‹ Œuvres complètes de Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais (volume 2)Chapitre 91 sur 174 · SCÈNE IX · texte numérisé non relu

SCÈNE IX

AURELLY , SAINT-ALBAN , MÉLAC père , MÉLAG fils.

Saint-Alban.

JT A ADONNEZ à mon empressement. Messieurs^ l'inciTilité de me montrer «a habit 6» royage.

Mélac fils, a pfcrt^ avec humeur.

Son empressement ! il n'en dit pas Fob}ét«

Mélac père, à Sqint-Aïban., Vous voyez que J'y suis, moi-même»

S^kiN T- Albàn.

,. Partez-vous ?

Mélac pèr«. ^ * Avec bien du regret, Monsieur , puisque vous

arrivez. • ^

,;;Cjettp.cçMr8é jeai, brusque* 1 ir: : '

?:.. -z .- 1 ^T. --'M'éx-aV* père.' ^^' Elle est nécessaire. ■ * ,. /

/;-: AtUoR E '-L-L'T."

Si c'est, cbmmele dit ton. fils, des affaires de compagnie....

M ï L A c père, embarrassé.

De compagnie.... relatives à lâ compagnie.... Puis- je voir , sans déplaisir , passer ma survivance à quelqu'étranger ?

A u R E L L Y riant.

Ah, ah, ah^^ah%

Saint-Alban.

Il m'est bien agréable d'arriver à temps pour TOUS arrêter.

Est-ce que je Tàurais laissé partir ! {A Mélac père. ) Tu peux renvoyer les chevaux de poste*

M É L À c père.

Pour quelle raison?

Saint-Alban.

C'est que la place que vous allez solliciter , est accordée à monsieur voire fils.

Mélac filsy ai^ec surprise.

L'emploi de mon père?

AuRELLY le contrefait plaisamment.

Eh oui ! l'emploi de mon père.

M É L A c fils , à part»

Ah ! Pauline !

Saint-Alban remet un papier à Mélac père.

En voici l'assurance. Quelque désir que j'aye eu de vous servir en cette afi'aire , je ne puis vous cacher que vous en devez toute la faveur aux sollicitations de monsieur Aurelly.

Mélac père.

Monsieur , son généreux caractère ne se dé-

ment point. Mais un autre avait, dit-on ; obtenu celte grâce.

A u R E L L Y gatment.

C^était moi.

M É L A c père.

Ce solliciteur dont le crédit?....

C'était moi.

M É L A c fils.

Cet homme qui avait pris les deyaats ?...f

A u R E L L Yf

C'était moi. Je m^en occupais depuis long-<f temps : ne m'a-t-il pas élevé une aièce charmante?

M É L A c fils , vii^erfjenC.

Oui, charmante.

Sàint-Al^an,

Ah ! charmante, en efïçt.

Mélac fils rougit de son transport. Saint-? Alqan le fixe çivec curiosité.

AuRELLY prenant les mains de Mélac père.

Ne m'a-t-il pas promis d'étendre ses soins jusqu'à mon fils,, lorsqu'il sera en âge d'en profitçr ?

Il £siut bien que j^établisse le sien^ ah ^ah^ ah; ah««*«

M É L A G père^ à part.

A quel ami je rends service !

M É LAC fils 9 vwement à AurelVf.

C'était donc cela qu'hier au soir.... tous feigniez Quelle ouprise I ah ! Monsieur !

(^ A part.) Je ne me sens pas de joie; courons annoncer cette nouvelle à Pauline.

( // sort en courant. )

S G È N E X. ' AURELLY, SAINT-ALBAN , MÉLAC père-

M É L A c père.

r!i H bien !.... Tétourdi ^ qui oublie de vous Eure ses remercknenç f

Tu renvoies les chevaux ?

Mélac p^re.

Mon voyage est indispensable*

A XJ n £ L L Y. Encore?

25o LES DEUX AMIS,

Saint- Albàn à Aurelly.

Si c'est pour ce que je présume, je suppléerai

à sa course. Mais ,,ay^m que d'^n parler, recevez

mou compliment , Monsieur , sur la distinction

flatteuse que vous venez d'obtenir. Le plus digne

Tisage des lettres de noblesse est , sans doute ,

•de décorer des citoyens aussi utiles que vous.

Aurelly.

Utiles. Voilà. le mot. Qu'un homme soit philosophe, qu'il soit savant, qu'il soit sobre, économe, ou brave : eh bien !... tant caieux pour lui. Mais, qu'est-ce que je gagne à, cela, moi? L'utilité dont nos vertus et nos talents sont pour les autres, e^tla balance où je pèse leur mérite.

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