‹ OEuvres complètes de Pierre Augustin Caron de Beaumarchais (volume 4)Chapitre 26 sur 42 · RO^BIN · texte numérisé non relu

RO^BIN

Toujours , toujours, il efijt toujours le même Jamais Robin ,

Ne connut le chagrin 5

Le temps sombre ou serein y

Les jours gras, le Carême,

Le matin ou le soir 5

Dites blanc, dites noir, Toujours, toujours, il est toujours le même.

Il a pour lui cet air mâle qu'on aime , L'œil en arrêt.

Ferme sur le jarret ,

Plus souple qu'un fleuret,

Des reins à la dalême ,

Frisé , haut en couleur ;;

Et pour la belle humeur , Toujours , toujours j il çst l;ou jours le même.

i84 CHANSONS.

Sur mon tambour brodant mieux que moi-même. Veux- je un fleuron ?

Jamais il n'a dit no|i ;

En plus d'une façon

Il sait faire son thème 5 ^

S'il badine au feston ,

Qun^d il travaille au fond , Toujours , toujours, il est toujours le même,

Il, n'est ici fille 01» femme qui n'aime Mon beau garçon ; Beau j c'est-à-dire bon.

La dame du canton y Connaisseuse n'en clième 5 ^ç>n cœur n'est point jaloux , ^Car en rentrant chez nous , Toujours j toujours, il est toujours le même.

Pour en juger , il faudrait être à m^mej On n'a rien vu ,

Quand on ne l'a pas eu ;

Les filles de Jésu

Du couvent d'Angoulême ,

Ont plus d'un an vécu

Avec mon superflu 5 Toujours , toujours, il est toujours le même»

Pour l'éprouver j'ai plus d'un «tratagême ; Je vois souvent

Qu^il vient le néz au vent 5

J'affecte , en lui parlant j

Une froideur extrême ,

Je change de propos ,

Je lui tourne le dos 5 Toujours 5 toujours^ il est toujours le même.

RoBiK, dansons ce branle q»e tant j'aime 5 Sans le presser ^

Robin vient le passer 5

Robin, j'en veux danser

Un second, un troisième 5

Je veux recommencer ,

Je ne veux plus cesser 5 Toujours, toujours, il esr toujours le même.

Comment toujours! dit un grand monsieur blême. On le croira ,

Mais quand on le verra 5

Nos sœurs de l'opéra

Résoudront ce problême:

Messieurs, je n'en sais rien :

Ce que je sais fort bien], Toujows j toujojarsj il oêi toujours le même'.

i86/ CflANSOMS;

Hier au soir j Tiens-,, dit-il, que je»t?aime»! Robin , hélas-!

Cela ne s« peut pas^!

A moi des embarras?-

Parbleu ! le beau System© l

Porte ton coraplimenfe

Au nouveau parlement 5 Tou^ofurs., toujours.,, il est touiours-le même.

lOw.

Enfht, Hîîjlour, voyons, dis-je eamoi-mème^ , Par mon labeur,

Si j'en serai vainqueur j

J'en arraehai le beur ,

Le lait , après la crêm® j

Je lui tordis le bec ,

Je le croyais à sec :

Toujours, toujours, il est toujours le méma.

Robin sur moi règne ^ a le rang suprém» ^ C'est par mon choix

Qu'il m'a donné des lois 5

C'est la leçon des rois 5

Leur sceptre ou diadème ,

Souvent brise en leur main 5

Mais celui de Robin , Toujours, toujours, il est toujours le piêrae.

CfïANSÔÎ^S.

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