaî^Yirraséaevoi; /;r,y/;T7:v rf.i eîy.o'vc;. Mais c^r,"j'r;niî? ne se peut dire dans 'iotre langue ; c'est pourquoi on a consacré cette paraphrase d'Amyot, qui d'ailleurs a de la grâce, et est même tout à fait du style de Longus.
Ibid. 1. 38. Remettre en mémoire de ses mnours celui qui autrefois aura été amoureux.
Traduction d'Amyot un peu longue pour deux mots, èpa- (ïâc'vTa àva[AvT'CTÊi. Mais du moins l'expression est belle, et la Fontaine s'en est servi :
Ce lonp me remet en mémoire Un de ses compagnons qui fut cncor mieux pris.
li)id. I. 43. Regarderont...
Le grec est admirable , et faiblement rendu par cette version d'Amyot , qu'on a seulement abrégée. Quelqu'un trou- %'era-t-il des termes pour dire , f.î'y.pi; «v xâ>.Xc? r, xal ôtpOaX-
W,C.t PXî'TVWfft?
Ibid. Veuille le Dieti.
Amyot dit : Dieu veuille, et c'est un contre-sens.
Ibid. 1. 45. Mitylène est ville de Lesbos.
Amyot : Mitylène est une forte ville en l'isle de Metelin. Pourquoi forte? et pourquoi ce nom moderne de Metelin , bien moins connu que celui de Lesbos? C'est comme si l'on faisait dire à Thucydide : Lacédémone est une forte ville de Turquie.
Ibid. 1. 46. Coupée de canaux.
Comme sont aujourd'hui Venise et Mexico. Amyot n'a point entendu cela; il traduit: environnée d'un canal d'eau de mer quijlue tout à Ventour.
Ibid. 1. 48. Â voir, vous diriez non une ville, mais comme un amas de petites iles.
Amvot : On dirait que c'est une isle et non pas une ville.
Lisez dans le texte : vou.(cat; où Ttc'Xtv 6pàv, à>Xà vraouç.
ÂXXàTaûrriÇTTiçwoXtM; Cette répétition d'àXJ.à est une
petite naïveté Imitée de Platon.
Ibid. 1. 49. Environ huit ou neuf lieues loin de cette ville de Mitylène.
Amyot : Loin d'iceUe environ cinq quarts de lieue. II y a dans ce peu de mots beaucoup de fautes. D'abord il ôte la naïveté d'une répétition mise à dessein dans le texte : Mitylène est vill'' de lesbos... environ huit ou neuf lieues loin de cette ville de Mitylène. IIoXi; sart Asuo&u MituXtWyi... àXXà raû-
TYiç Tïîî îro'Xewi; rfi; MituXtÎvt.ç Ensuite loin d'icelle est
style de chicane; ensuite cinq quarts de lieue... Le grec dit deux cent^ stades , neuf ou dix lieues; et cette circonstance est fort considérable pour la vraisemblance du récit, qui devient tout à fait absurde, si la scène est près d'une grande ville, à cinq quarts de lieue. L'innocence des deux bergers, le débarquement des corsaires , l'invasion des Méthyniniens , tout cela ne peut avoir lieu aux portes de Mitylène.
Par ce détail des fautes d'Amyot , dans les deux premières pages seulement , on peut se faire une idée de sa façon de traduire. Il entend souvent mal son texte, et le rend toujours par des gloses et des paraphrases sans lin. On dirait qu'il
explique Longus à des écoliers dans une classe. Amyot, d'abord régent de collège , puis abbé , puis évéque , puis précepteur du roi , et grai.d aumônier de France , resta toujours homme de collège, ainsi qu'avait fait avant lui le cardinal Bessarion , bien plus savant.
P. 139, col. f, 1. 5. Une plage étendue de sable fin.
Lisez dans le grec : Trpcffs'xXu^Ev tqïo'vo; èxTeTau.evriç «jiâu.a»* y.%lQaiXTt. Br.
