‹ Œuvres complètes de Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais (volume 2)Chapitre 112 sur 174 · S AI N T - A L B AK · texte numérisé non relu

S AI N T - A L B AK

Quoi ! ces cent mille éçus , qu'on dit enàprmilés?,...

Mélac fils.

Sont a elle ; c Vst son bien , tout ce qu'elle possède au monde.

Saint-Ai^ban.

Sont à elle! Çj4 part.) Ah! dieux, que de venus ! (Il réi^e profondément. )

Mélac fils^ cn^ec force.

Ai- je donc trop exigé de vous deux , en me sacrifiant, que l'un n'insultât pas à rinfortuné qu'il opprime! que Fautre honorât ma perte d'une larme, d'un regret! 11 vous épousait de même ^ et je mourais en silence»

Pauline > à Mélac, at^ec colère.

Eh! fallait--il venir ainsi...» (Les pleurs lui coupent la parole ; elle se jeté sur un siège , et dit à elle^-méme. ) Malheureuse faiblesse î

Mélac fils, wi'ement.

Ne me dérobez pas vos larmes , Pauline, C'est le seul bien qui me reste au monde.

Pauline, outrée , se relei^ant.

Oui , je pleure : mais..*, c'est de dépit de ù& pouvoir m'en empêcher.

Mélac fils J'ai donc tout perdu !

Pauline.

Votre violence a tout détruit.

SAINT-ALBAN, MÉLAC ûls, AURELLY, X PAULINE.

AuRELLY, accourant.

vJn se querelle ici ! — Mélac?

Saint-Alban , après un peu de silence.

Non, Monsieur, on est d'accord. Vous m'avez assuré que vous laissiez Mademoiselle ^solument libre sur lé choix d\m époux : ce ehoix est fait. {A Pauline.) ^on , je n'établir^ point mon bonheur sur d'aussi douloureux saciifices. Il n'en serait plus un pour moi, s'il yous coûtait le

vôtre.

Mélag fils, pénétré.

Qu*eniends-Je| — Ah Monsieur î Sàint-Alban.

' Fesons la paix, mon heureux rival. Je pouvais épouser une femme adorable, dont l'honneur et la générosité eussent assez assuré mon repos; mais son cœur est à vous.

Mélac fils.

Combien je suis coupable !

Sain t-Al ban.

Amoureux : et les plus ardents sont ceux qui ofifensent le moins. J^étais moi-même injuste.

AuRELLT^ à Pauline.

Tu l'aimais donc ?

Pauline , baisant la main de son père.

Ce jour m^a éclairée sur tous mes sentiments*

Mes enfants ^ tous êtes bien sûrs de moi : mais abuserons-nous du service que nous rendons à son père , pour lui arracher un consentement que sa fierté désavouera peut-être ?

Pauline.

Ah ! quelle triste lumière î ai-je pu m'aveugler à ce point?

. M É L A c fils.

Pauline, vous savez s'il vous chérit I

Saint-Alban> à il/e7ac.

Priez-le de passer ici ; n'armez pas son âme , en le prévenant, contre les coups qu'on va lui porter. Ne lui dites rien....

Mél AC fils.

Monsieur , vous tenez ma vie en vos mains.

Tu perds un temps précieuit.

{Mélacsort.)

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