‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeille, abbé séculier de Brantome et d'André, vicomte de BourdeilleChapitre 135 sur 161 · CI · texte numérisé non relu

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APPENDICE

deux paroisses, et en avoit pris possession. Les sentiments duroy de Navarre, peu favorables au baron de Bourdeille, se connoissent encore mieux par le procès qui étoit pendant entre eux deux au grand conseil.

Cependant Anne de Vivonne trouva moyen, non-seulement de terminer ce procès, mais elle obtint même de ce roy des lettres patentes , le 16 octobre 1643, par lesquelles ce monarque, comme comte de Périgord, céda à la dame de Bourdeille, qu'il qualifie femme de corps de la reine sa très-chère compagne, tout le droit et action qu'il prétendoit avoir sur la terre , justice et baronnie de Bourdeille , de quelque valeur qu'il put être : il la subrogea en sa place elle et ses ayants-causes , s'en réservant seulement L'hommage à luyet à ses successeurs comlesde Périgord. Le baron de Bourdeille avoit donné sa procuration , dès le 21 septembre de cette année 1646, pour rendre sou bommage au roy de Navarre.

Messire François de Bourdeille, chevalier, seigneur et baron de Bourdeille et de la Tour- Blanclie , fil , en ces qualités seulement , son testament le 28 janvier 1446, par lequel il donna l'usufruit de ses biens a Anne de Vivonne , sa femme, dont il reconnut avoir reçu pour dot la somme de dix-huit mille livres. Il légua à Magdelainc de Bourdeille , leur fille à marier, sa maison noble de la Feuillade, avecques des rentes en la paroisse de Chalvard ; le tout rachctable par sou héritier universel , dans onze années , pour la somme de onze mille livres : déclara que Françoise de Bourdeille, leur autre fille, n'a voit rien à prétendre dans sa succession, attendu qu'il lu y avoit donné une pension de trente livres, lorsqu'elle avoit fait profession de religieuse à Sainte-Croix de Poitiers, et qu'il avoit payé ses bulles pour l'abbaye de Ligneux, que luy avoit résignée dame Jeanne de Bourdeille , sœur du testateur. Il légua aussi a Jean de Bourdeille , son fils, doyen de Saint-Yrierla -Perche , au diocèse de Limoges, et prieur de Saint- Vivien, près de Xainles, la somme de cinq mille livres pour tous ses droits seulement, en considération des dépenses montant à plus de trois mille livres, que le testateur avoit été obligé de faire, tant pour le faire présenter au roy , que pour les procès de ses bénéfices. Plus, à Pierre de Bourdeille, autre

fils, sa jurisdiction de la Commarchc, avec quelques rentes, et à Jean de Bourdeille, le plus jeune de tous ses fils , la métairie de Lurquet ; l'un et l'autre de ces deux legs rachelables par son héritier universel sous l'espace de onze ans, chacun pour la somme de huit mille livres. Il permit à ses enfants de se faire inhumer dans l'église de Cercles , institua pour son héritier universel André de Bourdeille, son fils aîné, le substituant à ses frères Pierre et Jean le jeune, et ses frères à luy, chacun à leur rang ; à condition que si Pierre et Jean de Bourdeille le jeune, cy-dessus nommés, venoient à recueillir la succession du testateur, ils seraient tenus de donner chacun à leur tour la somme de six mille livres au doyen de Saint- Yrier, leur frère, qu'il substitua aussi à leur deffaut, et il nomma pour exécuteurs de ce testament , sa femme , le seigneur de la Force son beau-frère, avec les seigneurs de Lauzun , de la Douze et d'Aubelerre.

Ce seigneur de la Force étoit François de Vivonne , frère de la dame de Bourdeille . et seigneur d'Ardelay , qui se trouvoit aussi seigneur de la Force, par Philippe de Beaupoil , sa femme , dame de la Force , laquelle par un second mariage porta ensuite cette terre dans li maison de Caumont : mais ce François de Vivonne fut encore plus connu sous le nom de seigneur de la Chataignerayc qu'il portoit, lorsqu'en 1647 il fui tué en combat singulier par le seigneur de Jarnac, en présence du roy Henry II.

On ignore le temps de la mort de ce baron de Bourdeille, ainsi que le fondement sur lequel on ajouta dans la suite à son titre de baron celuy de vicomte de Bourdeille , qui se trouve dans les actes cy-après.