Ibid. 1. 9. Et voici la manière comment.
Amyot ajoute cela, fort bien; car, encore que cette pi ir.i-e ne soit pas dans le texte, est elle grecque et antique : f , .
TTÛ); È"^£'v£TC.
Cent Nouvelles nouvelles : Il lui dit la raison pourquoi. Ailleurs : Nouvelle d'un curé... et de la manière comment ledit curé s'échappa. Arrêts d'amours : Et raconterai la manière comme le président parlait. Chronique du petit Jean de Saintré : Etsçais bien la façon comment.
Ibid. I. 21. Peur de lui faire mal.
Il faut bien se garder d'ajouter au grec tô jjsscacî , qui e>f exprimé plus haut. Br.
Ibid. 1. 30. Si fut entre deux d'emporter...
Expression d'Amyot, qu'il emploie souvent. Dans la vie de Galba : Encore dit-on qu'il fut entre deux de déposer les consuls. Et dans celle de Caton d'Utique : De quoi Caton fort courroucé fut entre deux de l'en poursuivre par justice.
Ibid. \. 38. Comme il l'avait trouvé gisant et la chèvre le nourrissant.
On garde ici les consonnances qui sont dans le grec , et la coupe même de la phrase; et, autant qu'il se peut, partout on en use ainsi.
On a bien fait de mettre dans le texte de Rome, tcmç sSpsv i/wceîiAEvov , TTw; il^t Tf ccpo[i.£vûv. Mais il y a erreur dans les variantes, au bas de la page. Cette leçon est celle du manuscrit de Florence, et la seule bonne. Celui de Rome porte, ttwî ïûpsv , èx.xctt/.Ev&v ircdî eûpE rp.
Ibid. 1. 40. Elle fut bien d'avis que vraiment il ne l'avait j)as dit faire. Et tous deux d'accord de l'élever...
Paraphrase de ces deux mots ^c'^av Sr. xàx.s'vvi. La tournure est belle ; c'est pourquoi on l'a conservée d'Amyot : et d'ailleurs cette explication sert à la clarté du récit.
Ibid. 1. 43. Quant et lui.
C'est-à-dire, arec ?«£. Amyot emploie souvent cette expression. La Fontaine :
Comme elle sait persuader et plaire , Inspire un charme à tout ce qu'elle dit. Touche toujours te cœur quant à l'esprit , Je suis certain , etc.
Ainsi sont imprimés ces vers dans la nouvelle Vie de la Fontaine; mais il faut lire assurément le cœur quant et l'esprit : autrement cela n'a point de sens. La Fontaine s'est souvent plaint de la sottise de ses imprimeurs. Dans la fable de l'Alouette :
Ji'os amis ont grand tort , et tort qui se repose Sur de tels paresseux à servir ainsi lents.
Lisez : et sot qui se repose.
Remarquez qu'Amyot a écrit quant et lui, quant et elle, quantei eux, non pas, comme l'ont corrigé fort mal ses éditeurs, quand et lui, quand et elle : de même il écrit qtiant i quant, non pas quand et quand, qui se lit dans toutes I réimpressions.
SUR LES PASTORALES DE LONGUS
p. 139, col. 2 , 1. 4. Du milieu de la roche et du plus creux de l'antre sourdait une fonlaine.
Amvot : Le dexsiis , ou , pour mieux dire , la voûte de cette caverne était te milieu de la roc/ie , au fond de laquelle sourdoil une fontaine. On ne sait ce qu'il veut dire. Le texte est parfaitement clair. Il ajoute après cela : L'humeur de la fontaine nourrissait la belle herbe. — Humeur, en ce sens , fest italien, mais nullement français, et fort désagréable ici , comme dans Régnier :
>'.fs yeux toujours mouillés d'une humeur continue.
Ibid. I. 10. Offrandes des anciens pasteurs.
