LETT
travailler à la fortification dudict lieu : ce que ledict seigneur de Bourdeille eust empesché s'il cust près de luy une compaignie de gens d'armes, laquelle feroit beaucoup plus de service en une heure que le grand nombre de compaignies de gens de pied qui sont levées en ce pays ne sçauroient faire en un an ; car la pluspart ne sert que de mander et fouler le pauvre peuple. De façon que si lesdictes compaignies ne sont payées et disciplinées autrement , les recepveurs ne pourront estre payés par deçà des tailles pour l'eUrcsme pauvreté en laquelle la pluspart des habiians de ce pays sont reduicts. A ce moyen serait bon que le roy y pourveust. car le seigneur de Loue a seullement avéeques luy une partie de la compaignie de monseigneur l'admirai , et ne fait aucun estât de celle du roy de Navarre.
Davantage, fairaentenrlre à Sa Majesté que le sieur de Bcaulieu , s'en allant , par son commandement , à Monteauban parler au seigneur deTerrides, fut desvalisé de trois chevaux et de deux cens escus , en un lieu appellé Sainct- Bricux, par les huguenots de Bergerac. Et affin que le service de Sa Majesté nefust retardé, ledict seigneur de Bourdeille accommoda ledict de Beaulieu d'argent et chevaux, comme ledict Beaulieu en escrit bien au long à la Reyne.
Pareillement sera remonstré a Leurs Majestés que le sieur de Bourdeille fust allé trouvé M. de Montpencicr à Foulenay, suivant le commandement que ledict seigneur luy avoit faict, n'eust esté qu'il attend de jour à autre le retour du seigneur de Ix>sse pour aller assiéger Bergerac, lequel luy a mandé de tenir prest la noblesse de ce pays à cest e ffect.
En outre qu'il plaise au roy avoir csgard à ce que le seigneur de Bourdeille , puis le renouvellement de ces troubles: a supporté tous les frais qu'il a fallu faire en ce pays pour assembler sa noblesse et gens de guerre , entretenir espions , messagiers et autres choses nécessaires pour le service de Sa Majesté. A ceste cause, qu'il luy plaise donner moyen, affin qu'il puisse continuer comme il désire de ny espargner vie ny biens.
Qu'il plaise aussy A Ses Majestés d'escrire aux seigneurs de La Douze, de Puyrlerogers , de Montanceys, de Las Coust, de Restigniacs ;
de Carlus et de Coust ures , qui sont gentilshommes fort affectionnés au service de Leurs Majestés , lesquels , pour cest effect , sont ordinairement en la compaignie du seigneur de Bourdeille, affin de les accourager à continuer cest assidu service.
Et honnorer tant les seigneurs de Montanceys et de Coustures que de bailler son ordre ; et de tous les susdicls articles faire respome audict seigneur de Bourdeille.