LA CHUTE ET LA CRITIQUE DU BARBIER DE SÉVILLE
U AUTEUR y 'vêtu modestement et courbé y -présentant sa 'Pièce au Lecteur.
ONSIEUR,
J*Ai ITionneur de vous offrir tin notivel Opuscule de ma façon. Je souhaite vous rencontrer dans un de ces moments heureux , où , dégagé de soins , content de votre santé , de vos affaires ,
de votre maîtresse , de votre dîner , de votre estotnac , vous puissiez vous plaire un moment à la lecture de mon Barbier de S^ville / car il faut tout cela pour être homme amusable et lecteur indulgent.
Mais si quelque accident a dérangé votre santé; si votre état est conapromis ; si votre belle, a forfait à ses serments ; si votre dîner fut mauvais , ou votre digestion laborieuse ; ah ! laissez mon Barbier \ ce n'est pas là Tinstant ; examinez Fétat de vos dépenses y étudiez le Factum de votre adversaire , relisez ce traître billet surpris à Rose, ou parcourez les chefs-d'œuvf es deTissot isur la tempérance , et faites des réflexions politiques , économiques , diététiques , philosophiques ou morales.
Ou si votre état est tel qu'il vous faille absolument l'oublier , enfoncez-vous dans une bergère , ouvrez le Journal étanli dans Bouillon avec Encyclopédie , approbation et privilège , et dormez vite une heure ou deux.
Quel charme aurait une production légère au milieu des plus noires vapeurs ? Et que vous importe en eflet si Figaro le Barbier s'est bien moqué de Bartholo le médecin , en aidant un rival à lui souffler sa maitiesse ? On rit peu de la gaité
d'autrui , quand on a de rhunaeur pour son propre compte.
Que vous fait encore si ce Barbier espagnol en arrivant dans Paris essuya quelques traverses, et si la prohibition de ses exercices a donné trop d'importance aux rêveries de mon bonnet ? On ne s'intéresse guère aux aflaires des autres , que lorsqu'on est sans inquiétude sur les siennes.
Mais enfin tout va-t-il bien pour vous ? Avezvous à souhait double estomac , bon cuisinier , maîtresse honnête , et repos imperturbable ? Ah! parlons , parlons : Donnez audience à mon JBarbier.
Je sens trop , Monsieur , que ce n'est plus le temps, où, tenant mou manuscrit en réserve, et, semblable à la coquette qui refuse souvent ce qu'elle brûle toujours d'accorder , j'en fesais quelque avare lecture a des gens préférés , qui croyaient devoir payer ma complaisance par un éloge pompeux de mon ouvrage.
• O jours heureux ! Le lîeu , le temps , l'auditoire à ma dévotion , et la magie d'une lecture adroite assurant mon succès , je glissais sur le morceau fiaiible en appuyant les bous endroits : puis , recueillant les suffrages du coin de l'œil ,
avec une orgueilleuse modestie, je jouissais d'un triomphe d'autant plus doux , que le jeu d'un fripon d'acteur ne m'en dérobait pas les trois quarts pour son compte.
Que reste- t-il , hélas ! de toute celte gibecière? A l'instant qu'il faudrait des miracles pour vous Subjuguer , quand la verge de Moïse y Suffirait à peine , je n'ai plus même la ressource du bâton de Jacob ; plus d'escamotage , de tricherie , de coquetterie , d'inflexions de voix , d'illusioa théâtrale , rien. C'est ma vertu toute nue quç vous allez juger.
Ne trouvez donc pas étrange , Monsieur ^ si j mesurant mon style à ma situation , je ne fais pas comme ces écrivains qui se donnent le ton de Vous appeler négligemment, Lecteur, ami Lecteur^ cher Lecteur , bénin ou henoist Lecteur , ou de telle alitre dénomination cavalière , je dirais même indécente , par laquelle ces imprudents essayent de se mettre au pair avec leur juge , et qui ne fait bien souvent que leur en attirer l'animadversion. J'ai toujours vu que les airs ne séduisaient personne , et que ie ton modeste d'un ameur pouvait seul inspirer un peu d'indulgence à son fier lecteur.
Eh î quel écrivain en eut jamais plus besoin
que moi ! Je voudrais le cacher en Tain : j'eus la faiblesse autrefois ^ Monsieur , de vous pré-* SQnler, en différents temps , deux tristes drames ; productions monstrueuses , comme on sait ! car entre la tragédie et la comédie , on n'ignore plus qu'il n^existe rien ; c'est un point décidé , le maître l'a dit , l'école en retentit , et pour moi j'en suis tellement convaincu, que., si je voulais aujourd'hui mettre au théâtre une mère éplorée,^ Une épouse trahie , une sœur éperdue , un fils déshérité ; pour les présenter décemment au public , je commencerais par leur supposer un beau royaume où ils auraient régné de leur mieux, vers l'un des Archipel^ , ou dans tel auti'e coiu du monde ; certain après cela que l'invraisemblance du roman , l'énormité des faits , l'enflurei des caractères, le gigantesque des idées, et la bouffissure du langage , loin de m'être imputés à reproche , assureraient encore mon succès.
Présenter des hommes d'une condition ino jenne accablés et dans le malheur ! Fi donc ! On ne doit jamais les montrer que baffoués. Les ciicfyens ridicules , et les rois malheureux ; voilà tout le théâtre existant et possible ; et je me le tiens pour dit ; c'est fait ; je ne veux plus que-^ relier avec personne.
J'ai donc eu la faiblesse autrefois , Monsieur ^
de faire des drames qui n'étaient pas du bon genre; et je m'en repens beaucoup.
. Pressé depuis par les événements , j'ai hasardé de malheureux Mémoires , que mes ennemis n'ont pas trouvés du bon style ; et j'en ai le remoi*ds cruel.
- Aujourd'hui je fais glisser sous vos yeux une Comédie fort gaie , que certains maîtres de goût n'estiment pas du bon ton ; et je ne m'en console point.
Peut-être un jour oserai-Je affliger votre oreille d'un Opéra , dont les jeunes gens d'autrefois diront que la musique n'est pas du bon français i et j'en suis tout honteux d'avanccî.
Ainsi y de fautes en pardons , et d'erreurs en excuses^ je pass^ai ma vie à mériter votre indulgence y par la bonne ^i naïve avec laquelle je reconnaîtrai les unes en vous présentant les autres.
Quant au Barbier de Séville^ ce n'est pas pour corromp^-e votre jugement que je prends ici le ton respectueux : mais on m'a fort assuré que y lorsqu'un auteur était sorti, quoiqu'échiné, vainqueur au théâtre y il ne lui manquait plus que
d'être agréé par vous , Monsieur , et lacéré dans quelques Journaux , pour atoir obtenu tous les lauriers littéraires. Ma gloire est donc certaine , si vous daignez m'accorder le laurier de votre agrément; persuadé que plusieurs de Messieurs les journalistes ne me re&seront pas celui de leur dénigrement.
Déjà Tun d'eux , établi dans Bouillon avec approbation et privilège, m'a fait rhoiineur encyclopédique d'assurer à ses abonnés que ma pièce était sans plan, sans unité, sans caractères, vide d'intrigue et dénuée de comique.