Version d'Amyot. Ce n'est pas là tout à fait le sens. Le texte dit, mais en trois mots : Offrandes de quelques vieux pasteurs qui, en quittant leur profession, pour se reposer, avaient consacré leurs outils aux lymphes; coutume ancienne. Voyez ci-dessous, p. 170. Lucien dans le Timon, et Horace , f'ejanius armis.
Ibid. L 14. Afin qu'elle demeurât au troupeau, comme devant , à paître avec les autres.
Amyot ajoute : sans plus s'écarter ni égarer, comme elle faisait ordinairement. Quatre lignes de français pour quatre mots de grec ! Il est souvent bien plus prolixe , et même insère volontiers des commentaires dans sa version. Son Plutarque est trois fois plus long que l'original. C'est à lui que Plutarque doit l'épithète de 6on , qui ne l'eut pas flatté de son vivant. Aucun auteur n'a eu plus de soin de bien écrire. H ferait gagner à Pompée la bataille de Pharsale , si cela pouvait ar- .■ondir tant soit peu sa phrase.
Ibid. 1. 16. // coupe un scion... dont il fit... et s'en venait...
Amyot : Il coupa... il fit... il s'approcha...
Le grand défaut de cette version , c'est que les temps n'y sont point variés comme dans le grec. L'auteur anime son récit, en parlant tantôt au présent, tantôt au passé, et à tous les temps du passé , dans une même phrase ; ce qu' Amyot n'observe jamais , non plus que le Caro. Cela ne fait rien au sens; mais, faute de ces nuances, la peinture est toute plate. Dans Tite-Live, par exemple : ut primo statim concursu increpuere arTTia , mican tesque falsere gladii , horror ingens ipec/a/tfes perstringit , et neutro incUnatâ spe , torpehat vox apiritusque. Qui écrirait là perstrinxit et torpuit, glacerait tout ce récit-
Ibid.l. 31. Dryas estimant cette rencontre...
Amyot : Aussi le berger estimant cette rencontre. Que fait lacet adverbe aussi.> c'est peut-être une faute de l'imprimeur. La traduction d'Amyot ne fut point imprimée sous ses yeux. Presque tous les noms grecs y sont estropiés. Il s'y trouve souvent des phrases tellement brouillées , qu'on n'en peut tirer aucun sens , même en consultant le texte grec.
Ibid. 1. 38. Demeurance.
Amyot emploie souvent ce mot et d'autres pareils , souvenance, accoutumance, signifiance , oubliance.
Ibid. 1. 50. Ces deux enfants en peu de temps...
Amyot traduit : Ces deux enfants en peu de temps devinrent grands, et contraient bien à leur gentillesse et beauté qu'ils n'étaient point issus de gens de village ni de paysans. Il découvre ainsi ce que l'auteur laisse seulement entrevoir pour préparer le dénoûment.
P. 140, col. 1, 1. 2. Il leur fut avis que les Nymphes...
Le texte de Colombani porte : elvai È'îovsuv ràî Kûu.ça;. Brunck vent qu'on supprime Eivai , qui manque en effet dans ie manuscrit de Florence. Mais celui de Rome mérite bien plus de contiance , et on trouve , à la place du mot elvai , un blanc, qui veut dire que le copiste n'a pu lire en cet endroit £on original.
P. 140, col. 1, 1. 13. Attssi destinés à garder les bêtes.
Ce passage est bien rétabli dans l'édition de Rome. Celle de Colombani porte : ir/^vi-:':. u.h et ttciiaîve; d fooivTC xxi tawc coTot aÏTriXot. Les deux mots tao); cuTst marquent un doute du copiste ou une conjecture de quelqu'un sur le mot aîrci- Xii.De même, à la page 21 de Colombani, àoiXcûa» îcrotf x?.: TiAôî; 73u.e).!/.«u.£v , ces mo ts îdw; xai r.acî; sont évidemment passés de la marge dans le texte; et, page 23 de Yilloison, cjîîdio; jx-Tî (fcxoTev pipêapci. On voit bien que tau; piriesl une note marginale.
