‹ Œuvres complètes de Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais (volume 2)Chapitre 150 sur 174 · BARTHOLO, ROSINE · texte numérisé non relu

BARTHOLO, ROSINE

Bartholo le regarde aller.

I14 est enfin parti, (à pan.) Dissimuloor*

Convenez pourtant, Monsieur, qu'il est bien gai, ce jeune soldat! A travers son ivresse, on voit qu'il ne manque ni d'esprit , ni d'une certaine éducation*

48o LE BARBIER DE SÉVILLE,

BAB.THOLO.

Heureux , m'amour , d'avoir pu nous en délivrer! mais n'es-tu pas un peu curieuse de lire avec moi le papier qu'il t'a remis ?

Rosine.

Quel papier ?

Bartholo.

Celui qu'il a feint de ramasser pour te le faire accepter.

Rosine.

Bon ! c'est la lettre de mon cousin l'officier^ qui était tombée de ma poche.

J'ai idée, moi, qu'il l'a tirée de la sienne.

Je l'ai très-bien reconnue.

Bartholo.

Qu'est-ce qu'il coûte d'y regardçr ?

Rosine.

Je ne sais pas seulement ce que j'en ai fait*

Bartholo montrant la pochette.

Tu l'as mise-là.

... ' À C TE i î. î 4^1

R o ê i Éi à.

• Âh,aiiljm àiifttSLcnon. . '

. Ah , sûrement. Tu vas Toir que çe$era qûelijrit^

folie. ; . ... T

R o SI NE a part

Si je ne le mets pas en colère, il n'y aura pas moyen dé refuser.* '

Donne-donc , naon coeur. ,

Mais quelle idée avez vous en insiitàtit > McIèM sieur ? est-ce eneoi^ quelque lAéflance ?

'Bart»oeo. '-

Mais vous ! quelle ^i*ofi âVeî-vous de ne pas le

montrer?

Rosine.

Je vous répète , Monsieur , qua ce papier n'est autre que la lettre de mon cousin , que vous m'avez rendue hier toute décachetée; eipùisqu*îl en est question , je vous dirai fioià-net, que cette libei^té me déplaît excessivement

( R A t» T Jt. Q i q. ^

Je ne vous entends pas I •

Théâtre. /. 3i

48a. LE BARBIER DE SËYILLE, R o s I V s.

Vais-je examiner les {papiers qui tous arrivent? Pourquoi tous donnez-vous les airs de toucher à ceux qui me sont adressés? Si c'est jalousie ^ elle m'insuUe ; s'il s^agît de l'abus d'une autorité usurpée , j'en suis plus révoltée encore*

Bartholo.

Comment révoltée ! Vous ne m'avez jamaiç parlé ainsi.

Si je me suis modérée jusqu'à ce jour ^ ce n'était pas pour vous donner le droit de m'offenser impunément*

De quelle offense mp parlez-vOus?

Rosine.

C'est qu'il estinoui qu'on se permette d'ouvrir les lettres de quelqu'un.

Bartholo.

Desafenune?.

Rosine.

Je ne la suis pas encore. Maïs poiirquoi lui donnerait-on lapréférence d'une indi^ité qu'on ne fait à personne ?

Bartholo.

Vous voulez me faire prendre le change et détourner mon attention du billet ^ qui, sans doute y est une missive de quelque amant ! mais je le verl'ai , je vous assure.

Rosine.

Vous ne le verrez pas. Si vous m'approchez, j^ m'en&is de cette maison , et je demande retraite au premier venu. '

Baatuolo.

Qui ne vous recevra point.

C'est ce qu'il faudra voir.

Bartholo.

Nous ne sommes pas ici en France , où Ton donne toujours raison aux femmes: mais pour vous en ôter la fantaisie, je vais fermer la porte.

Rosine pendant qv^il y va.

Ah Ciel ! que faire?.... Mettons vite à la place la lettre de mon cousin , et donnons lui beau jeu à la prendre.

Elle fait F échange ^ et met la lettre du cousin dans sa pochette, de façon qt/elte sort un peu.

484 LE BARBIER DE SÉVILLE, BjiKTBoua retenant.

R O 5 I If E.

De quel droit , s'il vou^ pMl ?

Bartuoi«o.

Du droit Iç plus uoiversellewentrçcowiu^ cçlui

d|i plus fore.

Rosine.

On me tuera plutôt que de l'obtenir de moi.

Bartuolo frappant du pied.

Madame ! Madame !•••

Rosine tombe sur un fauteuil et feint de se troe^er mèaL

Ah ! quelle iii4iguité^!««^

Dom»e2 cette lettreou craignez ma colère.

Rosine renversée.

Malheureuse Rosine !

B A R T BT Ô L o.

Qu'avez-vous donc ?

. R o^s I w E, Qu,el avcinir aflieux !

Googje*

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