Un autre plus naïf encore , à la vérité sans approbation, sans privilège, et même sans encyclopédie , après un candide exposé de mon drame, ajoute au laurier de sa critique cet éloge flatteur de ma personne. « La réputation du sieur » de Beaumarchais est bien tombée; et les hon- » nêtes gens sont enfin convaincus que lorsqu'on » lui aura arraché les plumes du paon, il ne » restera plus qu'un vilain corbeau noir, avec » son effronterie et sa voracité ».
Puisqu'en effet j'ai eu l'effronterie de faire la comédie du Barbier de Sé^îlle, pour remplir l'horoscope entier, je pousserai la voracité jusqu'à vous prier humblement, Monsieur, de me
juger TOus-même , et sans égard aux critiquer passés, présents et futurs; car vous savez que, par état, les gens de feuilles sont souvent enneii^is des gens de lettres ; j'aurai même la voracité de vous prévenir qu'étant saisi de mon afiaire, il faut que vous sojiez mon juge absolument, soit que vous le vouliez ou non ; car vous êtes mon lecteur.
Et vous sentez bien^ Monsieur , que si , pour éviter ce tracas, ou me prouver que je raisonne mal , vous refusiez constamment de me lire, vous feriez vous-même une pétition de principe au dessous de vos lumières : n'étant pas mon lecteur , vous ne seriez pas celui à qui s'adresse ma requête.
Que si, par dépit de la dépendance où je parais vous mettre, vous vous avisiez de jeter le livre en cet instant de votre lecture, c'est. Monsieur , comme si , au milieu de tout autre jugement , vous étiez enlevé du tribunal par la mort ou tel accident qui vous rayât du nombre des magistrats* Vous ne pouvez éviter de me juger qu'en devenant nul , négatif, anéanti ; qu'en cessant d'exister en qualité de mon lecteur.
Eh ! quel tort vous fais-je en vous élevant au dessus de moi ? Après le bonheur de coomiander
aux hotomeft^ le plus grand honneur. Monsieur , n'est-il pag de les juger ?
Voîlà donc qui est arrangé. Je ne reconnais plus d'autre juge que vous ; sans excepter messieurs les spectateurs , qui , ne jugeant qu'en premier ressort , voient souvent leur sentence infirmée à votre tribimal.
L'af£siirç avait d'abord été plaidée devant eux au théâtre ; et ces Messieurs ayant beaucoup ri^r î^ai pu penser que j'avais gagné ma* cause a l'audience. Point du tout ; le journaliste ^ établi dans Bouillon y prétend que c'est de moi qu'oi^ a ri. Mais ce n'est là , Monsianr , comme oa dit en style de palais , qu'une mauvaise chicane de procureur : mon but ayant été d'amuser les spectateurs, qu'ils ayentri de ma pièce ou de moi^ s'ils ont ri de bon cœur , le but est également rempli : ce qîte j'appelle avoir gagné ma cause à l'audience.
Le même journaliste assure encore , ou du moins laisse entendre y que j'ai voulu gagner quelques-uns de ces Messiem*s , en leur fesant des lectures particulières , en achetant d'avance leur suffrage par cette prédilection. Mais ce n'est encore là , Monsieur , qu'une difficulté de Publiciste allemand. Il est manifeste que mon
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intention n'a jamais été que de les instruire : c'étaient des espèces de consultations que je fesais sur le fond de raffaire. Que si les consultants, après avoir donné leur avis , se sont mêlés parmi les juges , vous voyez bien , Monsieur , que je n'y pouvais rien de ma part, et que c'était à eux de se récuser par délicatesse , s'ils se sentaient de la partialité pour mon Barbier AndalouX.
Eh ! plût au ciel qu'ils en eussent un peu conservé pour ce jeune étrarfger I nous aurions eu moins de peine à soutenir notre malheur éphémère. Tels sont les hommes : ave»-vous du succès , ils vous accueillent , vous portent , vous caressent , ils s'honorent de vous : mais gardez de broncher dans là carrière ; au moindre échec, 6 mes amis! souvenez -vous qu'il n'est plus d'amis.
Et c^est précisément ce qui nous arriva le lendemain de la plus triste soirée. Vous eussiez vu les taibles amis du Barbier se disperser, se cacher le visage ou s'enfuir ; Içs femmes , toujours si braves quand elles protègent , enfoncées dans les coqueluchons jusqu'aux panaches , et baissant des yeux confus ; les hommes courant se visiter ; se Jàire amende honorable du bien qu'ils avaient dit de ma pièce, et rejetant sur ma maudite façon de lire les choses, tout le faux plaisir qu'ils y
avaient goûté. C^était une désertion totale , une vraie désolation.
Les uns lorgnaient k gauche y en me sentant passer à droite , et ne fesaient plus semblant de me voir : Ah dieux ! D'autres plus courageux , mais s'assurant bien si personne ne les regardait , m'attiraient dans un coin pour me dire : Eh! comment avez-vous produit en nous cette illusion ? car ♦ il faut en convenir , mon Ami , votre pièce est la plus grande platitude du moncle.
— Hélas , Messieurs ! j'ai lu ma platitude , en vérité , tout platement comme je l'avais fiaiite ; Inais , au nom dé là bonté que vous avez de me parler encore après ma chute , et pour Fhonneur de votre second jugement , ne souffrez pas qu'on redonne la pièce au théâtre : si , par malheur , on venait à la jouer comme je Fai lue , on vous ferait peut-être une nouvelle tromperie , et vous vous en prendriez à moi de ne plus savoir quel jour vous eûtes raison ou tort ; ce qu'à Dieu ne plaise !
On ne m'en crut poiat ; onr^îssâ TqoSRîr la
pièce , et pour le coup je fus prophète en mon
pays. Ce pauvre Figaro , fessé par la cabale en
Jaux-bourdonei presque enterré le vendredi , ne
fit point conime Candide ; il prit courage , et mou
héros 8e releva le dimanche ayéc une vigueur que raustérilé d'un carême entier , et la fatigue de dix-sept séances publiques n'ont pas encore altérée. Mais qui sait combien cela durera? Je ne Tondrais pas jurer qu'il en fiit seulement question dans cinq on six siècles ; tant notre nation est inconstante et légère !
Les ouvrages de théâtre , Monsieur , sont comme les enfants des femmes. Conçus avec volupté , menés à terme avec fatigue , eniantés avec douleur, et vivant rarement assez poiir payer les parents de leurs soins , ils coûtent plus de chagrins qu'ils ne donnent de plaisirs. Suivezles dans leur carrière; à peine ils voient le jour , que , sous prétexte d'enflure , on leur applique les censeurs ; plusieurs en sont restés en chartre. Au lieu de jouer doucement avec eux ^ le cruel parterre les rudoyé et les fait tomber. Souvent, en les berçant ^ le comédien les estropie. Les perdez-vous un instant de vue , on les retrouve , hélas ! ti'aînants partout, mais dépenaillés , défigurés, rongés d'extraits, et couverts de critiqjies. ÊcTlappés^ tânf3êTBâtii?î^11à briMent un moment dans le monde , le plus grand de tous les atteint; le mortel oubli les tue ; ils meurent, et , replongés au néant , les voilà perdus à jamais dans l'immensité des livres.
ie demandais à quelqu'un pourquoi ces com^ bats, cette guerre animée entre le parterre el Tauteur , à la première représentation des ouvrages , même de ceux qui devaient plaire un autre jour. Ignorez-vous , me dit-il , que Sophocle et le vieux Denis sont morts de joie d'avoir remporté le prix des vers au théâtre ? Nous aimons trop nos auteurs pour souffrir qu'un excès de joie nous prive d'eux , en les étouffant : aussi , pour les conserver, avons-nous grand soin que leur triomphe lie soit jamait si pur, qu'ils puissent en expirer de plaisir.
