‹ Œuvres complètes de Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais (volume 2)Chapitre 121 sur 174 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

LE COMTE seul , en grand manteau brun et chapeau rabattu. Il tire sa montre en se promenant.

JLiE jour est moins avancé que je ne croyais. L'heure à laquelle elle a coutume de se montrer derrière sa Jalousie, est encore éloignée. N'importe ; il vaut mieux arriver trop lot que de manquer Tinsiant dq la voir* Si quelque aimable

4iO LE» BARBIER DE SÉVILLE,

de la cour pouvait me deviner à cent lieues de Madrid , arrêté tous les matins sous les fenêtres d'une femme à qui je n'ai jamais parlé; il me prendrait pour ui^ Espagnol du temps d'Isabelle. — Pourquoi non ? Chacun court après le bonheur. Il est pour moi dans le coeur de Rosine. — Mais quoi ! suivre une femme à Séville , quand Madrid et la cour offrent de toutes parts des plaisirs si faciles? — Et c'est cela même que je fuis. Je suis las des conquêtes que l'intérêt, la convenance ou la vanité nous présentent sans cesse. Il est si doux d'être aimé pour soi-même! et si je pouvais m'assurer sous ce déguisement.... Au diable Pimportun.

FIGARO , LE COMTE caché.

Figaro une guitare sur le dos attachée en bandoulière ai^ec un large ruban; il chantonne gaiment^ un papier et un crayon à la main.

Bannissons le chagrin, Il nous consume :

Sans le feu du bon vin Qui nous rallume ;

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