‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeille, abbé séculier de Brantome et d'André, vicomte de BourdeilleChapitre 123 sur 161 · QUADRILLE · texte numérisé non relu

QUADRILLE

sieur de Bourdeille, vous avoir en sa saincte garde.

Escrit au chasteau du boys de Vincennes le 26 may 1674. Catherine.

Et plus bas, Fizes.

Mémoire à La Bejiie de remonstrer ce qui s'ensuit à la reyne mere , de la part du seigneur de Bourdeille.

Premièrement , que le dimanche d'après la Pentecoste, ledict seigneur de Bourdeille fut adverty de la mort du feu roy, estant en ceste ville , ayant avecqucs luy plusieurs seigneurs et gentilshommes qui luy avoient faict ce bien de le venir veoyr. Il les fitappeller, ensemble messieurs de l'église et de la ville, leur remonstrant la perte que nous avions eu de la mort du feu roy, et que nous en avions un autre vray, légitime et successeur de la couronne, amateur de ceste France, et désireux du repos public, comme il a faict cognoistre plusieurs fois- par les victoires qu'il a obtenu de tant de belles baltailles ; qu'est le roy de Poulongne, lequel est à présent nostre roy.

Tous d'une voix promirent audict seigneur de Bourdeille de garder leur ville en sa subjection et obeyssance, comme à leur vray et légitime roy, et l'asseurerent qu'ils ne luy fauldront jusqu'à la dernière goutte de leur sang, M. le viscomte d'Orle y estant présent et aussy M. ladvocat gênerai du roy au parlement de Toulouse, qui estoit venu de prison. Ledict seigneur de Bourdeille en a faict autatit en la ville de Sarlac , les habitaus de laquelle luy ont faict pareille response. Il plaira à Sa Majesté de leur escrire , afin de les faire continuer en ceste bonne volonté.

Remonstrera aussy que, incontinent que ledict seigneur de Bourdeille eut entendu que les sieurs de La Vallette et de lx>ssc avoient mis en routte les viscomtes et leurs trouppes , estant adverty qu'ils vouloient passer au pays de Sarladois, il manda plusieurs gentilshommes de se trouver à Monligniac , là où il se trouva cinquante ou soixante gentilshommes. Et estant illec assemblés , ledict seigneur de Bour' dcille leur fit pareille remonstrance qu'il avoit

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faicte csdictcs villes de Perigueux etdcSarlac. Lesquels tous d'une voix firent response qu'il» employeroirnt leurs vies et biens pour faire très-humble service au roy comme ses bons sulyeets , mesmes les seigneurs de Rastigniac qui y estoient, et lesquels sont tousjours prests avecques trente ou quarante chevaux de leurs amys, quand ledict seigneur deBourdeille leur mande pour le service du roy.

Il avoit pieu au feu roy de donner aux seigneurs de Rastigniac l'abbaye de La Chastre en la faveur du roy présent ; laquelle abbaye est de grande conséquence pour ce pays ; par ce, il plaira à la reyne de leur escrirc el commander qu'ils la gardent bien , el n'en bougent jusqu'à la venue du roy.

Aussy faut remonslrer à Sa Majesté qu'on laissera faire la récolte des frutel» autour de Bergerac, aussy bien comme on a laissé fortifier la ville, et que les ennemys prennent tousjours quelques petits forts. Et si on n'y fait autre chose que ce qu'on fait , on cognoistra avecques le temps combien importe ladicte ville de Bergerac par toute la Guyenne, comme ledict seigneur l'a mandé par plusieurs fois- aud ici feu roy , et demandoit une compaignie de ses ordonnance» pour einpescher qu'ils ne courussent point si près de luy : remonstrant que le sieur de Losse n'avoit point de compaignie en ce pays, el que ceux de Bergerac viennent tous les jours courir ju.squrs auprès de ceste ville : ce que ledict seigneur de Bourdeîlleempcscheroit s'il avoit quelques forces. Parquoy, il plaira à Ses Majestés luy en bailler, ou luy donner congé pour s'en aller; car il y a quatre mois qu'il est en ceste ville, et a faict tout ce qu'il a pu pour conserver tout ce pays, et pour faire vivre tout le monde en paix ; mesmes ceux de la religion, qui luy avoient promis ne bouger de leurs maisons, ne bougent encor, et luy ont promis deresebef puis peu de jours ne bouger point.

