‹ Œuvres complètes de P.-L. CourierChapitre 88 sur 203 · TRADUCTION LIBRE ET ABRÉGÉE DE PLUTARQUE · texte numérisé non relu

TRADUCTION LIBRE ET ABRÉGÉE DE PLUTARQUE

Il ne faut pas une bien grande force d'esprit pour comprendre que ni les richesses ni le pouvoir ne rendent heureux. Assez de gens sentent cette vérité. Mais de ceux qui la connaissent pleinement et se conduisent en conséquence , le nombre en est si petit qu'il semble que ce soit là l'effort le plus rare de la raison humaine. Tant de riches et de grands mécontents de leur sort n'en dégoûtent personne. Nul ne renonce à s'élever, s'il n'en a perdu l'espérance.

Il y a pourtant des exemples d'une certaine retenue dans ceux que la fortune rend ainsi arbitres du sort des peuples, et par là quelques-uns se sont distingués du vulgaire des ambitieux. C'est ce qui m'a plu dans cette vie de Périclès , que je traduis d'un auteur ancien, et où j'ai trouvé deux choses remarquables : l'une, qu'étant né riche, il ne voulut pas le devenir davantage;

l'autre, qu'ayant été longtemps tout-puissant dans sa patrie, il la laissa libre. Voici donc ce qu'en dit Plutarque.

Il était du bourg de Cholarge , de la tribu Acamantide , issu par son père et sa mère de tout ce qu'il y avait de plus noble dans la république ; car Xanthippe, qui battit les Perses à Mycale, avcùt épousé Agariste, de la famille de ce Clisthène, grand personnage en son temps, et d'une haute vertu, qui, ayant chassé les Pisistratides, rendit la liberté à son pays , et en bannit à la fois , par un heureux accord entre les citoyens , la tyrannie et les factions. Agariste donc , étant grosse , rêva qu'elle accouchait d'un lion , et peu de temps après mit au monde Périclès , beau , bien fait et bien conformé de tous ses membres, hors la tête, qu'il avait singulièrement oblongue et difforme ; à quoi font souvent allusion les poètes comiques de

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