‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeille, abbé séculier de Brantome et d'André, vicomte de BourdeilleChapitre 134 sur 161 · MAISON DE BOURDEILLE · texte numérisé non relu

MAISON DE BOURDEILLE

DEPUIS LE PERE DE BRANTOSRi

F ANÇOIS DE

François, baron et premier vicomte de Bourdcille, deuxième du nom, fut élevé page de la reyne Anne de Bretagne , et au sortir de page, servit dans les guerres de là les monts .

C'est sans doute le même seigneur de Bourdeille dont la Colombière fait honorable mention dans son Théâtre d'Iwnneur, tome 1, où est rapporté le tournoy fait à Paris au mois de novembre 1514, par le duc de Valois, qui depuis a été le roy François 1 , a l'occasion du couronnement de Marie d'Angleterre , troisième femme du roy Louis XII. Il y est dit , page 197 : « Le mercredy troisième journée, Bourdcille a rompu de croisée contre Bayard ( qui éloit le fameux chevalier sans reproche ), et oot très-bien rompu tous deux. Page 206, etc.: Lelundy27 novembre, septième journée, Bourdeille à l'espée contre Boqual, et ont bien combattu. » 11 paroît par le récit de ce tournoy que le seigneur de Bourdeille fut tousjours des assaillants et de la bande du duc de Valois , ce qui donne lieu de croire qu'il étoit encore le même François de Bourdeille , homme d'armes de la compagnie des ordonnances sous monseigneur ( duc de Valois cy-dessus ), et qui en cette qualité est nommé dans les monstres faites au Stabat (ancienne ville du Dauphiné , qu'on dit estre à présent le bourg de Monestier-Briauçon) le 26 octobre 1612, et à Noyon le 24 février 1614.

Après l'avènement du-duc de Valois a la couronne de France, sa compagnie d'ordonnance passa sous le commandement du Bâtard de Savoye, comte de Villars, sous les ordres duquel François de Bourdeille continua de servir en la même qualité d'homme d'armes suivant les monstres faites à Bourges le 24 may 1516, et le 3 septembre de cette année au camp de Sturbigo en Italie.

Au reste, la plupart des hommes d'armes de cette compagnie étoieut gens de qualité , tels que François de Mareuil , Guy de Lavai , François d'Escars , François de Poligoac, Fiacre de Salignac, Jacques de Cliambray, Artus de Vivonne, Jacques de Clermont, Antoine de la Roche-Chandry, et quantité d'autres dont le nombre seroit trop long à rapporter. Aussy trouva-t-on parmy les combattants du tournoy du moisde novembre 1614, la plupart des noms des hommes d'armes de la compagnie du duc de Valois.

C'est donc à ce François de Bourdeille, deuxième du nom , qu'il faut de même attribuer ce que dit Brantosme : que François de Bourdeille , étant encore jeune , fil le voyage de Naples , qu'il se trouva à la journée de Gaglian sous le capitaine Bayard, et qu'il fut fort blessé à la baltaille de Pavie. Tous ces faits arrivèrent sous les règnes de Louis XII et de François I.

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Certainement François, baron de Bourdeille, I premier du nom, n'étoit plus dans la première jeunesse lors des guerrcsd'ltalie sous Louis XII, ; puisqu'on l'a vu qualifié eschanson des comte et comtesse d'Angouléme dès l'année 1467 , et marié en 1482. 11 devoit même être plus que sexagénaire lors du tournoy de 1614; et moins louché du plaisir de pareils exercices que des soins d'une mort prochaine, comme le prouve son testament du 2 novembre 1515, par lequel il institua François 11, qui forme ce degré, son fils aîné, pour son héritier universel dans la baronnie de Bourdeille, avec les terres et seigneuries de la Tour-Blanche , de Grésignac , Coustures, Celles et Bertrie, le chargeant de retirer les terres de Douzillac et de Beuronne des mains des seigneurs et dames de Saint-Aulaire,qui en jouissoient par engagement de dot.

