‹ Œuvres complètes de Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais (volume 2)Chapitre 13 sur 174 · ACTE PREMIER. j · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER. j

que je connaisse.^ ( // tire sa ifourse et la lai donne. ) Vous n'êtes plus à moi ; sortez : mais si la moindre indiscrétion...

Est-ce que j'ai jamais manqué à Milord?

Le Comte.

Je déteste les valets raisonneurs ^ et je me défie surtout des fripons scrupuleux*

£b bien y je ne dirai plus un seul mot : usez de moi comme il vous plaira. Mais pour la demoiselle , en vérité c'est donunage.

Vous faites l'homme de bien ; mais à la vue de l'or , votre conscience s'appaise... Je ne suis pas votre dupe.

Si vous le croyez, mon maître, voilà la bourse. Le Comte refusant de la prendre.

Cela suffît : mais qu'il ne vous arrive jamais... Approchez.^ Puisqu'on ne sait rien de ce fatal mariage. ••

JFatal ! qui vous force à le conclure ?

Le Roi qui a parlé , mon oncle qui presse : des ayantages qu'on ne rencontre pas deux fois en la vie. ( A part. ) Et plus que tout , la honte que j'aurais de dévoiler mon odieuse conduite.

Mais comment cacher ici ?

Le Comte rêvant.

Oh ! je... Quand une fois je serai marié... Et puis, elles ne verront personne... Cette maison , quoiqu'assez près de mon hôtel , est dans^ un quartier perdu... Je £erad en sorte qu'elles repaan tent bientôt. Va toujours m'annoncer, cette visiie préviendra les soupçons.....

D E I N K se retournant.

Les soupçons !: Qui diable oseraàt seulement penser ce que nous exécutons nous autres ?

Le Ç o m t e.

Il a raison. {Il le rappelé.) Ecoute, écoute.

MUord ?

Lb Comtb à Im-méme^ en se promenant.

Je crois que la tête a tourné en même temps à tout le monde. ( A Drink.) Ont-elles déjà reçu des lettres ?

Page 1