Ibid. 1. 18. Leur faisant apprendre les lettres.
C'est le grec mot à mot , et pourtant c'est un contre-sens d'Amyot. L'auteur a voulu dire qu'ils leur firent apprendre à lire et à écrire. Amyot commet la même faute dans la Vie deCatôn l'ancien. Caton lui-même, dit-il, enseignoit les lettres à ses enfants, bien qu'il eût pour esclave un bon gram mairien. Traduisez : montrait à lire lui-même à ses enfants, bien qu'il eût pour esclave un bon maître d'école, nommé Chilon, qui enseignait d'autres enfants. Et dans la Vie de Caton d'Utique, où Amyot dit : Il commença d'apprendre les lettres. Corrigez : il commença d'apprendre à lire et à écrire.
n ne faut pas dire non plus , comme l'abbé Barthélémy et d'autres, que Denys àCorinthe enseignait la grammaire; ii montrait à lire aux enfants. Dans Hérodote, liv. VI, chap. xxvn : TTaiffl '^^iu.u.xTX j*'.5'X<r/.ou.='vc;iTt ÈTVc'TTEffE •« (rrifr,. Traduisez : le toit tomba sur des enfants qui apprenaient à lire , et non qui apprenaient les lettres.
Amyot sut toujours peu de grec. Turnèbe l'aida dans son Plutarque , où cependant il y a encore , comme l'a bien dit Meziriac, un nombre inlini de fautes énormes.
Ibid. Et tout le bien et honneur.
Le curé rabrouant son clerc, dit que c'était un malotru qui tie savait ni bien ni honneur. Cent Nouvelles nouvelles. — Fous qui savez tant de bien. Rabelais.
Ibid. 1. 25. Car ils n'en eussent su dire le nom.
Hérodote, liv. I, ficri Sï raÛT* È)Atvuv T-.vàî ( iù -yàp iy^c'jdi Tiûvcixa àmr,"j^7iaaaôai) axa'....
Ibid. 1. 35. Trop plus affectueusement.
Italianisme d'Amyot : troppopiù.
Ibid. I. 39. Or était-il lors environ le commencement du printemps.
Voici une de ces descriptions que les rhéteurs nommaient è>c9pâc£tç, et que tout le monde n'approuvait pas dans la prose , témoin Denys d'Halicamasse. Notre auteur s'y complaît et y réussit bien. Son ouvrage est le plus ancien modèle que nous ayons du genre appelé descriptif.
Ibid. 1. 43. Bourdonnement d'abeilles.
Cette traduction rend le grec mot à mot , avec les mêmes consonnances qui sont dans le texte. Amyot : Aussi ja commençaient lesabeilles à bourdonner, les oiseaux à rossignaler et les agneaux à sauteler.
Ibid. 1. 51. Car entendant chanter les oiseaux, ils chantaient.
Amyol : Se mirent à imiter ce qu'ils entendoientet voyaient: car ayant chanter les oiseaux, ils chantaient ; voyant sauter les agneaux, ils sautaient. Ces détestables sons plaisent à Amyot. n dit dans le troisième livre : les jeunes gens brûlaient en ayant ce qu'ils oyaient, se fondaient en voyant ce qu'ils voyaient. Et un peu après, dans le même livre : afin que si elle crie, personne ne l'oye; si elle pleure , personne ne la voie. Ceci n'est guère moins mauvais dans Polyeucte : Oyez, Félix, dit-il , oyez peuple, oyez' tous. Au contraire, dans la Fontaine, écoutez ce récit , oyez cette merveille, esi bien dit et ne choque point.
NOTES
p. 140 i col. 2 , 1. 9. Des rochers droits et coupés.
