SCÈNE 1 y
ROSINE seule.
OoN amour me dédommagera!... Malheureuse!... ( Elle tire son mouchoir eit s^ abandonne auac larmes. ) Que faire ?.... Il va venir. Je veux rester, et feindre avec lui^ pour le contempler un moment dans toute 6a> noirceur. La bassesse de son
procédé sera mon préservatif. Ah! j'en ai
^rand besoin. Figure noble ! air doux ! une voix si tendre !....,. et ce n'est que le vil agent d'un corrupteur! Ah malheureuse!^ malheureuse !.....♦ Ciel, on ouvre la jalousie ! {Elle se sautée.)
Le comte, FIGARO, enveloppé d'un manteau , parait à la fenêtre.
Figaro parle en dehors.
UELQu'uiN s'enfuît ; entrerai-je ?
Le Comte en dehors.
Un homme ?
Figaro.
Non.
L B Comte*
C'est Rosine que ta figure atroce aura mise en fuite*
Figaro saute dans la chamhre*
Ma foi, je le crois....Nous voici enfin arrivés, malgré la pluie , la foudre et les éclairs.
Le Comte em^eloppé d'un long manteau.
Donne-moi la main. ( // saute à son tour. ) A nous la victoire.
Figaro jette son manteau.
Nous sommes tout percés. Charmant temps, pour aller en bonne fortune ! Monseigneur, com-> ment trouvez-vous cette nuit ?
li E Comte.
Superbe pour un amant.
Figaro,
Ouï, mais pour un confident?..... Et si quelqu'un allait nous surprendre ici ?
N'es-tu pas avec moi? J'ai biéîi une autre inquiétude; c'est de la déterminer à quitter sur-lechamp la maison du tuteur.
Figaro.
Vous avez pour vous trois passions toute-puissantes sur le beau sexe; Tamour^ la haine et la crainte.
Le Comte regarde dans V obscurité.
Comment lui annoncer brusquement que le notaire Tattend chez toi, pour nous unir? Elle trouvera mon projet bien hardi; elle va me nommer audacieux.
Figaro.
Si elle vous nomme audacieux , vous l'appellerez cruelle. Les femmes aiment beaucoup qu^on les appelle cruelles. Au surplus , si son amour est tel que vous le désirez , vous lui direz qui vous êtes^; elle ne doutera plus de vos sentiments.