D'ailleurs on ne peut se dispenser de convenir alors que la dignité de chevalier, qu'on n'aeeordoit qu'en considération de services militaires, et dont cependant François de Bourdeille, deuxième du nom, étoit revêtu dès l'année 1618, démontre bien clairement que toutes les actions cy-dessus rapportées le regardent personnellement, et ne sçauroient être attribuées à son père , qu'on ne trouve nulle part avec la qualité de chevalier, et qui ne vivoit plus en 1518.

Noble et puissant messire François de Bourdeille, chevalier, baron de Bourdeille, seigneur des chastellenies, terres et seigneuries de la Tour-Blanche, de Grésignac, Celles, Bertrie et Coustures, se faisant fort de sa mère alors veuve, est ainsi qualifié dans son con tract de mariage, passé au château d'Enville le 9 de mars 1518, avec damoiselle Anne de Vivonne, fille atnée de noble et puissant messire André de Vivonne, chevalier, seigneur de la Chastaigneraye, d'Enville et d'Ardelay, conseiller et chambellan ordinaire du roi , séneschal de Poiclou, et de dame Louise de Daillon.

La damoiselle de Vivonne fut dottée de la somme de 18 mille livres pour tous ses droits. Elle étoit nièce à la mode de Bretagne de Claudine de Brosse , morte duchesse de Savoye en 1513 et cousine du troisième au quatrième de René de Brosse , dit de Bretagne, comte de Penthièvrc, tué à la battaille de Pavie en 1521. Les généalogies des maisons de Vivonne et de

Daillon sont rapportées dans V Histoire des grands officiers de la couronne , tome VIII, pages 189 et 764.

Ce mariage augmenta l'attachement du baron de Bourdeille pour le séjour de la cour , d'autant plus aisément, qu'il en goûtoit les amusements, et que le seigneur de Vivonne, son beau-père, y fut en grand crédit pendant quelque temps. Aussi le trouve-t-on employé sous le nom de Frauçois de Bourdeille depuis l'an 1520 jusqu'en 1530, au nombre des pannetiers du roy, à 400 livres de gages, dans un état de la maison du roy François I, de l'année 1515 ù 1546. Il avoit , suivant cet état, pour collègues dans la même charge, Antoine de la Hoche - Foucault , seigneur de Saint-Amant; André de Crussol, séneschal de Beaucaire; Jean de Levis, seigneur de Mirepoix ; Louis de Roche-Chouart , seigneur deMortemart , et quantité d'autres seigneurs, qui tous regardoient cet employ bien différemment de ce qu'on en pourrait penser de nos jours.

Le baron de Bourdeille parut dans la bande de l'admirai de Bounivet au tournoy qui se fit le 11 juin 1520, lors de l'entrevue du roy avecques le roy d'Angleterre entre Ardres et Calais. Il servit ensuite en Guyenne sous le maréchal de Chàtillon-Coligny, et après la mort de ce maréchal, arrivée a Acqs le 24 août 1522, le roy écrivit à monsieur de Bourdeille une lettre dallée de Blois le 8 août, sans datte d'année, par laquelle Sa Majesté, après luy avoir témoigné qu'elle e&t instruite des bons secours qu'il luy a donné sous ce maréchal , son lieutenant en Guyenne, elle le prie de se rendre près le maréchal deChabannes, qu'elle envoyé remplacer le deffunt, et qu'elle aura bonne souvenance de ses services , ainsi que de ceux-cy devant faits.

Le baron de Bourdeille passe en Italie , où il futblesséa mort à la battaille de Pavie en 1524, étant auprès de M. de la Trimouille,qui y perdit la vie. Leur union étoit fondée sur la reconnoissance qu'avoit la maison de la Trimouille de la restitution que le cardinal de Bourdeille luy avoit fait faire de la vicomte de Thouars par le roy Louis XI (Brantosme , Hommes illustres). Mais il faut s'en tenir à ce qui a été rapporté cy-devant à l'article du cardinal de Bourdeille. On ne connoit

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les services qu'il y rendit que par ce qu'on en dit cy-dessus d'après Brantosme; mais on ne sçauroit douter qu'il fût alors absent du Périgord. Le con(ract de mariage , du 21 d'octobre 1523, de sou frère Gabriel en est la preuve, ne faisant aucune mention de luy, quoyque ce Gabriel fût celuy de ses frères avec lequel il parott avoir eu le plus d'union.

