‹ Œuvres complètes de Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais (volume 2)Chapitre 143 sur 174 · BARTHOLO, L^ÉVEILLÉ · texte numérisé non relu

BARTHOLO, L^ÉVEILLÉ

L'Eveillé arrive en bâillant , tout endormi*

-/^lAH, aah , ah, ah....

Où étais-tu , peste d'étourdi , quand ce barbier est entré ici?

.L^ E'V E I IL L è.

Monsieur j'étais.... ah, aah, ah....

454 L£ BARBIER DE SÉYILLE, Bartholo.

A machiner quelque espièglerie^ sans doute ? Et tu ne Tas pas vu ?

Sûrement je Taî vu ; puisqu'il m'a trouvé tout malade , à ce qu'il dit ; et faut bien que ça soit vrai , car j'ai commencé à me douloir dans tous les membres , rien qu'en l'en-entendant pari. . . . Ah > ah 9 aah.«..

B A R T H o L o le contrefait.

Bien qu'en l'en-eutendant !.... Où donc est ce vaurien de La Jeunesse? Droguer ce petit garçon sans mon ordonnance ! H y a quelque friponnerie la-dessous.

LES ACTEURS PRÉCÉDENTS. {La Jeunesse arrii^e en ^vieillard avec une canne en béquille; il étemue plusieurs fois. )

L^ Éveillé toujours bâillant.

jUk Jeunesse?

Bartholo.

Tu éternueras dimanche.

La Jeunesse.

Voilà plus de cinquaDte%«.*. cinquante fois

dans un mcmient ( // éternue ) ! Je suis brisé.

Comment! je vous demande a tous deux s'il est entré quelqu'un chez Rosine, et vous ne me dites pas que ce barbier..—

l' Eveillé continuant de bâiller.

Est-ce que c'est quelqu'un donc monsieur Figaro ? Aah , ah....

Bartholo.

Je parie que le rusé s'entend avec lui.

L^ËVEiLLÉ pleurant comme un soie

Moi..... Je m'entends !....

La Jeunesse éternuant.

Eh mais , Monsiem- , y a-t-il..... y a-t-il de la justice ?

Bartholo.

Delà justice! C'est bon entre vous autres misérables, la justice! Je suis. votre maître, moi, pour avoir toujours raison.

La Jeunesse éternuant.

Mais pardi; quand une chose est vraie...»

Quand une cbose. est vraie ! Bi )ene veux pas qu'elle Boit vraie , je prétends bien qu'elle pe soit pas vraie. Il n'y aurait qu'a permettre à tous ces faquins là d'avoir raison , vous verriez bientôt ce que deviendrait rautorité.

IjX 3 ûvi jn B8 s B éternuant.

J'aime autant recevoir mon congé. Un service terrible , et toujours un train d'entier !

l' Eveillé pleurant.

Un pauvre homme de bien est traité comme un

misérable.

Bartholo.

Sors donc , pauvre homme de bieu! ( // tes contrefait. ) Et t'chi et t'cha ; l'un m'étemue au nez , l'autre m'y bâille.

La Jeunesse.

Ah , Monsieur , je vous jure que sans Mademoiselle , il n'y aurait.... il n'y aurait pas moyen de rester dans la maison.

( // sort en éternuant. )

Bartholo.

Dans quel ét^t ce Figaro les a mis tous ! Je vois ce que c'est : le maraud voudrait me payer mes cent écus sans^bourse délier«...%« ' ;. ..Il

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