Plus, remonstrera à Ses Majestés comment , quinze jours *vant la mort du feu roy ledict seigneur de Bourdeille, voyant que les seigneurs d'Aubeterrc el d'Achon se préparaient pour faire des assemblées l'un contre l'autre afin de faire la récolte des fruicts de ceste année de la baronnie d'Aubelerre , et , voyant que cela seroit préjudiciable au service de Ses

Majestés , et au foulemen t du peuple , il s'ad-

visa d'escrire à M. de Ruffec , et luy demanda qu'il trouvast moyen de faire condescendre ledict sieur d'Achon en accord , et que de sa part ledict sieur de Bourdeilleseasseuroilde faire venir ceux d'Aubeterrc à raison , luy remonstrant les inconvenicBS qui en pourraient advenir en son gouvernement. A quoyils avoient tant faict, qu'ils les avoient accordés pour ceste année.

En ce que la dame d'Aubeterre doit mettre le ebasteau dudict Lieu entre les mains du roy , ledict seigneur de Bourdeille supplye humblement Ses Majestés de le luy donner eu garde, el il y mettra un gentilhomme de bien et d honneur, pour garder fidellement ledict ebasteau eu son obeyssance. Etsi Sa Majesté octroyé cesle requeste, il luy plaira bailler commission pour l'entretenement de vingt-cinq hommes , leur capitaine et lieutenant , sur toute la terre dudict lieu d'Aubeterre et circonvoisins , ou autres lieux que bon semblera à Ses Majestés. Aussy faut avoir une autre commission pour faire payer les arrairages au capitaine Chambrelane de ceux qui n'ont pas voulu payer. Et, par ce moyen, ledict ebasteau d'Aubelerre sera tenu et observé en l'obeyssancc deSes Majestés.

Davantage remonslrcra comment ledict seigneur de Bourdeille a entendu que Sa Majesté a csrrit à M. de La Yauguyon et k messieurs des Gars et de Pompadour, de s'en aller trouver le seigneur de Montpencier; que sera cause que beaucoup de gentilshommes, tant du pays de Perigord que de Limos*m,s'en yront avecques eux; el. par ce moyen, lesdicts pays demeureront desnués de forces : et sera bien aysé aux ennemys de faire la recolle des fruicts , veu qu'il ne demeurera pas un seul homme à cheval en tout ce pays de Perigord pour les en empescher.

Quant aux seigneurs et gentilshommes de ce pays, ledict seigneur de Bourdeille les rassemble souvent , quand les occasions se présentent, pour le service de l^urs Majestés; mais sont gens volunlaires qui ne peuvent tousjours demeurer ensemble ; et , dés qu'ils sont retirés en leurs maisons, les ennemys tiennent la campaigne, et y sont à cesle heure de telle sorte, qu'il ne faut point que le roy s'attende de lever que bien j eu de tailles, ny estre payé de

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ses décime* ; s/il n'y esj rois antre ordre, parce que lesdicts ennemys tiennent et occupent tous les bénéfices de ce pays. A ceste cause , il est fort nécessaire d'y envoyer deux compagnies <|e geps-d'armes pour e$vifer ce que dessus.

Aussy reroonstrera à Ses Majestés que le fils ajsné d'Aubeterre est tousjours avçcque» ledict seigneur de Bourdeille, et que, de la part de langoyran, lu y a esté parlé de la trefve pour ce pays , comme ce présent porteur dira.

Fjnabjeraent, que le seigneur de Losse est devers. Sarjac , et a prins deux ou trois petits forts que les. ennemis tenoiept là autour. Et gue ledict seigneur de ftourdejlle attend sa tenue en ceste ville, pour mettre ordre et trouver moyen d'erapeseber que les ennemys ne fassent la récolte des fruicts; mais ils n'ont pas grand moyen de ce faire. Plaira à Ses Majestés de commander audiet seigneur de Bourdeille ce qu'il a affaire pour leur service.