Le baron de Bourdeille avoit arrenté , le 12 mars 1522, la tour dite de Bourdeille, située en la châtellenie d'Agonac, à Jean de Lagut , seigneur de Montardit. On a vu cy-devantque, dès l'année 1044, Hélie , seigneur en partie de Bourdeille, possédoit des biens dans la châtellenie d'Agonac; que ses successeurs en jouirent; et que l'un d'eux, aussy nommé Hélie de Bourdeille, en rendit hommage, l'an 1246, à ïévêque de Périgueux , qui le reconnut pour son chevalier : dignilé qui parolt avoir élé le fondement du droit des barons de Bourdeille d'occuper la première place de baron à l'entrée des évèques de Périgueux. Cependant, en 1625, après le retour du baron de Bourdeille de son voyage d'Italie, la contestation des quatre barons du Périgord pour la presséance se renouvella à l'occasion de l'entrée de Jean de Plas, nouvel évèque de Périgueux. Cette presséance fut encore adjugée au baron de Bourdeille, qui se trouvoit alors en Périgord, suivant le Gallia christiana, édition de 1720, tome U, page 1483, D. Sur quoy on peut faire les observations suivantes , afin que le lecteur décide luy-même du droit du baron de Bourdeille.

I. On ne trouve, chez les seigneurs de Mareuil, la qualité de baron que dans le xv* siècle. D'ailleurs la minorité du baron de Mareuil p en 1525, n'étoit pas une raison valable de le priver île son droit de prééminence s'il en avoit eu, d'autant plus qu'il luy fut permis, ainsi qu'aux autres barons, de faire leurs fonctions par procureurs.

II. Dans un grand nombre de titres du xive siècle des seigneurs de Beinac en Périgord , on ne voit point énoncée la qualité de baron. Depuis ce temps on trouve, entr'autres actes , une quittance originale , et scellée du dernier mars 1407, après laquelle est Pons de Beinac, qui se qualifie seigneur de Beinac et de Commarque, chevalier ; c'est apparemment ce même Pons, qui, étant chevalier bannerct, servoit

HANTOBE. II

dès 1418 à 1420 sous les ordres d'Arnaut de Bourdeille, chevalier banneret, etséneschal de Périgord , et qu'après la mort de ce séneschal disputa sa charge à Goufier Hély, seigneur de Villac, comme ont l'a vu cy-devant.

111. Il semble donc qu'il n'y avoit que le baron de Biron qui pût disputer la presséance au baron de Bourdeille. Or, la baronnie de Biron, ainsi que les autres terres de Pierre de Gontaud , ne furent transférées qu'en 134S dans le ressort de la séneschaussée de Périgord, de celuy de la séneschaussée d'Agenoisoù elles étoient auparavant. Histoires des grands officiers de la couronne, tome VII, page 299, 300. Ainsi, comme Hélie de Bourdeille étoit en possession de la qualité de baron avant Tan 1346, comme le prouve son testament , et que d'ailleurs sa terre de Bourdeille étoit de tous temps située dans le Périgord, son droit paroissoit le meilleur, et ne pou voit être contesté que par le baron de Biron. Aussi cette presséance se trouve-t-elle confirmée en faveur du baron de Bourdeille , par le procèsverbal de l'assemblée des trois états du Périgord, tenue les 18 janvier, 4 et 18 février, et 3 juin 1525 et 1526, dans lequel messire François, baron de Bourdeille , y est nommé le premier des quatres barons de Périgord. Cependant on fit dans la suite quelques tentatives pour favoriser le baron de Biron, dont lanaissance et les services méritoient autant d'égard que le baron de Bourdeille; mais ces tentatives ne réussirent pas.

