‹ OEuvres complètes de Pierre Augustin Caron de Beaumarchais (volume 4)Chapitre 27 sur 42 · COUPLETS · texte numérisé non relu

COUPLETS

Pour la Fête de M, Le NORMANt î/ÉiriùLE.

• Mes chers amis , pourriez-vous m'enseigner

Zi'un bon seigneur dont chacun parle ?

Je n'sais pas trop conament vous l'désigner : Cependant z'on dit qu'il a nom Charle.

Non Charle-Quint , (jarni) Si grand coquin , ( s'iit-y ) Qu'il dévasta la terre ronde 5

Mais le Cha^rlot d'ici , ( môrgrie ) Qui n'a d'autre soiici , ( pargué ) Que d'rendre heureux lé pauVre mdnclé (*).

(^) Cette chanson, écrite dans une espèce de patois, fut composée presque instantanément. M. de Beaumarchais étant arrivé à la campagne de M. Le îîofrtiant d'Êtiole an ïhbmént où l'oji célébrait sa fête > quelques personnes le prièrent de faire des couplets; il se retira à part quelques minutes, brocha à la hâte cette chanson, et chargea un des acteurs de la comédie française, qui se trouvait présent, d'endosser un habit de villageois et de la chanter à l'assemblée. Le cinquième couplet décela l'auteur. Ce fut un nouveau véhicule pour accroître le désir de retenir cette chanson très-originale, et composée sur un air très-marquant, très-propre à la faire retenir. Chacun voulut l'avoir et en prit des copies. Le lendemain on la chanta dans tout Paris.

i88 " CHANSONS.

Quand -y-promet, son bon cœur est Tgarant

Qu'il va pus loin que sa parole 5 Et si pourtant z'on dit qu'il est Normand I Oui, mais c'est le Normand d'Étiolé.

Tant d'aut' seigneurs , (jarni) Ont des hauteurs , (s'fit-y) Et s'font naïr tout à la ronde.

Chez lui ses paysans , ( pargué ) Sont comme ses enfants : (morgue) Ça s'appelle aimer 1' pauvre monde.

Hier au soir , en pensant à Chariot ,

J'poussit un peu not' minagère.

<c — Nani , Lucas , j'entends à demi-mot ,

J'n'ons qu'trop d'enfants. — Eh ! laiss' toi faire Chariot viendra , (jarni) Les nourrira; (s'fit-y) Tout l'pays d'ses bienfaits abonde, jî Au seul nom d'not' seigneur , ( pargué ) Margot m'ouvrit son cœur : (morgue) V'ià c'qui fait plaisir au pauvr' monde.

QuiiND l'paysan A dTamour sans argent ^ Le plaisir va comme j'te pousse :

Mais not' seigneur , Qui sait c'qu'i faut z'au cœur ^ Leux fait la cadence du pouce :

ce Allez, m's enfants, (jàrni) 3) Boute«-vous d'dans , ( s'fit-y ) » Sans le mariag' rien n'se féconde. 3) Et v'ià comme d'un seul mot , ( pargué ) Not' ben aimé Chariot , (morgue) Vous fait z'engrainer l'pauvre monde.

L'hiyer passé j'eut un maudit procès ■ ci

Qui m'donna ben d'ia tablature ! O

J'm'en vas vous Pdire : y-m'avions mit- exprès Sous c'teiiouvél'l' magistrature.' • Chariot venait, (jarni) Me consolait 5 (s'fit-y) Ami , ta cause est bonne et ronde*

Ah ! comme-y-tn'bnt jugé ! ( morgue )

YUa-t-i pas qu'est ben chié ? ( chanté)

^Est-c' qu'on blâme ainsi Ppaurre monde ?

^^' C;HANSO'J?fS.

Monsieur Pcuré Dit qu'pour qtr' écuré Faut tous l'zans allçr à confesse^ Qu'c'est un devoir.

Chacun à beau Psavoir , On z'y va comni' les chiens qu'on- fiasse. Mais- quand i fja.ut ( janii) Vï^ir au. château - ( s'fit-y ) Pour fêter Çliarlot àjla roiide^j Etre ou non invité , (pargué) Pour bpire .à,SA.§anté , ( morgiié ) Dam' faut \pir jcqyjij^ir ,PpaMYr.e,jp3i.9i;.de.

S I j'suis jamais wiarguiller t'uiie fois y Que d'fét' j'ôt.'ro;ns;daiis jioC yil}a^! Le m^rdi gras,^ iaS^ipt-Martin, îqSiRois, Bon ceux-là ; P.i3eiSt!;Rwit:>à,.l^0iii,'Y>içage-:

Sont-ils plusr:^^nts ,, (i^*»i ) ;) [ ibuJ Qu' ceux d\la-Xo^s^aîin|;^''? (j^Çt^y/) Mais pour Çk^rl^ietJ^anm M hluvii^ ?

Ahî çomiîm j' jQS-r'q^MnilrG^&j.(,pargi^i4) Pour ,nt)s à^n^ ^Qïis patrons I , ^|îio,<:gu.é,) V'la:J*&.«,^ints qu'i iiijt^i^u p^uyr' |i}pî^4e»

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