POINT LE PRIVILEGE EXCLUSIF DE VENDRE DE
l'eau a Paris , le gouvernement ne l'aurait pas accordé, et MM. Perrier ne l'ont jamais sollicité ; ils ont demandé et obtenu le privilège exclusif d'établir des machines à Jeu pour donner de l'eau dans Paris j et il est expressément dit dans l'arrêt du conseil , sans préjudice a l'exécution du projet donné par le feu sieur de Pardeux y d'amener l'Yvette a Paris y ni a celles des autres projets ^ machines ou établissements y autres que lesdites pompes a feu y qui pourraient être propres a fournir de l'eau a Paris,
Et M. de Mirabeau sait très-bien que les fontaines épuratoires , dont il vante si fort Texcelience et l'utilité, sont établies très-postérieurement au privilège de MM. Perrier, et que la compagnie des eaux , qui savait bien n'en avoir pas le
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droit , n'a fait aucune opposition à rétablissement de ces fontaines.
Enfin, il sait 1res - bien que si les gens du monde, qui voudraient tous leurs revenus en jouissances personnelles , ne trouvent pas dans l'entreprise des eaux un placement de fonds assez promptement lucratif, il n'en est pas moins vrai que l'honnête père de famille qui veut enrichir sa postérité par une privation de peu d'années , a trouvé dans cette entreprise un emploi d'argent très-solide , et qui ne peut manquer d'assurer un revenu magnifique à ses enfants. Et voilà pourquoi les joueurs à la? baisse, pour qui le noble auteur a la bonté d'écrire , trouvent si peu d'actions pour remplir leurs engagements, quoique tous ceux qui les possèdent les aient acquises à très-haut prix.
Résumons-nous en peu de mots.
Nous croyons avoir bien prouvé que des motifs peu généreux, ont fait décrier, par l'auteur, un étabhssement très-utile ;
Que l'augmentation des dépenses , après les devis primitifs , n'a été TefFet d'aucune erreur , mais le fruit des plus mures délibérations ;
Que la compagnie n'a pas encore dépensé quatre millions cinq cent mille livres , en 1785 ;
Que MM. Perrier ont rempli loyalement leurs engagements envers elle ;
Que celle compagnie a le droit de changer ses
lois à son gré, dans ce qui ne louche pas à l'in-
térêl public ;
Que l'auteur est souvent contradictoire avec
Ini-méme, et qu'il perd quelquefois de vue ce
qu'il regarde comme son premier objet ;
Que l'affaire est beaucoup plus avancée que ce
critique ne l'avoue;
Que ses calculs sont erronés sur la valeur des abonnements , la quantité des combustibles et le vrai produit des machines ;
Qu'il existe plusieurs exemples d'entreprises moins nationales, qui mililentpour nos succès;
Que l'administration des Invalides gagne beaucoup , en préférant l'eau de la Seine à toutes les eaux de ses puits;
Qu'il est malignement absurde d'imputer à l'eau de nos pompes, aucun mélange avec le grand égoût;
Que, sans y être aucunement contrainte, la ville aurait un grand avantage à charger la compagnie des eaux de remplir ses engagements ; i Que V aperçu ruineux d'un seul muid d'eau pour chaque maison . est , d'après des relevés exacts, de près destrois-quarls au-dessous de la réalité ;
Qu'à trois muids et demi par maison , taux actuel de nos fournitures, sans les augmenlalions
prévues, la compagnie aura un jour plus de trois
millions de revenu ;
Que , pour acquérir celle recette annuelle , elle n aura pas dépensé six millions ;
Qu'alors un dividende de 6g6 livres à chacune des quatre mille quatre cent quaranle-quatre actions , portera leur capital à 1 3,908 livres;
Que le progrès des abonnements a un accroissement sensible , que rien ne peut plus arrêter ;
Que notre seul charlatanisme est l'abondance et le bas prix de l'eau ;
Que la comparaison des établissements anglais est toute entière en notre faveur;
Que celle^du canal de l'Yvette, avec nos machines à feu , nous laisse un avantage de quatre cinquièmes en profit, sans la supériorité de notre eau et son abondance intarissable;
Qu'il n'est pas vrai que nous fassions un monopole exclusif de la vente de Veau dans Paris j
Enfin , que l'auteur mal instruit n'a été exact, ni vrai , dans aucun point qu'il ait traité-
D'après cette réponse , on espère que si quelqu'un doit aller aux écoles d'arith?nètique , indiquées par l'auteur ( page 4o) ? étudier les leçons qu'il veut donner aux autres , et même au gouvernement , ce ne sera pas la compagnie que le public y renverra ; mais bien les joueurs à la baisse sur les actions des eaux, qui, s'étant abusés dans
leurs spéculations, ont ensuite abusé Tauteur de la brochure , et finiraient par abuser les pères de famille qu'ils chérissent , le public auquel ils s'adressent, et les possesseurs des actions, qu'ils dépouilleraient à vil prix , si on ne les arrêtait pas. Nous n'ajouterons qu'un seul mot.
Plus on recherche le but de cet étrange ouvrage , et moins on peut le concevoir. L'auteur sait que, depuis sept ans, des citoyens bien courageux, jaloux de voir la ville de Londres jouir d'un avantage qui manquait à la capitale de la France ^ ont consacré des fonds immenses à le lui procurer , et ne sont parvenus à leurs premiers succès qu'avec des travaux inouis , à travers des obstacles de tout genre , accablants ^ presque insurmontables.
A-t-il voulu flétrir leur cœur ; les détourner de porter à sa fin le seul établissement national qu'on connaisse dans cette ville ; leur enlever l'auguste protection dont sa majesté daigne honorer leur entreprise , en la discréditant aux veux des actionnaires et des consommateurs ; en inquiétant le public sur la qualité de l'eau qu'il doit boire; en armant tout le monde contre eux ?
Quand il pose partout des bases aussi fausses que ses résultats sont vicieux, est-il entraîné réellement par le désir de procurer à ses amis des actions que ceux-ci sont forcés de livrer sous un
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termç , à bas prix? ou bien s'est-il flallé de porter un coup mortel à l'entreprise des machinçs, à* feu , pour en favoriser quelqu'autre? A-t-il tronapé, s'est-il trompé, l'a-t-on trompé ? Est-ce projet,, erreur ou suggestion ? Nous croyons lui rendre, justice en adoptant le dernier soupçon.
Mais, quel qu'ail été son motif, on doit profondément gémir de voir un homme d'un aussi grand' talent , soumettre sa plume énergique à des intérêts de parti qui ne sont pas même les siens. Indifférents au choix de leurs sujets , c'est aux> avocats décriés à tout plaider en désespoir de cause : rhomme éloquent a trop à perdre èii cessant de se respecter ; et cet écrivain l'est beaucoup. '
Notre estime pour sa personne a souvent retenu l'indignation qui nous gagnait" en écriv^ant. Mais si, malgré la modéralion que nous riotra étions imposée, il nous est échappé cjuelqiféfe pression qu'il désapprouve , nous le prions de nous la pardonner. La célérttë d'une ré[iôliisè' qu'exigeait son mordant écrit, ne noiis â''pns permis d'être moins longs , ni'plus châliés. Aussi, de notre part t1n"est-ce pas assau l d'éloqtiénce , Affî àîscussion profonde et nécessaire" 'de la bbnlc'k un établissement qu'il a voulu t-éiidr^é douteuse. N6us avons combattu ses idées , saà's cèssfer d*adrriirer
son style. Heureux si la langueur du nôtre ne prive pas la vérité de l'attrait que la beauté du sien avait su prêter à Terreur î