Toutes les éditions d'Amyot portent droits et couppus: faute d'imprimeur. Amyot emploie fréquemment cette expression dans son Plutarque, et dit partout droits et coupés. Voyez, liv. 4, f» 74 de l'édition originale, du haut d'une roche coupée.
Ibid. 1. 19. Et s'apprenait à en jouer.
Toutes les réimpressions du Longus d'Amyot portent : et apprenoit ; mais on lit dans la première édition originale : s'apprenait. Amyot parle de même ailleurs.
Ibid. 1. 22. Se faisaient part l'un à l'autre.
La répétition d'I'cpEsov dans le texte est choquante. Il faut lire à; o'xoôev Ika.^c'i , ou bien et; xoivôv eôevro, ou plutôt ètiOevto. Br.
Ibid. 1. 26. Or, parmi tels jeux enfantins, Amour leur voulut donner du souci.
Amyot : Ainsi comme ils étaient accttpés à tels jeux , Amour leur dressa à bon escient une telle embûche. Il n'est point question là d'embûche, et à bon escient ne veut rien dire. Amyot n'a point compris l'opposition qui est dans le grec entre ncn^ti et aTrou^TÎ.
Ibid. 1. 31. Faisaient la nuit des fosses.
Cette description de la fosse au loup est imitée d'Hérodote ,
J. IV: NuxTÔî Ta(ppr,v ôp6|aç sùfsviv àwsTEtve ÇûXa àdÔEvea 6ir£p aùrîiç, xaôûrepôe J^è èitmtoXx; twv ^ûXwv yoû^t "pr.i {•jreçpcpYjffE woie'wv ty! acX>,7i -y^ taoïïsiî'ov.
Ibid. Des fosses.
Il faut écrire aipcûç dans le grec, comme Ërastothène : ÏQ ffipôv r xoîXo'j (ppEiaro; sùpù xûtcç. Br. On fait aujourd'hui en Calabre des fosses appelées silo; elles servent à garder le blé.
Ibid. 1. 40. Qui étaient, par manière de dire, plus aiblesque brins de paille.
Traduction d'Amyot. Il s'exprime de même ailleurs. Vie de Dion, au commencement : l'ous deux sont, par manière de dire, sortis d'une même école,
Ibid. 1. 49. Deux boucs.
Dans le grec, Tpâ-j^et Trapc^uvflE'vTEç eîç p.âx.i'lv mjvE'irEcov, phrase mutilée. On pourrait lire, Tpâ-^oi <^ûo ivapo^. Ou plutôt : ruav aÙTw Tpâ"]fot ^6o. Voyez ci-dessous : Oûtoi irapo^uvô. £Î; ja. ouvéit. Comme dans le quatrième livre , AaaTrtî Tt; i^v pouïco'Xcç- cûtcç èjAvàro...
P. i41 , col. 1 , 1. 5, Sa houlette.
Le mot ^ûXov est une glose dans le texte, comme dans Hesychius, xaXaûpcira, ^ûXcv. Et de même, page 90 du texte de Rome, aÛTTQ -h oûpi-^^, tô op-^ocvov. Effacez to op^Yavov, glose marginale.
Ibid. I. 23. Ils le mirent hors du piège.
A partir d'ici, toutce qui suit, jusqu'aux mots, p. 143, Dea, que. me fait donc le baiser de Chlaé , manque dans la version d'Amyot, qui avertit par une note qu'en cet endroit il y a une grande obmission dans l'original. On a rempli cette lacune à l'aide du manuscrit de l'abbaye de Florence , où le texte 6'est trou\é complet.
Ibid. I. 29. Si on le demandait, que le loup l'avait emporté.
Lucien , ou plutôt Lucius de Patras , dans l'Ane : x.%i tÎv ti;
ï2T,7at, 17WÎ c'jM à77j9a.v£v 6 ovo;, Xûxou toûto xaTa({/£'j- «aadc .