Quoi qu'il en soit des motifs de cette rigueur, l'enfant de mes loisiis , ce jeune , cet innocent Barbier^ tant dédaigné le premier jour, loin d'abuser le surlendemain, de son triomphe , ou de montrer de l'humeur à ses critiques , ne s'en est que plus empressé de les désarmer par Tenjouement de son cardctèrè.
Exemple rare et frappant. Monsieur ! dans ui> siècle d'ergotisme où Ton calcule tout jusqu'au rire ; où la plus légère diversité d'opinion^ fait germer des haines éternelles ; où tous les jeux tournent en guerre } où l'injure qui repousse l'injure , est à son tour payée par Tinjure , jusqu'à jce qu'une autre effaçant cette dernière, en en- &nte une nouvelle, auteur de plusieurs autres.
et propage ainsi l'aigreur à rinfioi , depuis le rire jusqu'à la satiété , jusqu'au dégoût , à l'indignation même du lecteur le plus caustique.
Quant à moi , Monsieur , s'il est vrai , conune on l'a dit , que tous les honunes soient frères ( et c'est une belle idée) ; je voudrais qu'on put engager nos frères les gens de lettres à laisser , en discutant , le ton rogue et tranchant à nos frères les libellistes qui s'en acquittent si bien! ainsi que les injures à nos frères les plaideurs*., qui ne s'en acquittent pas mal non plus ! Je voudrais surtout qu'on pût engager nos frères les journalistes à renoncer à ce ton pédadogue et magistral avec lequel ils gourmandent les fils d'Apollon , et font rire la sottise aux dépens de l'esprit.
Ouvrez un journal : ne semble-t^il pas voir un dur répétiteur, la férule ou la verge levée sur des écoliers négligents , les traiter en esclaves au plus léger défaut dans le devoir? Eh mes frères ! il s'agit bien de devoir ici ! La littérature en est le délassement et la douce récréation,
A mon égard au moins , n'espérez pas asservir dans ses jeux , mon esprit à la règle : il est incor^ rigible; et, la classe du devoir une fois fermée, il devient si léger et badin que je ne puis que
DU BARBIER DE SÉVILLE. SyS
jouer avec lui. Comme un liège emplumé qui bondit sur la raquette, il s'élève, il retombe, égayé mes yeux , repart en Tair , y fait la roue , et revient encore. Si quelque joueur adroit veut entrer en partie et baloier k nous deux le léger volant de mes pensées , de tout mon cœur : s'il riposte avec grâce et légèreté , le jeu ni'amuse , et la partie s'engage. Alors on pourrait voir les coups portés, parés, reçus, rendus, accélérés, pressés , relevés même avec une prestesse , une agilité, propre à réjouir autant les spectateurs qu'elle animerait les acteurs.
Telle au moins, Monsieur, devrait être la critique ; et c'est ainsi que j'ai toujours conçu la dispute entre les gens polis qui cultivent les lettres.
Voyons , je vous prie , si le journaliste de Bouillon a conservé dans sa critique ce caractère aimable et surtout de candeur pour lequel on vient de faire des vœux.
La pièce est une farce, dit-il.
Passons sur les qualités. Le méchant nom qu'u^ cuisinier étranger donne aux ragoûts français ne change rien à la saveur. C'est en passant par se^ ipains qu'ils se dénaturent. Analysons la farce de BouiUon*
376 LETTRE SCa LA CRITIQUE La fnèce^ a-t-il dit, n'a pas de plaii«
Est-ce parce qu'il est trop simple qu'il échappe à la sagacité de ce critique adolescou?
Un Tieillard amoureux prétend épouser demain sa pupille : un jeune amant plus adroit le prévient; et ce jour même , en ùit sa femme à la barbe et dans la maison du tuteur. Voilà le fond, dont on eut pu fsAre ayec un égal succès , une tragédie , une comédie , un drame , un opéra , et cœtera. 1/ ^pare de Molière est- 3 autre chose? le Grand Mithridate est-il autre jchose? Le genre d'une pièce , comme celui de toute autre action , dépend moios du foqd des choses que des caractères qui les mett^H ^^ oeuyre.
Quant à moi ^ ne voulant faire, sur ce plan , qu^ude pièce amusante et^ans Êitigue, une espèce ^Imhroille , il m'a suffi que le machiniste, au lieu d'être un noir scélérat, fût un drôle de garçon, un homme insouciant , qui rit également du succès et de la chute de ses entreprises, pour que l'ouvrage, loin de tourner en drame sérieux, devînt une comédie fort gaie : et de cela seul que le tuteur est un peu moins sot que tous ceux qu'on trompe au théâtre y il a résulté beaucoup de mouvement dans la pièce , et surtout la né* cessité d'y donner plus de ressort aux intrigants.
DU BAHBIEtt DE SÉYILLE. $77
Au lîeu de resta: âaiis ma aimpUcité tiimqWp si j'ayais voulu compliquer^ étendre et tourmeil*ter mon plan à la manière tragique ou dramique; imagine-t-on que j'aurais manqué de moyens dans une aventure dont je n^ai mis en seènés que la partie la moins merveilleuse ?
En effet , personne aujourdliui n'ignore qu'à répoque historique où la pièce finit gaiment dans mes mains ^ la querelle commença sérieux sèment à s'échauffer, comme qwi dirait derrière la toile, entre le docteur et Figaro , sur les cent écus. Des injures on en vint aux coups. Le docteur , étrillé par Figaro , fit tomber en se débattant le rescille ou filet qui coiffait le barbier, et Ton vit, non sans surprise, une forme de spatule imprimée à chaud sur sa tête rasée. Suivezmoi, Monsieur, je vous prie.
A cet aspect, n^oulu de coups qu'il est, le médecin s'écrie avec transport : Mon fils I ô ciel, mon fils ! mon cher fils !... Mais avant que Figaro l'entende, il a redoublé de horions sur son cher père. En effet , ce l'était.
Ce Figaro , qui pour toute famille avait jadis connu sa mère , est fils naturel de Bartholo. Lé médecin , dans sa jeimesSe , eut cet enfant d'une personne en condition, que les suites de son
impmdaice firent pass» dn sarrice au jdos affreux abandon.
Mais avant de les quitter, le désolé Bardiolo, frater alors , a £iit rougir sa spatule; il en a timbré son fils à Tocciput , pour le reconnaître un jour y si jamais le sort les rassemble. La mère, et renÊmt avaient passé six années dans une honorable mendicité , lorsqu^un chef de bohémiens, descendu de Luc Gauric (*), traversant TAndalousie avec sa troupe, et consulté par
(*) Luc Gauric, célèbre astrologue du quinzième et seizième siècle. II fut si célèbre , qu'à force d'erreurs et d'audace il parvint à la confiance de plusieurs papes et à l'épiscopat.
Jules Ily Léon X, Clément VII ^ lui témoignèrent la plus grande considération précisément dans le temps oii le nord de l'Europe commençait à s'affranchir du joug de la papauté et des superstitions qui fondaient la célébrité de Luc Gauric, Paul III le nomma évêque de Civita-Castellana.