Lettre du seigneur de Bourdeille à la reyne

Envoyée par U Beylie, le 26 de juta 1575. Madame ,

Le dimanche d'eraprès la Pentecosfe , je fus adverty du malheur qui estoit advenu à ceste pauvre France pour avoir perdu un si bonroy, vostre fils , qu'elle se seut fort désolée. Aussy avions-nous espérance, comme nous le voyions du tout ardent et affectionné, suivant en cela vostre bon advis et conseil , de y mettre une telle paix et union, qu'en bref nous eussions eu tousjours occasion de nous contenter.

Toutesfbis, madame, on dit, en commun proverbe , qu'après tant de pertes et malheurs qu'il plaist à Dieu nous envoyer, il tourne son ire , nous regardant d'un œil de pitié et miséricorde , et nous remet en prospérité , comme il nous sera tesraoigné, s'il luy plaist, à l'advenement du roy de Poulongne, vostre fils, nostre vray et légitime roy , lequel a par tant de fois donné expérience de sa grande providence rt vertu , que nous n'en pouvons espérer que tout bien et repos en ce pauvre royaume, lequel a très-grand besoing de sa venue. Et en l'at-

tendant , je luy voue, comme â mon roy , tout le fidèle service et obeyssance que doit un bon subject. Et vous, madame, je vous recognois comme la raere de mon roy et régente ; supplyant très-bumblement Vostre Majesté de me commander ce que je dois faire pour ni'acquitter du fidèle service que je vous dois.

Et pour vous faire entendre comme toutes choses se passent de par deçà , le jour mesme que j'entendis la mort du feu roy vostre fils, je appellis messieurs de l'église, de la noblesse et de la ville, leur déclarant nostre commune perte, et que Dieu ne nous avoit point du tout oubliés, nous ayant laissé un roy son successeur, lequel est doué de tant de vertus, que chascun n'en peut doubler, luy ayant veu fajrc ceste expérience tant de fois , et le tout en la faveur du repos public, qu'ayant ceste obligation , avecques la naturelle obeyssance que nous luy devons, il faut que nous remettions toute nostre affection et fidélité à son service. Ce que tous d'une commune voix m'asse urerent de faire, et, en son absence, vous recojjnoislre comme mère de nostre roy et régente. J'en ay autant mandé à ceux de la ville de Sarlac, qui m'ont faict pareille response.

Je croy, madame, qu'avez pour agréable ce que j'en ay faict , ayant procédé en cela comme l'affection et devoir me le commandoit. Aussy, madame, ces jours passés, craignant, comme il estoit bien apparent , que ceux d'Aubeterre et d'Achon s'assemblassent les uns contre les autres, pour la récolte des fruicts de la baron nie d'Aubeterre, et voyant que cela imporloit grandement le service du roy et le repos public, j'ay advisé escrire à M. de Ruffec, luy remonstrant les toconveniens qui pourroient advenir en son gouvernement , le pryant de les accorder de ces fruicts pour ceste année, l'asseurant que je ferois venir ceux d'Aubeterre a raison , comme despuis ils ont faict ; et sont d'accord, par telle convenance, que la dame d'Aubeterre doit reroestre le chasteau dudict lieu en l'obeyssance du roy, aux conditions que ce gentilhomme présent porteur vous dira. Vous supplyant trèshumblement , madame, de considérer combien ledict chasteau importe pour le pays , et le remet tre entre mes mains; car je vous nommeray gentilhomme de bien et d'honneur.

Il vous i pieu me mander, par le gentil-

homme que je vous avois envoyé, que je ne bougeasse encor de ce pays. Il vous plaira me commander ce que je dois faire. Et , sur cela , je prieray le Créateur, madame, qu'il veuille mainctcnir vostre grandeur en toute prospérité, très-longue et heureuse vie.

De Perigueux, ce 29 juin 1674.

Lettre du seigneur de Bourdeille au duc d'Alançon.

