‹ Œuvres complètes de Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais (volume 2)Chapitre 148 sur 174 · LE COMTE, BARTHOLO · texte numérisé non relu

LE COMTE, BARTHOLO

\J H J je vous ai reconnu d'abord à votre signalement.

BARTHOLoaz/ Comte qui serre ta lettre.

Qu'est-ce que c'est donc que vous cachez-là dans votre poche ? ' ■

Je le cache dans ma poche, pour que vous ne sachiez pas ce que c'est.

Bartholo.

Mon signalement! Ces gens là croient touj^ours parler à des soldats !

Pensez-vous que ce soit une chose si difficile à faire que votre signalement ?

Air : Ici sont venus en personne.

Le chef branlant , la tête chauve y Les yeux vérons , lo regard fauve ,

470 LE BARBIER DE SÉVILLE, L'air farouche d'un algonquin , La taille lourde et déjetëe, L'épaule droite surmontée , Le teint grenu d'un maroquin , Le nez fait comme un baldaquin , La jambe poit^ et cîrcotiôew , Le ton bourru , la voix perplexe , Tous les appétits, de^rticteivr^j Enfin , la perle des docteurs (i).

jBartholo.

Qu'est-cequetela veiUdirelEtes-TOus ici pour m'insulter? Délogez à Tinstant.

Déloger ! Ah, â! que c^est mal pailer ! savezvous lire, docteur.... Barbe àFeau ? - B A R T a © i^ o.

Autre question saugrenue*

Oh! que cela ne vous fasse point de peine ; ear , moi qui suis pour le moins aussi docteur que vous....

Comment cela?

(i) Barlholo côope le signàlemeiil à l'endroit qu'il lui plaît.

Est-ce que je ne suis pas le médecin des cbevaux du régiment ? Voilà pourquoi Ton m'a exprès logé chez un confrère.

BARTHOtO.

Oser comparer un maréchal !..• L B Comte.

Air: Vive le vin.

Sans chanter.

En

chantant.

Non , Docteur ,' je ne prétends pas Que notre art obtienne le pas Sur HyfocrsS^ et sa bi:iga£|é.

Votre savoir , mon camarade , Est d'un succès plus général; Car s'il n'emporte point le mal , Il emporte au moins le malade.

C'est-il poli ce que je vous dis-là ?

Bartholo.

11 vous sied bien , manipuleur ignorant ! de ravaler ainsi le premier , le plus grand et le plus utile des arts ?

L B Ce M T S

Utile tout à Éait; pour ceux qui Texerçent»

BARTHOI.CK

Un art dont le soleÛ sliOQore d'éclairer les 8Dccès#

Le Comte.

Et dcmt la terre s^emfHtssw de cooTrir les bévues.

Baetholo.

On voit bien ^ mal-appris , que tous n'êtes habitué de parler qu'à des cheTaux.

L B Comte.

Parler à des cheyaux? Ah^ Docteur ! PcMir un docteur d'esprit..... N'est-il pas de notor^lé que le maréchal guérit toujours ses malade^ sans leur parler; au lieu que le médecin parl/e beaucoup aux siens....

Bartholo.

Sans les guérir , n'est-ce pas?

Le C o m V £•

C'est vous qui l'avez dît.

. Bartholo.

Qui diable envoie ici ce maudit ivrogne?

Le Comte.

Je crois que vous me lâchez de^ épigrammes ; l'amour !

Bautholo.

. Enfin 9 que voulez-vous, que demandez-vous?

Le CoiÊ,Tii feignant une grande colère.

Eh bien donc , il s'enflamme I Ce que je veux? Est-ce que vous ne le voyez pas ?

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