DERNIER CODICILLE
Du 5 octobre 1613.
Sçachent tous qu'il appartiendra, que comme il y a quelques années que je fis et escris de ma propre main mon testament solemnel et autentique, avecques quelques petits codicilles de ma mesme main, dont je faisois mes héritiers et héritières compris dans lesdicts testament et codicille, et veux qu'il soit du tout entièrement tenu et exécuté: et d'autant que les exécuteurs contenus audict testament sont decedés, comme M. dc Lauzan , mon bon cousin, M. du Prc.tu, gouverneur de Chastelleraud, mon grand amy, et M. Thomasson, advocat à Perigucux, mon conseil , sont morts , je me suis advisé m'instituer madame la comtesse Durtal , ma chère niepec très-sage et très-advisée, d'en estre executeresse , en y appcllant tel sage et advisé personnage qu'elle sçaura bien choisir pour luy assister , d'autant aussy qu'elle est l'aisiiée dc tous ses frères et sœurs.
Et pour mieux approuver ce faict. j'ay donné toutes mes clefs, tant grandes que petites, tant celles dc Branthome qucd'icy, à M. Coustancie, pour les bien garder et serrer fidcllement, jusqu'à ce qu'il les ayt commises fidellement entre les mains de madicte dame la comtesse ; lequel me l'a ainsy juré et promis de le faire, sans les autrement commettre en autres mains que de madicte dame, luy enebar-
OPUSCULES DIVERS
géant sur-tout la recompense de mes serviteurs, . comprise et escrite dans mon testament.
lit d'autant que le terme seroit trop long pour faire l'ouverture dudict testament solcmnel , et faire trop attendre mes pauvres serviteurs, et servantes pour leur vie, je veux qu'ils vivent et soient entretenus de mes biens qui me sont deus, et rentes de la Sainct-Michel, lesquelles me sont deues, et vivent céans comme si j'estois en vie, jusqu'à ladicte ouverture, et qu'ils y fassent bonne chere ; car , dieu mercy, je laisse force vivres, tant icy qu'à Branthorae, tant de bled que de vin.
Et pour ma sépulture, il y a long-temps que je l'ay faicte baslir , et choisir ma chapelle de Richemond : et deux jours après ma mort , que mon corps soit mis dans une caisse bien proprement comme il faut , et la faire charger sur
. mes mulets , accompaignés d'aucuns de mes serviteurs et officiers de Sainct-Crespin , de Richemond et de Branthome, et là y faire un service honneste pour la srpulture , y appellant messieurs les religieux, auxquels j'ay laissé un honneste legat dans ledict testament ; le tout sans pompe et solemnité.
En ce que dessus, et qui est enclos en mondict testament et codicille, veux et entends eslre suivy selon sa teneur. Et pour plus ample tesmoignage, ay prié et requis les soussignés de signer à ma requeste au cliasleau de la Tour- Blanche, le cinq octobre 1613 , et outre ay prié et requis M. de Bourdeille de prendre et gouverner le tout, ainsy que par ceste-cy je luy donne pouvoir, eu présence de M. Doniminge , presire, et M. Girard , médecin , et de maislre Guillaume , apotiquaire.
FIN DES ŒUVRES COMPLETS DE PIERRE DE BOURDEILLE, Abbé séculier de Brantôme.