P. 141, col. J , I. 36. Trace de saug ni mal quelconque. ^ Il faut lire dans le grec : TETpwTo u.sv cy / o'Aï-t , oiifï fii.ax70. Xûf;.aTo; ^È... Voyez p. I75dè l'édiliondeRome une faute semblable , ô ^k t(î'wv XXoV.v xal f/cy/ èv -aï; x^?*''' XXoy,v. Mais quelqu'un peut-être aimera m:eux garder dans ces deux endroits la leçon des manuscrits.
Ibid. col. 2 , 1. 50. Ah! que ne suis-je sa flûte. Cela est pris de cet antique couplet ou scolie :
E'.ÔE Xûpa xaXy) "yEvoîjxYiv ÈXcCpavrîv») , Kat u.ê xaXijt TixlSt;, cp£pot£v Atovûaicv eç^coîv E'Ô' a— 'jpov x».Xèv f£voîu.r,v [^''•j'» ypuaîov, Kaî p.£ xaXr, -pv-fl cpopoiïi xaôapôv Ôîjaevti vo'gv.
P. 142, col. 1 , 1. 36. Elle, simple et sans déftaxee
On trouvera ceci un peu long. La phrase grecque est chaa mante , mais difticile à rendre dans les mêmes mesures.
Ibid. col. 2 , 1. 30. Ne put le laisser achever.
Lucien : où Tfpij/.EÎva; è-^w tô teXo; twv Xc'-ywv, àvasyà; à7TEcpy,va(xy,v..
P. 143, coL 1, 1. 12. Sa bouche plus douce qu'une gauffre à miel.
Amyot : Sa bouche et son haleine plus douces, etc. Point d'haleine dans le grec.
Ibid. 1. 23. Mais comment n'en est-elle point marte ?
Amyot : Il faut dire que non, car j'en fusse mort. Contresens. C'est assez d'une pareille sottise pour gâter toute une page.
Ibid. I. 34. Mais Dorcon, ce gars, ce bouvier amoureux aussi de Chloé.
On a voulu garder quelque air de la phrase naïve et enfantine, 6 5È Ao'pîcwv, ô pouxo'Xoç , 5 TYÎ; XXo'ï;; Èpaarr'ç. Amyot ne sent point ces choses-là. En quelques endroits , il a aussi des tournures heureuses , qui relèvent la pensée de l'auteur, et cela répare un peu le tort qu'il lui fait ailleurs.
Ibid. L 36. Dryas plantait un arbre pour soutenir quelque vigne.
Amyot n'a point entendu le texte. Il traduit : Dryas plantoit un arbre près de lui, -cela veut dire apparemment, près du lieu qu'habitait Dorcon. Ce n'est point là le sens.
Ibid. I. 47. Cinquante pieds de pommiers.
Version d'Amyot très-littérale. On a mal à propos changé cela dans les réimpressions qui portent : cinquante pommiers.
Ibid. col. 2,1. 10. Mettre la main sur Chloé.
Amyot : Attenter de jouir par force de Chlaé; grossièreté qui n'est point dans le texte.
Ibid. 1. 13. Il usa d'une finesse de jeune pâtre qu'il était.
Amyot : Il imagina une finesse merveilleusement sortable à un gros bouvier comme lui. Dorcon n'est point un gros bouvier, et il n'y a qu'un gros évêque tel qu'était messire Jacques Amyot, qui puisse entendre ainsi Longus.
Ibid. 1. 34. Elle amenait boire les deux troupeaux.
Amyot : Chloé amenait ses bêtes boire. Un peu plus bas 1 dit de même : les chiens suivaient le troupeau. Il n'a fait au cune attention au texte ni à la narration, et il n'a pas vu que Chloé menait seule les deux troupeaux.
SCR LES PASTORAI.LS DE I.ONGUS.
p. 143, coL 2, 1.38. Comme naturellement ils chassent.
