‹ Œuvres complètes de Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais (volume 2)Chapitre 156 sur 174 · PETITE REPRISE · texte numérisé non relu

PETITE REPRISE

Les soupirs , Les soins , les promesses y Les vives tendresses ,

Les plaisirs»

Le fin badinage , Sont mis en usage; Et bientôt la bergère , Ne sent plus de colère.

Si quelque jaloux Trouble un bien si doux ^ Nos amans d'accord , Ont un soin extrême • . • • • • • • De voiler leur transport; Mais quand on s'aime 9 La gêne ajoute encor Au plaisir même.

(En F écoutant, Bartholo s'est assoupi. Le Comte y pendant la petite reprise , se hasarde à prendre une main qu*il couvre de baisers. U émotion ralentit le chant de Rosine , Faf^ faiblit et finit même par lui couper la ^voix au milieu de la cadence ^ au mo^ extrême L^or-

chestre suit le mouvement de la Chanteuse , affaiblit son jeu et se tait avec elle. Uab^ sence du bruit qui avait endormi Bartholo , le réveille* Le Comte se relève, Rosine et l^ Orchestre reprennent subitement la suite de Pair. Si la petite reprise se repète , le même . jeu recommence.)

Le Comte.

En vérité , c'est un morceau charmant , et Madame Texécute avec une intelligence—.

Vous me flattez^ Seigneur; la gloire est toute entière au maître*

Bartholo bâillant.

Moi , je crois que j'ai un peu dormi pendant le morceau cLarmant. J'ai mes malades. Je vas, je viens, je toupille, et sitôt que je m'assieds, mes pauvres jambes.

( // se lève et pousse le fauteuil )

Rosine bas au Comte.

Figato ne vient point!

JLi E Comte.

Filons le temps.

Bartholo.

Mais, Bachelier, je J'ai déjà dit à ce TÎeux Bazile : est-ce qu'il n'y aurait pas moyen de lui faire étudier des choses plus gaies que toutes ces grandes Aria, qui vont en haut, en bas, en roulant, hi, ho^ a, a, a, a, et qui me semblent autant d'enterrements? Là, de ces petits airs qu'en chantait dans ma jeunesse, et que chacun retenait facilement. J'en savais autrjefois Par

exemple....

( Pendant la ritournelle , il cherche en se grattant la tête , et chante enfesant claquer ses pouces et dansant des genoux comme les ojieillards. )

Veux-tu , ma Rosinette , Faire enapletle Du roi des maris?... (^u Comte, en riant) :

Il y a Fanchonnette dans la chanson ; mais j'y ai substitué Rosinette pour la lui rendre plus agréable et la faire cadrer aux circonstances. AÎj , ah, ah, ah! Fort bien? pas vrai?

Le Comte riant.

Ah, ah, ah! Oui, tout au mieux.

5o8 LE BARBIER DE SÉVILLE,

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