La plupart des princes de son temps le consultèrent. Catherine de Médicis lui fit demander ce que les astres annonçaient et quelle serait Ja destinée de Henri IL II répondit que ce roi parviendrait à uae~ extrême vieillesse , extremd senectute , et qu'il mourrait paisiblement , morbo placidisaimo , et ce prince fut tué dans un tournois à l'âge de quarante ans.
Luc Gauric écrivit aussi ua traité de miraculosd edipsi
DU barbîer de séville. 579
la mère sur le destin de son fils y déroba Tenfant furtivement, et laissa par écrit cet horoscope à sa place :
Apres avoir versé le sang dont il est né ,
Ton fils assommera son père infortuné :
Puis, tournant sur lui-même et le fer et le crime,
Il se frappe, et devient heureux et légitime.
En changeant d^état sans le savoir , l'infortuné jeune homme a changé de nom sans le vouloir : il s'est élevé sous celui de Figaro : il a vécu. Sa mère est cette' Marceline , devenue vieille et gouvernante chez le docteur, que Taffreux horoscope de son fils a consolé de sa perte^ Mais aujourd'hui tout s'accomplit.
En saignant Marceline au pied , comme on le
in passioneDomini observatâ, quoiqu'il ne fût point arrivé d'éclipsé à cette époque.
On a dit qu'un /ea^i Bentivoglio y irrité de ses prédictions qui le menaçaient d'être chassé de sa petite souveraineté, le fit pendre, sans respect de sa mitre et de sa renommée ; mais c'est un conte. Luc Gaurîc, né dans la marche d* Ancône , selon de Thouj et à Giffoni^ dans le royaume de Naples, selon d'autres , mourut à Ferrare, vers l'^n i556, âgé de plus de soixante-dix dn$.
voit 4ap6 m^ pièce , ou plutôt cômine on ue Vy voit pas , Figaro remplit le premier lerst
Apres avoir versé le sang dont il est né ,
Quand il étrille iuiiocemment le docteur , après la toile tombée , il accomplit le second vers.
Ton fils assommera son përe infortuné.
AFinstant la plus touchante reconnaissance a lieu entre le Médecin, la Vieille et Figaro : c^est vous! c'est lui! c^ est toi! c^ est moi! Quel-coup de tbéâtre ! Mais le fils , au désespoir de son innocente vivacité , fond en larmes^ et se donne un coup de rasoir ; selon le sens du troisième vers.
Puis , tournant sur lui-même et le fer et !e crime, Il se frappe et
Quel tableau ! En n'expliquant point si , du rasoir , il se coupe la gorge ou seulement le poil du visage ^ on voit que j'avais le choix de finir ma pièce au plus grand pathétique. Enfin le docteur épouse la vieille ; et Figaro , suivant la dernière leçon ,
. • . . Devient heufeax cl légitime.
DU BARBIER DE SÉVILLE. 58x
Quel déttoàment 1 II ne m'éu eût coûté qu'tin sixième acte. Et qitel sixième acte ! Jamais tra« gédic au Théâtre français. . « • • 11 suffit» Repre^ lions ma pièce en l'état où elle a été jouée et eritiquée. Loi9qu'<m me reproche arec aigreur ce que j'ai fait > ee u'egt pas l'instant de louer ce que j'aurais pu ùàxt.
La pièce est inyraîsemblable dans sa conduite^ a dit encore le Journaliste établi dans Bouillon avec approbation et privilège.
— Invraisemblable ! Examinons cela par plaisir.
Son excellence M. le comte Almativa , dont j'ai , deipuis ioi^g^tempgy rhonneur d'être ami particulier, est un jeupe seigneur , ou pour mieux dire > était p car Fâge et les grands emplois en ont fait depuis up homiâe fort grave , ainsi que je le suis devenp moi-même. Son excellence était donc un jeune seigneur espagnol , vif, ardent p comme tous les amants de sa nation , que Toi^ croit froide ^ et qui n'est que paresseuse*
11 s'était mis secrètement à la poursuite d'une belle personne qu'il avait entrevue à Madrid , et que son tuteur a 'bientôt rameiiéè au lieu de sa naissance* Un matin qu'il se promienaii sous ses fenêtres kSéville , où depuis huit, jours il cherchait à s'en faire remarquer , le hasard conduisit
383 tETTRE SUR LA CRITIQUE
au même endroit Figaro le Barbier. -~ Ah ! le hasard ! dira mon critique : et si le hasard n'eut pas <x>nduit ce jour là le Barbier dans .cet endroit, que devenait la pièce? — Elle eût commencé > mon frère, à quelqu'autre époque. — I^npossible, puisque le tuteur, selon vous-même, épousait le lendemain. — Alors U. n'y • aurait pas eu de pièce , ou , s'il y en avait eu , mon frère , elle aurait été différente. Une chose esielle invraisemblable, parce qu'elle était possible autrement ?
Réellement vous avez un peu d'humeur. Quand le cardinal de Retz nous dit froidement : Un jour j'avais besoin d'un homme ; à la vérité je ne voulais qu'un fantôme ; j'aurais désiré qu'il fut petit-fils d'Henri-le -Grand ; qu'il eut de longs chevaux blonds ; qu'il fàt beau , bien fait , bien séditieux; qu'il eût le langage et l'amour des halles i et voilà que le hasard me feit rencontrer à Paris M. de Beaufbrt , échappé de la prison du roi ; c'était justement l'homme qu'il me fallait. Va-t-on dire au coadjuteur : Ah ! le hasard! Mais si vous n'eussiez pas rencontré M. de Beaufort ! Mais ceci , mais cela ? ....
Le hasard donc conduisit en ce même endroit Figaro le Barbier , beau diseur, mauvais poète, hardi musicien, grand fringueneur de guitare.
et jadis valet-de^-cbaflafere du comte ; éùbli dai^. Séville , y faisant avec succès des barbes , des romances et des mariages , y maniant également le fer du phlébotome et le piston du pharmacien ; la terreur des maHs , la coqueluche deô femmes , et justement Thomme (Ju^il ûous fallait. Et comnie en toute recherche , ce qu'on nomme passion n'est autre chose' qu'un désir irrité par la contradiction ; le jeune anlant y qui n'eût peutêtre eu qu'un goût de fantaisie pour cette beauté, s'il l'eût rencotitrée dans le monde ,' eh devient amoureux , parce qu'elle est enfermée , au point de faire l'impossible pour l'épouser.
Mais vous ^onner ici l'extrait entier de la pièce ^ Monsieur , serait douter de la sagacité » de l'adresse avec laquelle vous saisirez le dççççia de l'auteur , et suivrez le fil de Pintrigue , à travers un léger dédale. Moins prévenu que 1^ Journal de Bouillon, qui^e trompe avec approbation et privilège, sur toute la conduite de cette pièce, vous y verrez que tous les soins de V amant ne sont pas destinés à remettre simplement une lettre^ qui n'est là qu'un léger accessoire à l'inirigue , mais bien à s'établir dans un fort défendu par la vigilance et le soupçon ; surtout à tromper un homme qui, sans cesse éventant la manoeuvre, oblige l'ennemi de se retourner
assez lestement , pour &^étrë pas désûrçonué d'emblée* *
Et lorsque vous verrez que tout le mérite du dénoûmeat copsiste en ce que le tuteur a fermé sa porte 9 eu donnaut sou passe-partout à Bazile , pour que lui seul et le notaire pussent entrer ei conclure son mariage^ vous ne laisserez pas d'être étonné qu'un critique aussi équitable se joue de la confianciÇ de ^on lectetir , ou se trompe , au point d'écrire,^ et dans Bouillon encore : le comte s^est donné la peine de monter au balcon par une échelle ai^ec Figaro ^ quoique la porte ne soit pas fermée. '
Enfin , lorsque vous verrez le malheureux tuteur, abusé par tomes les précautions qu'il prend jponr tïe le point être, à la^n forcé de signer an contrat du comte et d'approuver ce qu'il n'a pu prévenir ; vous laisserez au critique à décider si ce tuteur était tm imbédUe , de ne pas deviner une intrigue dont on lui cachait tout; lorsque lui critique , a qui Ton ne cachait riett , ne l'a pas devinée plus que le tuteur.