E#crile le 29 de juin 1574.

Monseigneur ,

Le malheur m'a esté si grand par les trois fois que je me suis acheminé, mesmes à ce coup, estant presl à monster à cheval pour aller devers vous , afin de vous faire cognoistre combien je vous suis fidèle serviteur; mais lareyne, vostre mère, m'a mandé, par le gentilhomme que j'avois envoyé devers le feu roy vostre frère, que je ne bouge d'icy.

A ceste cause , j'ay depesché ce gentilhomme présent porteur, pour sçavoir ce qu'il luy plaira me commander, et luy fais entendre comme toutes choses se seront passées de par deçà , comme vous pourrez entendre par cedict porteur.

El puisque j'ay ce malheur de ne vous veoyr sitost que je desircrois bien , je prendray la hardiesse de vous mander ce pelit mot, pour vous supplyer très-humblement de penser et veoyr combien la pauvre Fiance est désolée par la mort du feu roy vostre frère : laquelle ne se peut remettre sans vostre bonne ayde et conseil que devez donner à la reyne vosire merc; laquelle ne désire autre chose que la grandeur du roy vostre frerc et la vostre, avecques le repos de ce pauvre royaume. Et en ce faisant, monseigneur, nous ne pouvons espérer que une bonne paix, en attendant la venue du roy vostre frère: lequel estant icy, par les prières et supplications que vous luy ferez pour ce pauvre royaume tant affligé, nous recepvrons toute consolation et rcsjouyssance, que vous sera un ios immortel : et l'union et amylié de vous deux baillera crainclc et intimidation à tous ceux qui voudraient entreprendre sur vos grandeurs et

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couronne de France, qui ne se peut autrement conserver que par ce moyen.

Vous suppliant très-humblement, monseigneur, me vouloir pardonner si je vous parle en ceste façon ; c'est le zelle que j'ay au service de vous deux , pour lesquels je sacrifieray tousjours ma vie. Si vous voyez que mon service vous soit agréable auprès de vostre personne , je vous supplyeray très-humblement d'obtenir mon congé de la reyne vostre mere, vousasseurant que je ne fauldray d'y aller. Et attendant vos commandemens . je prieray le Créateur, monseigneur, qu'il maintienne vostre grandeur en toute prospérité, très-longue et heureuse vie.

De Perigueux, ce 29 juin 1574.

Lettre du seigneur de Iiourdeille à la reyne mere.

Enroyée par le baron d'Anton , le 8 de juillet 1574. Madame,

Je despeschis un gentilhomme devers Vos Majestés le trentiesme du mois passé, par lequel je vous ay faict entendre tout ce qui se presentoit de par deçà, et, entr'autres choses, qu'on parloit de faire la trefve en ce pays. Le seigneur de Losse est arrivé icy il y a deux jours, auquel j'ay communiqué de ladicte trefve, ce qu'il a trouvé fort bon, et a esté d'advis que j'ay renvoyé devers le sieur de Longa, lequel m'en avoit parlé, pour sçavoir ce qu'il vouloit dire, et pour le vous faire sçavoir ayant sceu leur volunté. Et si avez faict la trefve avecques ceux de Poictou, Xainlonge et Angoulmois, comme on dit, vous feriez fort bien d'envoyer icy de la cavallerie, afin de contraindre les ennemys de faire plustost la trefve.

Et si on voit qu'ils soyent opiniastiés à la faire, vous pourriez commander à monseigneur de Montpensier de y venir luy-niesme en personne à toutes ses forces, avecques commandement à M. de Biron de donner pouldres et artilleries pour aller assiéger Bergerac , lequel est de grande conséquence pour le service du roy, et aussy pour obvier à plusieurs desseins qu'ila ont ; car ils attendent les forces qu'on dit venir de Languedoc pour se joindre avecques eux,

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qu'est quatre mille harquebusiers et mille ctae- i vans, lesquels s'en viennent en ce pays, parce qu'on dit que la trefve est faicte de ce cosié là. Aucuns disent que c'est pour aller en France. : Et s'ils s'assemblent, ils prendront des places en ce pays, qui seront mal-aysées à reprendre s'il n'y a de la cavallerie.