Ce fut à ce baron de Biron, nommé Jean de Gontaud, que le baron de Bourdeille céda ses droits sur la châtellenie de Monferrand, pour la somme de huit cents livres : ce qu'on apprend par le procès qu'il soutint contre Jean de Bourdeille, son frère, sur la succession de leur père : procès qui ne fut terminé qu'en 1527 , et qu'on a rapporté à l'article de ce Jean de Bourdeille. On n'a point encor découvert avec certitude le fondement de ces droits des barons de Bourdeille sur la châtellenie de Monferrand, quoy qu'ils fussent depuis long-temps dans leur maison : et tout ce qu'on en peut croire, c'est qu'ils étoient apparemment une suite des promesses de la dot de Faès de Biron , femme d'Hélie de Bourdeille, quatrièmes ayeuls Guillaume de François II, laquelle étoit fille de

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de Biron, seigneur de Monfcrrand , dont l'hé- i ritière par plusieurs degrés éloit mère de Jean de Gontaud , baron de Biron.

Danioiselle Ililaire do Fou , par son testament du 25 septembre 1529, institua le baron de Bourdeiile , son fils alué , l'un de ses héritiers universels et exécuteurs testamentaires : et damoiselle Anne de Vivonne , sa femme , stipula pourluy dans pet acte; ce qui prouve qu'il éloit alors absent.

Le roy François 1, écrivit une lettre dattée de Dijon , le 22 janvier 1529 , à M. de Bourdeiile, pour luy ordonner de se rendre au plus tôt prèi> du roy de Navarre , sou lieutenant général et gouverneur en Guyenne ; de faire ce qui luy sera commandé par ce prince, et de se garder sur la vie d'y faire faute. Le style de cette lettre peut faire soupçonner qu'il avoit perdu les bonnes grâces du roy. Aussi le baron de Bourdeiile u étoil plus pannçlier du roy eu 1530, comme on l'a vu cy-devant ; et on le voit depuis ce temps occupé de discussions continuelles qu'où luy suscita de différent côtés; mais on ne connoit point la raison de celte disgrâce; à moins de l'attribuer aux discours peu respectueux que le seigneur de Vivonne, son beau-père, avoit tenus à la mère du roy et régente , sur le refus de quelque grâce , et qui auroient pu influer sur le gendre. Ces discours sont rapportés dans les Mémoires de Castelnau et fout entendre que celte princesse, étant comtesse d'Angoulème , en usoit familièrement avec ce seigneur de Vivopne; qu'elle Pappelloit alors sou cousin et bon voisin ; mais que lorsqu'elle se vit régente , le changement de son état fil aussi changer ses sentiments à l'égard du seigueur de Vivonne.

Foucaud de Bonneval , ayant succédé dans l'évèché de Périgueux à Jean de Plas, fit renaître la querelle des quatre barons de Périgord sur la presséance à son entrée. Celte affaire devint plus vive qu'elle ne l'avoit encore été , car quelques-uns des barons se préparèrent à se rendre en armes à cette entrée , accompagnés de leurs vassaux , parents et amis ; et le nombre de ces gens ai més éloit de trois à quatre mille hommes, s'il en faut croire une sentence du lieutenant général de la sénesçhausséc de Périgucux, du 30 décembre 1531 ,

portant deffense de ces voyes de fait sous peines aux contrevenants d'être punis comme transgresseurs des commandements du roy, de ses ordonnances , et de la justice.

Il y fut aussi ordonné, à la requisitioD du procureur du roy, que pour cette fois seulement , et sans préjudice aux droits de chacun des quatre barons , on les nommeroit tout à la fois, sans dire leurs noms et surnoms, sous l'appellation générale des quatre barons de Périgord ; et que l'évêque seroit porté à sa nouvelle entrée par quatre autres personnages choisis à cet effet.