En effet ^'il l'eût bien conçue , aurait-il man^ que de lou^ tous les beaux endroks de l'ou^ vrage ?
Qu'il n'ait point remarqué la manière dont le
DîU BARBIER DE SÉYILLE. 585
(premier, acte annonce et déploie ayec gacité tous les cazmctère^ de la piràe; On peut lui pardonna.
. Qu'a n'a^t pas aperçu quelque peu de cojaié^ die dan^ la giiai^ scène du ftecottd aete > où ^ malgré la, défiance et la fureur du jaloux ^ la pupille parvient à lui donner le change sur une lettre remise en sa présence ^ et k lui faire demander pardon À '^^noux du soupçon qu'il a 'montré. Je le conçois encOt^ aiséîneiu.
Qu'il i^'ait^a^dit liinsëul mot de larscène de stupéfaction de Bazile^ ai^ troisième act^^ quia paru si neuve au théâtre , et a tant réjoui les spectateiirs. Je n'en suis^ point surpris du tout.
Passe .enCQrjÇ qu'il n'ait pas entrevu l'embarras où l'auteur s^est jeté volontairement, au dernier ac|e f en fesîSMit avouer par la pupille k son tuteur quç le comte avait déroM la clé de* sa jâlousite ; et coqitne^t l'auiew' ^'en ^éo^le en deux mots , et sort en se J4wsa:it^ ^^^^tiouvelleln^inét^e qu'il a imprimée aux spectateurs. C'est peu de chose en vérité.
Je veux bien qu'il ne lui soit pas venu à l'es* prit^ que kl paècey une des plus gaies qui soient au théâtre > est écrite sans la moindre équivoque > sans une pensée^ un seul mot dont la pudeur^
Théâtre. I. a5
même des pecitei loges, ak à s'aknner ; ce pourtant esc bien ^lel^pie cliose , Monsieur, dans un siècle où lliypocrisie de la décence est poussée presgue $rassi Mui qae l^ relâdkement des^moeuvs. Très^dontiers^TeMcela sans dôme poutaît n^êtra pas digne de ranention d'un critique aussi majeui'.
IMb^ coin9]içt|tn;a-t41 pas adpBÎro ce que tous les honnêtes gens a^o^ pu y^ sfoia rqpandve des larmes de tendresse et de plaisir ? Je veux dk*e , la pôéié filiide d^ ee boil Ei|;ar6, qui ne itetumitr oïdilier 9a^ mère I
Tu^ cannais donc ce tuteur I lui di( }^ Qomtt au premier acte ; comme ma mère y répond Figaro. Un avs^e auit^dit^: Corhme mespoehés. Un^petit m^HKfB eAt^répond^i : Comme moi-méïhe^ Vn: am^ bidëta vComtne te chemin de FèrgaiHes / et le |o«ilsalidtede> Bouiâo» : Gemme nton^ Uèrak^ : leê iiëaÊp^^mùïa^éëtj^ de
l'ol^ mté^essami» Ohtritema^mèrie , a dit le fik teuÂ^ étre^peoltièuiL^I'
Dans un autre endroit encore : Ah , vous êtes chamUantl^ lui dit; k tiileiiir.:£t ce ïkin, cet faonnêlie garçon^ qui poui^ gainMûX sisisÛBiiler^ cet jâo^eià toms-cesaqu^il aseQ«M dà ses oidi^esses^ en refrîeni tou^i^uiis? k sia bomie mère^» at> répond
DU baubiéh dé sêvillé- 587
à ce mot, votii êtes chnrhtant! — // eH vrai, JffonsùsfUf) que ma mère me Va dit autfirfois. Et le puittal de Bouillon ne f élève poiM de pareils « traits ! û |aût atoi^ le certèâu bleh deé^cilié pour ne les pas voir ^ on k èoéfai^ bien duf pour ûe pas ies 9^tirl r»
Sa^s compter inillç autres finesses de ^'art ^é-
ppidues à pleines mains dans cet ouvrageu.Pfr
exemple 9 on' sait que les comédiens ont mul-
. tipU^ du^temiXtB empilais à riofinî : cpi^lols de
gçai^^e^ iBOfrewie et petite iiteoureuaep;:èmpkf s
à^ grands,, moye&s et petîti Tialets» cnpildis.de^
. Pïiais^ :d'Jn]i|iO£tant| de Groqcumt^ de Paynn^
i de XVbelUon^ de. Bailli i mais on sait qtt^îlsix'i»t
pas encore appointé celui de baillant. Qu'a^ fidt
Tauteur pour former un cpo^iédien, peu exercé
' au taléiit ' d'oûvrîr îatgement la < feôudhe au
' théâtre? Il ô'ést donné le soin de lui raslseinblèr
dstos une ^eule phrasé ,' i,ouf es les syllabes bail-
'Jantes du français i Èiéh..... Cjû^en.:... Péri.....
ten..... dant parler : sytiaoés, en effet qiii
fêtaient bailler un mort," et parvîendraîént^à desserrer les dents mêmes de l'enVîè î'
En cet endtwt admîraWé où/ presfsé psfi^ les
l^rocbesdu tirteur qui foi c!rié : Que ditêz-^vàiLs
- à ce malheureux qui baille et don tout éi^èiiïè?
Et Vautre qui depuis trois keUres éterriuê à se
faire saofer le crâne et jaillir la ceryçUey que ieur^direz-^vous? Le naïf barbier rçpcmd : Eh parbleu'^ je dirai à celui qui é$emue ^ Dieu ^oûs
' hénis^i et '/va , t^ coucher, à celai qui baiUe* |lé|>OB$e e^ çfÇpï pi jusie,: si cW^eiwe ètsi admirable^ qu'un de ces fiers critiqbea qui isét leurs entrées au paradis^ n'a pu s'empêcher de i'éèriér : n Dîablë ! l'auteur a dû rester W moins
^i> huit jours à trotiver cette répliqué »1 '"
. , '£t. le journal de BouIIcko^ au li^i de louer ^s wbé^tés.sans noiôbrev u»ç encre^ et papier^ apjprôbâftion (çt pîrivilège, k mettre ^ un pareil ou- . wage au-dessous : même de la ctifiquef 0& me .€Oup>êrait le cou> Monsieur^ que je ne saul'ais m'en t?fcîre. ' » -
NVt-il pas été jusqu'à dire, le cruel! Que pour ne pas voir expirer, ee bourbier sur ce théâtre, il a fallu le mutiler , le çhcin^er, fe refondre , t élaguer, le réduire en qiuatre actes , et le purger d'un grand nombre de pqsquinades , de calembours, de jeux de moUyeî)fÀn mot de lias comique? V
A. le, voir ainsi frapper con^i^e lu^ sourd, ou j|uçe„às8ez qu'il n'a pas entendu le premier 0M>t de l'ouvrage qu^il décompose. Mais j'ai l'honneur ^'assurer ce journaliste, aiosi que le jeune
bomme qui hiî taille ses plumer et ses morceaux, que, loin d'aydtr purgé, la pièce d'aucuns de^ calembours^ peux de mots^ etc. qui lui eussent nui le premier jour , 1 autour a fait rentrer dans les actes restés au théâtre, tout ce qu'il en a pu reprendre a Tacte au porte-feûille : tel un charpentier économe cherche dans ses copiçaux jépars sur le chantier, tout ce qui peut servir à cheviller et boucher les moindres trous de son ouvrage.
