BARTHOLO, ROSINE
Bartholo le regarde aller.
I14 est enfin parti, (à pan.) Dissimuloor*
Convenez pourtant, Monsieur, qu'il est bien gai, ce jeune soldat! A travers son ivresse, on voit qu'il ne manque ni d'esprit , ni d'une certaine éducation*
48o LE BARBIER DE SÉVILLE,
BAB.THOLO.
Heureux , m'amour , d'avoir pu nous en délivrer! mais n'es-tu pas un peu curieuse de lire avec moi le papier qu'il t'a remis ?
Rosine.
Quel papier ?
Bartholo.
Celui qu'il a feint de ramasser pour te le faire accepter.
Rosine.
Bon ! c'est la lettre de mon cousin l'officier^ qui était tombée de ma poche.
J'ai idée, moi, qu'il l'a tirée de la sienne.
Je l'ai très-bien reconnue.
Bartholo.
Qu'est-ce qu'il coûte d'y regardçr ?
Rosine.
Je ne sais pas seulement ce que j'en ai fait*
Bartholo montrant la pochette.
Tu l'as mise-là.
... ' À C TE i î. î 4^1
R o ê i Éi à.
• Âh,aiiljm àiifttSLcnon. . '
. Ah , sûrement. Tu vas Toir que çe$era qûelijrit^
folie. ; . ... T
R o SI NE a part
Si je ne le mets pas en colère, il n'y aura pas moyen dé refuser.* '
Donne-donc , naon coeur. ,
Mais quelle idée avez vous en insiitàtit > McIèM sieur ? est-ce eneoi^ quelque lAéflance ?
'Bart»oeo. '-
Mais vous ! quelle ^i*ofi âVeî-vous de ne pas le
montrer?
Rosine.
Je vous répète , Monsieur , qua ce papier n'est autre que la lettre de mon cousin , que vous m'avez rendue hier toute décachetée; eipùisqu*îl en est question , je vous dirai fioià-net, que cette libei^té me déplaît excessivement
( R A t» T Jt. Q i q. ^
Je ne vous entends pas I •
Théâtre. /. 3i
48a. LE BARBIER DE SËYILLE, R o s I V s.
Vais-je examiner les {papiers qui tous arrivent? Pourquoi tous donnez-vous les airs de toucher à ceux qui me sont adressés? Si c'est jalousie ^ elle m'insuUe ; s'il s^agît de l'abus d'une autorité usurpée , j'en suis plus révoltée encore*
Bartholo.
Comment révoltée ! Vous ne m'avez jamaiç parlé ainsi.
Si je me suis modérée jusqu'à ce jour ^ ce n'était pas pour vous donner le droit de m'offenser impunément*
De quelle offense mp parlez-vOus?
Rosine.
C'est qu'il estinoui qu'on se permette d'ouvrir les lettres de quelqu'un.
Bartholo.
Desafenune?.
Rosine.
Je ne la suis pas encore. Maïs poiirquoi lui donnerait-on lapréférence d'une indi^ité qu'on ne fait à personne ?
Bartholo.
Vous voulez me faire prendre le change et détourner mon attention du billet ^ qui, sans doute y est une missive de quelque amant ! mais je le verl'ai , je vous assure.
Rosine.
Vous ne le verrez pas. Si vous m'approchez, j^ m'en&is de cette maison , et je demande retraite au premier venu. '
Baatuolo.
Qui ne vous recevra point.
C'est ce qu'il faudra voir.
Bartholo.
Nous ne sommes pas ici en France , où Ton donne toujours raison aux femmes: mais pour vous en ôter la fantaisie, je vais fermer la porte.
Rosine pendant qv^il y va.
Ah Ciel ! que faire?.... Mettons vite à la place la lettre de mon cousin , et donnons lui beau jeu à la prendre.
Elle fait F échange ^ et met la lettre du cousin dans sa pochette, de façon qt/elte sort un peu.
484 LE BARBIER DE SÉVILLE, BjiKTBoua retenant.
R O 5 I If E.
De quel droit , s'il vou^ pMl ?
Bartuoi«o.
Du droit Iç plus uoiversellewentrçcowiu^ cçlui
d|i plus fore.
Rosine.
On me tuera plutôt que de l'obtenir de moi.
Bartuolo frappant du pied.
Madame ! Madame !•••
Rosine tombe sur un fauteuil et feint de se troe^er mèaL
Ah ! quelle iii4iguité^!««^
Dom»e2 cette lettreou craignez ma colère.
Rosine renversée.
Malheureuse Rosine !
B A R T BT Ô L o.
Qu'avez-vous donc ?
. R o^s I w E, Qu,el avcinir aflieux !
Googje*