‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeille, abbé séculier de Brantome et d'André, vicomte de BourdeilleChapitre 120 sur 161 · XXXIV · texte numérisé non relu

XXXIV

Lettre du seigneur de Bourdeille à ta rejrne

mère.

Encritele 17 de may 1574

Madame,

Despuis la dernière depesche que je vous fis le cinquiesme de ce mois, concernant ce qui se passoil de par deçà, estant despuis venu nouvelle occasion de vous faire entendre en quel estast sout les affaires de ce pays, j'ay bien voulu depescher ce gentilhomme présent por- * leur pour vous en faire certaine; lequel vous discourra bien amplement sur le tout. Et aussy vous pourrez veoyr, par la lettre que j'escris au roy, leslasl de toutes choses. Et là dessus, madame, il vous plaira adviser qu'est-ce que je dois faire , afin que je mette peine d'exécuter fidcllement vos commandemens selon vostre volunté. J'adjousteray en ce faict l'affectionné désir qu'ont une infinité de gentilhommes de ce pays au service de Vos Majestés, afin que vous ne doubliez, madame, que tous n'employons de bon cœur nostre vie et ce qui en dépend pour ce faire. Sur cela, je feray fin, pryant Dieu, madame, qu'il maintienne Vostre Grandeur en toute prospérité, très-heureuse et longue vie.

e 17 may 1574.

D'ANDRÉ DR 1

Lettre du seigneur de Bourdeille au duc d'Alançon*

Ecrite le 17 de may 1574.

Mo> SL 1GN Kl; B ,

Parce que le roy m'a commandé expressément que je ne faillisse de l'adveiiit- de ce qui se passe en ce pays concernant son service, je n'ay voulu faire faute a depescher ce gentilhomme présent porteur, comme il vous dira, et comme pouvez veoir par la lettre que j'escris à Sa Majesté. Qui me gardera vous en faire plus longs discours, si-non que, incontinent que ledict porteur sera de retour, je ne fauldray d'aller vers vous pour obeyr à vos commandemeus. Et mettray toutes les peines qu'il me sera possible pour les accomplir : et par là cognoistrez que je n*espargneray ny ma fie ny mes biens pour ce faire. Par quoy, monseigneur, je vous supplieray très-humblement me tant honnorer que de le croire. Sur cela, je prie Dieu , monseigneur, qu'il vous donne la puissance de maintenir Vostre Grandeur en toute prospérité, heureuse et longue vie.

De Perigueux, ce 17 may 1574.

Mémoires baillés à La Beylie, pour faire entendre de remonstrer au roy ce que dessous, de la part du seigneur de Bourdeille..

Envoyés à Sa Majesté le 17 de may 1574.

Et premièrement, que ledict seigneur de Bourdeille, ayant entendu que le seigneur Puymartin avoit surprins une des portes de Sarlac et une tour , il avoit assemblé promptement plusieurs gentilshommes , ses parens et amis , pour le secourir, et mandé à deux compaignics de gens de pied qu'avoient esté laissées par le seigneur de Losse en ce pays, de se rendre promptement en ladicte ville de Sarlac. Et, estant prest de monter a cheval, fut adverty que ladicte ville estoit entièrement en l'obeyssance de Sa Majesté ; que fut la cause qu'il fit retirer lesdicts gentilshommes , affin de soulager le peuple , et envoya par devers ledict seigneur

iOUHDEILLE. 543

f 4c Puymartin par deux fois , pour entendre

eomrae toutes choses s'esloyent passées; lequel luy fit response telle que Sa Majesté pourra voir par les doubles des lettres dudict seigneur de Puymartin.

Aussy a esté adVertyque plusieurs de la religion de ce pays , qui n'estoy ent partis encore de leurs maisons depuis quinze jours en çà , sont allés trouver La Noue pour tous ensemble s'efforcer de combattre monseigneur de Montpencier.

Et , au contraire, partie des gentilshommes de Xainctonge , entre autres les seigneurs de Guitinieres , des Vergneul, Jonzac, Montandre le jeune, Russin, Fontaines et Mouzac, se sont retirés en leurs maisons, en délibération de ne suivre plus ledict La Noue, ains de vivre désormais en leursdictes maisons selon la voluntédu roy, et soubs le bénéfice de ses edicts ; auxquels Sa Majesté ad visera s'il sera bon qu'il leur escrive pour les retenir en ceste bonne volunté, en laquelle les gentilshommes, qui avoyent promis cy-devant audict seigneur de Bourdeille de ne partir de leurs maisons, ont persévéré despuis, tellement qu'ils luy ont confirmé ladicte promesse par plusieurs fois.

Aussy que, le quatorze du présent mois, le seigneur de Puydet ogers , ayant esté adverty qu'il passoit environ cent huguenots près de sa maison de Saincl-Almere , accompaigné seulement de vingt-cinq hommes , les chargea en ung village appelle Sainct-Geyrac, où il fut à la seconde charge extresmement blessé ; et un gentilhomme de ceux qui estoient avec luy , nommé le seigneur Labalue , homme de maison el de bonne espérance , y fut tué d'une harquebusade , et trois soldats des leurs , et plusieurs blessés. Et du costé desdicts huguenots y en demeura six ou sept; lesquels, se voyant chargés de telle furye, bien que la partie fust mal faicte , deslogerent de tel effroy dudict village de Sainct-Geyrac, qu'ils y laissèrent une charge d'eschelles de trois qu'ils conduisoient pour surprendre quelque place de ce pays, ensemble y laissèrent beaucoup d'autre» bagage.

Faut aussy remonster que lesdicts huguenots fortifient bien fort la ville de Bergerac, et, pour cet effet t, contraignent les paysans, de trois et quatre lieues des environs , d'aller

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