Passerons-nous sous silence le reproche aigu qu'il fait k la jeune personne , d'avoir tous les défauts d^ une fille mal élevée ? Jl est vrai que , pour échapper aux conséquences d'une telle imputation, il tente à la rejeter sur autrui, comme s'il n'en était pas Fauteur, en employant cette expression banale : On trouve à la jeune personne^ etc. On trouve!
Que voulait-il donc qu'elle fit? Quoi! Qu'atir Jîeu de se prêter aux vues d'un jeune amant très-aimable et qui se trouve un homme de qualité , notre charmante enfant épousât le yieux podagre médecin? Le noble établissement qu'il lui destinait-là ! et parce qu'on n'est pas de l'avis de Monsieur, on a tous les défauts d^ une fille mal élevée l
Sgo LETTflE SUR LA CRITIQUE
£a ^m\é, $i le )o«0taal de BouUkn aeiiM des çmi$ eu J'rance par k joatesse et la caïudeùr de 669 critiques, il faut aTouer qu'il en aura beaucoup moios au-delà des Pyrénées^ et qu'il est surtout un peu bien dur pour les Dames Espales.
Eh ! qui sait si son Excellence madame la comtesse Alrnaviva, l'exemple des femmes de son état y et vivant comme un ange avec son mari^ quoiqu'elle ne Taime plus, ne se ressentira pas un jour des libertés qu'on se donne à Bouillon , sur elle, avec approbation et privilège?
' Limprudent Journaliste a-t-il au moins réfléchi (}ue Son Excellence, ayant, par le rang de son mari , le plus grand crédit dans les Bureaux, eût pu lui faire obtenir quelque pension sur la Gazette d'Espagne, ou la Gazette elle-même, et que dans la carrière qu'il embrasse il fiiut garder plus de ménagements pour les femmes de qualité ? Qu'est-ce que cela me fait à moi ? l'on sent bien que c'est pour lui seul que j'en parle.
Il est temps de laisser cet Adversaire , quoiqu'il soie k la tête des gens qui prétendent que, ii^ ayant pu me soutenir en cinq Actes , je me suis mis en quatre pour ramener le Public. Et quand cela serait! Pans un moment d'oppression
DU BAUBIEA Dï SÉVILLB. ÎQi
ne Y9Ml*ii pas mieox sacrifier un cinquième de son bien que de le yoir allçr fout entier au pillage?
Mais ne tombez pas^ cher Lecteur..^.. ( Monsieur, veux-Je dire), ne tombez pas, je vous prie , dans une ^reur populaire qui ferait grand tort à ¥orre jugement.
Ma Pièce, qui paraît n'être aujoyrd^hui qu'en quatre Actes, est réellement, et de fisiit , en cinq qui sont le premier, le deuxième , le troisième^ le quatrième et le cinquième, à l'ordinaire.
Il est vrai que, le jour du combat, voyant les Ennemis acharnés , le Parterre ondulant , agité , grondant au loin comme les flots de la mer ; et ^ trop certain que ces mugissements sourds, précurseurs des tempêtes , ont amené plus d'un naufrage , je vins àréfléchir que beaucoup de Pièces en cinq Actes ( comme la mienne ) , toutes tr^sbien faites d'ailleurs ( comme la mienne ) , n'auraient pas été au Diable en entier ( comme la mienne ) , si l'Auteur eut pris un parti vigoui^eux ^ comme le mien )•
Le dieu des tabales est irrité , dis-je auK Comédiens avec force :
Enfants ! un sacrifice est ici nécessaire.
Sg^i LETTRE SUR LA CRITlQtJE
Alors, fesant la part au Diable, et déchii-ant mon manuscrit : Dieu des Sifïlèurs , Moueheiirs , Gracheurs, Tousseurs et Perturbateurs , m'écriaije y il te faut du sang ; bois mon quatrième Acte , et que ta foreur s'appaise !
A l'instant vous eussiez vu ce bruit infernal qui fesait pâlir et broncher les Acteurs , s'aflFaiblir, s^éloigner, s'anéantir; l*applaudissementlui succéder, et des bas-fonds du Parterre uû brat^! général s'élever en circulant jusqu'aux hauts bancs du Paradiis.
De cet exposé, Monsieur, il suit que ma Pièce est restée en cinq Actes, qui sont le premier , le deuxième , le troisième au Théâtre , le quatrième au Diable , et le cinquième avec les trois premiers. Tel Auteur même vous soutiendra que ce quatrième Acte , qu'on n'y voit point, n'en est pas moins celui qui lait le plus de bien à la pièce , en ce qu'on ne l'y voit point.
Laissons jaser le monde; il me suffit d'avg*îr prouvé mon dire ; il me suffît , en fesant p\e$ cinq Actes, d'avoir montré mon respect pour Aristote , Horace , Aubignac et les Modernes , et d'avoir mis ainsi l'honneur de la règle à couvert.
Par le second arrangement , le Diable a son.
DU BARBIER DE SÉVILLE. SgS
affatre ; mon char n'en roule pas moins bien sans la cinquième roue : le Public est content, je le suis aussi* Pourquoi le Journal de Bouillon ne l'est-il pas? :— Ah! pourquoi? C'est qu'il est bien diiScile déplaire a des gens qui, par métier, doivçnt ne jamais trouver les choses gaies assez sérieuses, ni les graves assez enjouées.
Je me flatte, Mopsieur, que cela s'appelle raisonner principes, et que vous n'êtes pas mécontent de mon petit syllogisme.
Reste à répondre aux observations dont quelques personnes ont honoré le moins important des Drames hasardés depuis un siècle au Théâtre.
Je mets à part les lettres écrites aux Comédiens, à moi-même, sans signature, et vulgairement appelées anonymes ; on juge à l'âpreté du style que leurs auteurs, peu versés dans la critique n'ont pas assez senti qu'une mauvaise pièce n'est point une mauvaise action, et que telle injure convenable à un méchant homme , est toujours déplacée à un méchant écrivain. Passons aux autres.
Des connaisseurs ont remarqué que j'étais tombé dans l'inconvénieqt de faire critiquer des usages frat^çais par un plaisant de Sévj^Jle à Se-
TÎUe ; tandis qae la vraisemblance e&îgeait qu'il s'étayât sur les morars espagnoles, ils <Hit raison : j'y aTais même t^ement pensé , qoe.pour rendre la Traisemblance encore plus par&ite , j'arais d'abord résolu d'écrire et de £ûre jouer la pièce en langage espagnol ; mais un homme de goût m'a fait observer qu'elle en perdrait peut-être un peu de sa gaité pour le public de Paris ; raison qui m'a déterminé à l'écrire en français ; ensorte que fai fait 9 comme on voit ^ une multitude de sacrifices à ]a gaité ; mais sans pouvoir parvenir à dérider le journal de Bouillon.