I Car je vous asseure, madame, que ledict seigneur de Losse n'a pas un seul homme à cheval, si n'est quelques gentilshommes qui sont à sa suite pour leur plaisir. Et si ne mettez ordre en ce pays bien tost,je crains bien qu'il y adviendra plus de malheur que vous ne pensez. Par quoy, madame, il vous plaira d'y adviser. Ce gentilhomme présent porteur vous I fera entendre plus amplement ce qui se fait au ' pays de Gascoigne, car il y a esté toutes ces i guerres avecques M. de Vesin , et en vient ; vous asseurant qu'il est bon serviteur du roy. Il a ' quelques affaires devers Vosdictes Majestés. Je [ voussupplye très-humblement, madame de luy ' octroyer sa requeste, afin qu'il continue tous- ! jours à vostre service.

Sur cela, je prieray le Créateur, madame, qu'il veuille mainctenir vostre grandeur en toute prospérité et très-longue vie

De Perigueux, ce 8 juillet 1574.

Lettre du seigneur de BourdeUle à la re/ne mere.

Envoyée par le sieur de Sainct-AJvere , le28 juillet 1574. Madame,

Le sieur de Sainct-Alvere s'en va devers Vos Majeslés pour quelques affaires qui sont d'importance pour luy. Je fusse esté bien ayse qu'il n'eust bougé d'icy, pour l'affection et bon zelle qu'il a au service du roy en ce pays, comme il l'a bien monstré durant ces guerres. Mesmes il n'a espargné sa vie ny ses biens pour mettre une ville et un fort appellé Trimolac en l'obeyssance de Sa Majesté, ayant tué et desfaict un nommé le capitaine Cabeis qui y commandoit avecques plusieurs de ses soldais; et tout ce qu'il en a fiiict a esté à ses despens; et a tousjours esté prest à se mettre eu campaigne, luy , et tous ses moyens, quand je l'ay mandé pour i

le service du roy, comme je l'ay mandé au roy vostre fils. Par quoy je vous supplye très-humblement, madame, de commander qu'il soit depesclié de ce qu'il demande, qu'est fort raisonnable, afin qu'il s'en vienne en ce pays pour vous y faire service. Et me semble que c'est le meilleur de depescher promptement ceux qui ont des affaires, et de les envoyer chascun en sa province, mesmes ceux-là qui ont le moyen et bon zelle de faire service à Vos Majestés, comme a ledict sieur de Sainct-Alvere.

C'est tout ce que je vous puis mander pour ceste heure touchant les affaires de ce pays. Sur quoy je prieray Dieu, madame, qu'il maintienne vostre grandeur en toute prospérité, très-longue et heureuse vie.

De Perigueux, ce 26 juillet 1574.

Lettre du seigneur de Bourdeitle à ta rernt mere.

Enroyée par Lâ Bu**iere le 8 d'aount 1574. Madame,

J'ay receu la lettre qu'il a pieu à Vostre Majesté m'escrire du dixiesme de juillet, et suis très-ayse du contentement qu'il vous plaisl avoir de moy de ce que je fais pour vostre service très-humble , n'ayant jamais eu autre volunté ne intention que d'y employer et ma vie et mon bien; ce que j'espere continuer toute ma vie.

J'ay cognu, madame, que n'avez cru de moy ce que j'ay esté adverty vous avoir esté rapporté par un nommé La Borye de ceste ville, lequel, soubs semblant de vous eslre bon advertisseur, vous a dict chose qui n'entra jamais dans mon cœur; ce que j'ay chargé ce gentilhomme présent porteur vous remonstrer, lequel je vous supplye très - humblement ouyr et croire, ensemble d'autres affaires concernant le service de Vos Majestés. Comme il porte par mémoires bien amples, vous avez, en faveur dudict La Borye, divisé Testât déjuge criminel d'avecques le civil, au grand préjudice de celuy en est pourveu il y a trente ans, et en a payé deux fois finance, et s'y est tousjours comporté

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