Brantosme dil de son père, qu'il étoit homme scabreux , haut à la main , mauvais garçon, et si familier avecques le maréchal de Montpezat , qui avoit épousé madamoiselle du Fou , cousine germaine du baron de Bourdeille, qu'il avoit donué à ce maréchal le sobriquet de Lèclie-Ecuelles de cour; comme persuadé que ce maréchal avoit obtenu sa dignité , plus par ses import unités et sa résidence à la cour, que par des services importans. (Brantosme, Hommes illustres françois.)

La dame de Bourdeille fut attachée à la revue de Navarre Marguerite d'Orléans , jusqu'à la mort de celle princesse , qui arriva en 1649: c»

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il parolt que, du service de la mère, elle passa à celuy de sa fille Jeanne d'Albret , reyne de Navarre , et femme d'Antoine de Bourbon , comme on le peut juger par deux certificats du trésorier de cette maison , des 27 juin 1548, et 10 septembre 1651 , qui portent que la daine le Bourdeille étoit l'une des dames de corps de la reyne de Navarre. Cependant la dame de Bourdeille est seulement nommée Anne de Vivonnc , veuve de feu mcssire François de Bourdeille , chevalier, vicomte et baron de Bourdeille, sans autre qualité, dans le lestament du 23 février 1554, de Louise de Daillon, dame douairière de la Chàtaigneraycsa mère, qui la chargeant de l'exécution de ce testament, luy fit aussi donation de tous ses biens, a condition de payer ses dettes , et de donner la somme de six mille livres à Jeanne de Vivonne, autre fille de la testatrice , et veuve de messire Claude de Clermont , chevalier , vicomte de Brezy , pour payement du reste de sa dot.

Au reste , le crédit de la dame de Bourdeille, dans la nouvelle cour de Navarre , non-seulement se soutint comme dans la précédente cour, mais semble même avoir été en augmentant ; car Jeanne d'Albret, et Antoine de Bourbon sonmary, confirmèrent la cession faite l'an 1543 en faveur de- la dame de Bourdeille, par le roy Henry d'Albret , leur père, et ordonnèrent par leurs lettres , dattées de Nérac le 8 may 1556 , à leur procureur général en leur cour de Périgord , de procéder à l'enregistrement et insinuation de cette confirmation pour leur trèschère et bien-aimée Anne de Vivonne , dame de Bourdeille. C'est le traitement qu'ils luy donnent dans ces lettres.

La dame de Bourdeille cat qualifiée Anne

de Vivonne , dame d'honneur de la reyne de Navarre , veuve de messire François de Bourdeille, chevalier , vicomte , baron et seigneur de Bourdeille, de la Tour-Blanche et de la Commarche , dans le testament qu'elle fit le 26 de may 1557. Par cet acte , elle légua deux cens livres de pension viagère à Françoise de Bourdeille , sa fille , abbesse de Ligueux : cinq mille livres une fois payées à Pierre de Bourdeille , son fils, doyen de Saint-Yricr, et abbé de Brantosme; quatorze cents livres à Jean de Bourdeille le jeune , son fils ; et ordonna que si ledit Jean ne vouloit pas se contenter de ce legs, avec ce qui luy étoit échu de la succession paternelle et de celle de feu Jean de Bourdeille , aussy fils de la testatrice , on luy donneroit pour tous ses droits les seigneuries d'Ardelay et de Na tiers, cédées cy-devant à la dame de Bourdeille par messire Charles de Vivonne , seigneur de la Cnâtaigneraye , son neveu. Elle institua pour son héritier universel André de Bourdeille , son fils aîné, fil des legs à ses principaux domestiques . dont entre autres étoit Hélie des Ailes , écuyer , son maître d'hôtel; et elle nomma pour exécuteurs de ce testament messire François de Caumont , chevalier, vicomte et baron de Lauzun ; messire Charles de Vivonne , chevalier, seigneur de la Cnâtaigneraye ; Pierre de Salignac, seigneur de I figuillac , prieur de Cercles, protonotaire apostolique ; et dame Jeanne de Vivonne, dame de Dampierre, sœur de la testatrice. On peut voir dans les Dames ^allantes de Brantosme, et dans les Dames illustres, (Vie de Marguerite de Navarre, reyne de France) , la confiance qu'avoit la reyne de Navarre Jeanne dans la dame de Bourdeille.

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