Un autre amateur ^ saisissant l'instant qu'il j avait beaucoup de monde au foyer ^ ma reproché^ du ton le plus sérieux , que ma pièce ressemblait à On ne s^a^îse jamais de tout. — Ressembler, Monsieur ! Je soutiens que ma pièce est On ne s'ai^ise jamais de tout, lui-même. — Et comment cela? — C'est qu'on né s'était pas encore avisé dé ma pièce. L'amateur resta court , et l'on en rit d'autant plus, qiie celui-là qui me reprochait On ne s^a\fise jamais de tout, est un homme qui ne s'est jamais avisé de rien.
Quelques jours après , ceci est plus sérieux , chez une dame incommodée , un monsieur grave, en habit noir, coiffure bouffante, et canne à corbin, lequel touchait légèrement le poignet de la dame,
DU BARBIE» DE SÉVILLE. SgS
proposa civilémeat plusieurs doives sur la, «yérité des traits que j'avais lancés contre les médecios. Monsieur , lui dis-je , êtes - vous ami de quelqu'un d'eux ? Je serais désolé qu'im badinage
-^ On ne peut pas moins : je vois que vous ne me connaissez pas; je ne prends jamais le parti d'au^ eun ; je parle ici pour le corps en général. — Cela me fit beaucoup ehercher quel honune ce pouvait être. En fait de jjaisanterie , ajoutai-je > vous savez , Monsieur , qu'on ne demande jamais si l'histoire est vraie, mais si elle est bonne. — Eh ! croyez-vous moins perdre à cet examen qu'au |)remier ? — A merveille , docteur, dit la Dame. Le monstre qu'il est! n'a -t- il pas osé parler mal aussi de nous. Fesons Cause commune.
A ce mot dé docteur , je commençai à soupçonner qu'elle parlait à son médecin. Il est vrai. Madame et Monsieur , repris-je avec modestie , que je me suis permis ces légers torts, d'autant plus aisément qu'ils tirent moins à conséquence.
Eh ! qui pourrait nuire à deux corps puissants , dont l'empire embrasse l'univers et se partage le njonde ! Malgré les envieux , les belles y régneront toujours par le plaisir , et les médecins par la douleur : et la brillante santé nous
ramène a T Amour ^ comme bi makdie nous rend à la médecine.
Cependant je ne sais si ^ dans la balance des avantages y la faculté ne l'emporte pas un peu sur la beauté. Souvent on voit les belles nous renvoyer aux médecins ; mais plus souvent encore les médecins nous gardent et ne nous renvoient plus aux belles.
En plaisantant donc » il faudrait peut-être avoir égard à la différence des ressentiments y et songer que f si les belles se vengent en se séparant de nous y ce n'est-là qu'un mal négatif; au lieu que les médecins se vengent en s'en emparant, ce qui devient très^positif.
Que , quand ces derniers nous tiennent, ils font de nous tout ce qu'ils veulent ; au lieu que les belles, toutes belles qu'elles sont y n'en font jamais que ce qu'elles peuvent.
Que le commerce des belles nous les rend bientôt moins nécessaires ; au lieu que l'usage des médecins finit par nous les rendre indispensables.
Enfin que Tun de ces empires ne semble établi que pour assurer la durée de l'autre ; puisque,
plus la verte )eunesse est livrée à rAmour, plus la pâle vieillesse appartient sûrement à la médecine.
Au reste ^ ayant fisiit contre moi cause com« mune , il était juste ,. Madame et Monsieur^ que je vous offrisse en commun m^ justifications* Soyez donc persuadés ^ que faisant profession d^adorer les.b^Ucs et de redouter les médecins , c'est toujours ^n badinant que je dis du mal de la beauté ; comme ce n'est jamais sans trembler que je plaisante un peu la &culté.
Ma déclaration ri'cfst point suspecte à votre égard ^ Mesdames ^ et me^ plus acbamés ennemfe sont forcés d'avouer que , dans un instant d'humeur^ où mon dépit contre une belle allait s^épancher trop librement sur toutes les autres ^ on m'a vu m*arrêter tout coui t au vingt-cinquième couplet , et , par le plus prompt repentir > faire ainsi dans le vingt- sixième amende I^oorable aux belles irritées. .
Sexe efaiûniunt 9 si je djcëlé- Votre cœur en proie au désir , Souvent à l'amour infidèle y Mais toujours fidèle au plaisir; ^ D'un badinage, ô mes Déesses!
Ne cherchez point à vous venger :
Tel glose, hélas! sur vos faiblesscf^ Quibri^^ ^^s partager.
598 LETTRE SUR LA CRITIQUE Quant à vous ^ M. lè docteur , op. ^ait as^ez que
— Au désespoir , dit-il en se levaat , de ne pouvoir profiter plus loàg-temps de vos lumières : mais l'humanité qui gémit y ne doit pas souffrir de mes plaisirs. Il me laissa^ ma foi^ ma boucbe ouverte ^vec ma pUrase en Fair.: Je ne sais pas , dit la belle makde en riant , si je vous pardonne; mais je vois bien que notre docteur ne voils pardonne pas. — Le nôtre , Madame ? Il ne sera jamais le mien. — Bh ! pourquoi ? -^ Je ne sais ; Je craindrais qu^il ne §àï au dessous de son état , puisqu^il n'est pas au dessus d«s plaiJsaAteries qu'on en petit faire.
Ce docteur n*est pas de mes gens. L^homme assez consommé dans son art pour en avouer dfe bonne foi l'incertitude , assez spirituel pour rire avec moi de ceù^ qui le disent infaillible; tel est mon médecin. £n me rendant ses soins igu'ils appellent des visites ; en me donnant ses conseils qu'ils nonmiéDt des ordKmoa&ces , il remplit dignement ^ et saBS feste , la plus noble fonction d'une âme éclairée et sensible. Avec plus d'esprit, il calcule plus de rapports , et c'est tout ce qu'on peut dans un art aussi utile qu'incer-* tain. Il me raiscmne ^ il me console , il me guide, et la nature fait le reste. Aussi^ Ibiu de s'of-
feDser die la pUisapterie , est^îl le premier à Fopposer au pédantisme. A rînfatué qui lui dit gravement : « De quatre-vingts fluxions de poitrine » que j'ai traitées cet automne^ un seul malade a i> péri dans mes: mains; » mo& docteur répond en souriant: « Pour moi , j'ai prêté mes secours » à plus de cent cet hiver ; hélas! je n'en ai pu i) sauveir qu'un seul ». Tel est mon aimable médecin.
— Je le connaisse — Vdtiis permettez bien que je ne l'échange pas contre le vôtre. Un pédant n'aura pas plus ma confiance en maladie qu'une bégueule n'obtiendrait mon hommage en santé. Mais je ne sui^ qu'un sot. Ait lieu de vous rap- |>eler mon amende- honorable au beau sexe, je devais lui chanter \t couplet de la bégueule; il est tout fait pour lui.
Pour égayer ma Poésie, An basafd j'issemble diîs traits :
J'en fais , peintre de ftuUaisie , . r
Des TabJe^ux, jamais'dtftPorU'ait^^ La B^eimne d'esprit , qui s'ea naoquç , , Sourit finement à l'Auteur :.