Ecrivez dans le texte, sîx <Jt, xjyûv... iresissy!*. Euripide dans les Héraclides : •sxptau.tv, oîx ^ri^ tjAsâ irxp'.'Ji'.x. Br.
Ibid. 1. 44. Mordent en furie la peau de loup.
Alexandre, tyran de Phères , faisait couvrir des hommes de peaux de bêles , et lâcher sur eux des chiens qui les mettaient en pièces. Plutarque , Pélopidas.
Ibid. La peau de loup.
La première édition d'Amyot porte la peau du loup, faute que l'on a corrigée dans les réimpressions : mais plus bas , effrayées de la peau de loup, la même faute se retrouve, et on ne l'a pas corrigée.
Ibid. 1. 53. Lors il se prit à crier.
Amyot : Il se print adonc à crier. Les nouveaux éditeurs d'Amyot ont cru corriger cela en imprimant il se prit donc à crier, qui ne veut rien dire du tout. Ils n'ont point entendu adonc , adverbe de temps qui signifie alors. Amyot , dans son Plutarque, Vie de Brutus : Ils délibérèrent d'exécuter adonc leur entreprise ; c'est-à-dire alors , sur-le-champ.
P. 144, col. 1 , 1. 8. Lui mirent dessus.
La note de Valkenaér, que cite l'éditeur (Villoison), prouve qu'il faut lire, èTEr/.xffxv , non Èïîî'iraaav. Ilâffaw ne se dit que des drogues sèches et pulvérisées. Br.
Ibid. 1.17. De la guexile, non du loup.
L auteur n'aurait-il pas écrit, èx x-jvi; cù Àûxou çxow vziux76î.^ Br.
Ibid. 1. 38. Ils voulaient quelque chose, et ne savaient ce qu'ils roulaient.
Amyot : lisse doutaient pour ce qu'ils le voulaient; quand tout est dit, ils ne savaient ce qu'ils voulaient. Les nouveaux éditeurs d'Amyot , qui ont essayé de corriger celte détestable version , n'ont entendu ni Longus ni Amyot. Quand tout est dit, leur a paru inintelligible. C'est une vieille expression q[ui signifie après tout. Branlôme : On en peut dire autant de beaucoup de maris, lesquels, quand tout est dit, débauchent plus leurs femmes que ne font les amoureux. Le même ailleurs : Au diable soit le maraud; n'en parlons plus. Quand tout est dit, je suis bien loisir d'en parler. Et en un autre endroit : Une femme, quand tout est bien dit, ne se fera jamais de tort quand elle aimera un bel objet. Marot :
Qaand tout est dit , aassi maoTaise bagne , Oa pea s'en faut , qae femme de Paris.
Ibid. 1. 42. Mais plus encore les enflammait la saison de l'année.
Amyot : Outre ce que la saison de l'année les enflammait encore davantage. Dans les réimpressions on lit : Outre ce , la saison de l'année, etc.; mauvcdse correction. Alors on disait : outre ce que, avec ce que. Amyot, Vie de Galba : Outre ce qu'il commandait à une grosse armée. Ci-dessous , liv. IV*, avec ce qu'il était si ivre. Et dans le même livre , outre ce qu'il aimoit.... : avec ce que la tourmente y aida un petit; et dans la Vie de Brutus : Cétoit au cœur de Fêté; il faisait fort grand chaud, avec ce qu'on avait campé près de lieux marécageux.
Ibid. 1. 49. Les fleuves paraissaient endormis.
On a lu dans le grec v.ax<svi ii ti; tcù; iroTatucù; tû^ttv éfî'y.» psiKT*;. Comme la Fontaine a dit :
Une rivière dont le coars , Image d'an sommeil doox , paisible, tranquille.
outefois la leçon vulgaire se peut défendre par des cxem-
...s et par le Trâstav/ : tvj: --,t7.;j.cv; iiv.i , riliç iv='u.cj;
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p. L. COir.lFX.