Pour rîmprudente qui s'en choque , Sa colère est son délateur.
— A propos de chanson , dit la dame ; vous êtes
4oo LETTRE SUR LA CRltlQUE
bien honnête d'avoir été dotmer Totré pièce aux. Français ! inoi qui n'ai de petite loge qu'aux Italiens! Pourquoi n'^i avoir pas fait un opéra ^comique ? ce fut, dit-on , votre preaiière idée. La ptèce est d'un genre à comporter de la musique*
— Je ne sais si elle eat propre à h «lupporter, ou si je m'étais trompé d'abord en le suppo* sant : mais sans entrer dans les raisons qui m'ont fait changer d'avis > celle-ci , Madame répond à tout. '
Notre musique dramatique ressemble trop en-^ core à notre musique chansonnière, pour en attendre un véritable intérêt ou de la gaîte franche^ Il faudra commencer à remployer sérieusement au théâtre quand on Sentira bien qu'on ne doit y chanter que pour parler; quand nos musiciens se rapprocheront de la nature, et. surtout cesseront de s'imposer l'absurde Iqi de toujours revenir à la première partie d'un aîi^ après qu'ils en ont dit la seconde. Est-ce qu^il y a des reprises et des rondeaux dans un drame? Ce cruel radotage est la mort de l'intérêt , et dénote un vide insupportable dans les idées.
Moi qui toujours ai chéri la musique sans inconstance et même sans infidélité; souyçnt, aux
Dta rBAttBïïEU DlE vSÉVJLLE, 401
pîèc^vqai ^!j«)laofaent le pkis^ ^e me surprendt k i»ia36ier cb Tépaule^ à dim tout bas avecdiO'* mmïv:: Sh^OEidoBC^ masiquel pourquoi tau|oiirs répéter? N'es -tu pas assez lente? Au Ueu de narrer Tivement, lu rabâches ! au lieu de peindre la passion , tu t^^arccrocfhés aux mots! Le poète se tue à serrer Vérènement, et toi tu le délayes! <5ue lui sert de rendre son style énergique et pressé, si tu l'ensevelis sous d'Inutiles Tredons? iAiTec'ta stérile abondance, reste, reste aux cïranisons pour'toiaté nourriture, jusqu'à ce que tm connaisses le langage ^\AHthd et tumultueux des passions.
£n eff^t , H h décj^nation est «déjà un abus vde la narrçi^» ^n Ùm^^ » le chmi , qui est un ^us de via décA^mttiou ^ n'est d^uc» x^mme on voit, que labu^de rftbWf ^joutez^y U répétir tion des plirjs(3«,^ tt voyez ce ;que deviem l'intérêt. Pendant qw le viçjç ici va liHijaurs en croissant , l'iiaiérêt jo^r^çi^ens contraire; raction s'allangnit ; quelqw chwe JUjç manque j je deviens distrait; l'iennui me gagne; et si je cherche alors à deviner ce que je voudrais, il ppi'arrive souvent de U'ouver que je voudrais la fin du ^spectacle.
Il est un autre jartîd'imitatioû, en gçsi^ml beau- Thedùre. /. 26
4o2 LETTRE SUR LA CRITIQUE
coup moins ayancé que la musique ; mais qui semble eu ce point lui servir de leçon* Pour la Tariété seulement la danse élevée est déjà le modèle du chant.
Voyez le superbe Vestris ou le fier d'Aùberval engager un pas de caractère* 11 ne danse pas encore ; mais d^aussi loin qu^il parait , son port libre et dégagé (ait déjà lever la tête aux spectateurs. Il inspire autant de fierté qu'il promet de
plaisir* 11 est parti Pendant que le musicien
redit vingt fois ses phrases et monotone ses mouvements, le danseur varie les siens à Tinfini.
Le voyez-vous s'avancer légèrement à petits bonds , reculer à grands pas, et faire oublier le comble de Fart par la plus ingénieuse négligence? Tantôt sur un pied, gardant le plusfsavaht équilibre , et suspendu sans mouvement pendant plusieurs mesures , il étonne , il surprend par Tim-
mobilitéde son à- plomb Et soudain, comme
s'il regrettait le temps du repos, il part conmie un trait , vole au fond du théâtre , et revient , en pirouettant, avec une rapidité que l'œil peut suivre à peine*
L'air a beau recommencer, rigaudonner , se répéter , se radoter , il ne se répète point, lui! tout en déployant les mâlesbe^utés d'un corps
DU BARBIER DE SÉVILLE. 4o5
fiouple et pûissaîit^ il peim Iè§. mouvements vîo lents dont son âme est a^itéei : il vous lance un regard passionné que ses bras moUenient ouverts rendent plus expressif : et, conpucne s'il se lassait bientôt de vous plaire ,,il se relèvera vec dédain , se dérobeà Toeil qui le suit, et la passion la plus fougueuse semble alors naître et sortir de la plus douce ivresse. Impétueux ^ turbulent, il exprime une colère si bouillante et si vraie, qu'il m'arrache à mon siège et nie fait froncer le sourcil. Mais , reprenant soudain le geste et l'accent d'une volupté paisible , il erre nonchalamment avec une grâce, une mollesse , et des fnouvenients si délicats , qu'il enlève autant de suffrages 'qu'il y a de regards attachés suil* sa danse enchanteresse*
Compositeurs ! chantez comme il danse , et nous aurons, au lieu d'opéras^ des mélodrames t Mais j'entends mon éternel censeur , (je ne sais plus s'il est d'ailleurs ou de Bouillon), qui me dit : que prétend-on par ce tableau ? Je vois un talent supérietir ; et non la danseï en général. C'est (Jans sa marche ordinaire qu'il faut saisir un art pour le comparer , et non dans ses efforts les plus sublimes. N'avons-nous pas.....
— Je l'arrête à mon tour. Eh quoi ? si je yeux peindre lili coursier et me former une juste idée
o4 LETTRjE SUR LA CRITIQUE, etc.
^ ce noble animal , îrai-je le chercher ongne -et TÎeux, géttissailt ftu txmoB'dufeKrK, ee treitô'^ nant sous le ^piStuier tpn siffle? Je le i^nenés sti haragy fier ^étaSon ^ Tigouretiir , ^c^niplé , ^'éel ardent y frappant la terre et 8ôiifflfi»t 4e fea parles nageauï ; tKNtdissant'de'âésirs et'd'inafpatieflce, ou fendant r«ir ^ju^il électri«e, et étnti le ÎH^wjne hennissement rejoint Fhomme 'et fait tressaîBit toutes les eavarlés de la ctwitrée. Tel est mcm danseur*
Et quand je krayonBenn art ^ -c'est parmi les plus grands sujets qui l'eKence&t que j'entends choisir mes modèles ; tous les'^fibrts dH*géÉHe*.#4. mais je m'éloigne trop de ^oon sujet , revenons
au Barbier de Séville ou plutôt , Monsietui,
n'y revenons pas. C'est assez pour une bagatelle. Insensiblemeiit je tomberais dans le défaut reproché trop jùsfettierit'ànôs tratiçds ,Ûe toujours faire iîe petites chansons ôtir les granôës afiaires^ et de grandes dissertations hurlés petites.
JFesuis^ ateclepks^rofdud^wpMt^