Le baron de Bourdeiile fit sa protestation par procureur, le 1 janvier 1531, contre la résolution de l'évêque de se conforme* à cette sentence; et déclara que, comme premier baron, la place la plus honorable, qui éloit celle de la main droite , luy appartenoit ; qu'il étoit prêt de faire ses fonctions ; et que sicef i élat luy en faisoit refus, c'est qu'il vouloit favoriser aucun des barons son allié. En effet , le baron de Biron avoit épousé en 1519 Renée Anne de Bonneval , nièce du nouvel évèque de Péi igueux.

On ne sçait point quelle fut la fin de cette discussion; mais en 1534, à la convocation faite le 15de may de cette année pour le ban et arrière-ban de Périgord par le séneschal de ce pays, le baron de Bourdeiile prétendit qu'il devoit y être nommé, non-seulement le premier des quatre barons, mais même immédiatement après le comte de Périgord; au lieu qu'entre ce comte et luy, on avoit appellé, ainsi qu'il s'étoit pratiqué en 1525, les vicomtes de Thurenne et de Gurson. La baron de Bourdeiile n'oblint que la moitié de ses prétentions; c'est-à-dire, qu'il fut appellé comme présent le premier des quatre barons, mais après les vicomtes de Thurenne , de Ribeirac et de Gurson. Le même séneschal douna aussi aux procureurs des trois autres barons , acte de leurs protestations contre la presséance accordée au baron de Bourdeiile. Ainsi cette difficulté ne fut point encore terminée.

11 est dil dans ce procès-verbal , que le luron de Bourdeiile monte et arme un homme d'armes; lebaroude Biron, un homme d'armes et un archer; le baron de Marcuil, un homme d'armes et deux archers ; et le bai on de Bcii nac avec ses aides au nombre de huit et

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DP homme d'armes. Si on jugeoit du droit de j presséance de chacune des quatre barounies par la quote part qu'elles doivent pour le service, il est vrai que celle de Bourdeille ne parpissoit pas la première, comme la plus forte; niais cette différence de contribution pour le service ne semble point devoir porter préjudice à l'ancienneté qu'avoit la baronnie de Bourdeille dans le comté de Périgord sur les trois autres baronnies.

Le baron de bourdeille , occupé de soutenir son droit de presséance, se présenta monté et armé, comme premier baron de Périgord , devant le lieutenant pour le roy du séneschat de ce pays , luy déclarant qu'il étoit prêt de servir Sa Majesté suivant la nature de son fief; et en eut acte le 15 septembre 1541. Le lieutenant général de cette séneschaussée luy donna pareillement un acte, le 12 avril 1642, portant que ledit messire l r niçois de Bourdeille, chevalier, seigneur et baron dudit lieu, étoit tenu, et avoit accoutumé ainsi que ses prédécesseurs barons de Bourdeille, Tune desquatre baronnies de Périgord, et se disant le premier, de servir le roy d'un homme d'armes , au ban et arrièreban de ce canton, avec ses frèreset puînés.

La cbàtellenie de la Tour-Blahche en Angoumois suscita aussi une affaire au baron de Bourdeille, pour le service de l'arrière-ban. Il fut rendu une sentence, par deffaut , au siège d'Angoulèrae, portant saisie de cette terre , faute de service. Le procureur du baron de Bourdeille fit sa protestation contre l'exécution de cette sentence, entre les mains de l'avocat du roy de ce siège, le 29 avril 1542; remontrant que le baron de Bourdeille n'étoit obligé de servir que dans l'arrière-ban du Périgord, où ilfaisoit sa résidence continuelle. Cependant, pour obtenir main-levée de celte saisie, et prouver l'obéissance du baron aux ordres de Sa Majesté, ce procureur présenta pour homme d'armes destiné à faire ce service, Hélie de Brouillac, escuyer , seigneur dudit lieu. Mais le baron de Bourdeille , ayant comparu en personne le 3 may de cette année , désavoua son procureur, et n'offrit qu'un archer, pour remplir le service exigé de sa chàtcllenie de la Tour-Blanche. Son offre fut acceptée, dans la vue d'éviter à l'avenir de pareilles contestations sur le devoir de celte terre.

11 s'attacha à Charles, duc d'Orléans et d'Angoumois, troisième fils du roy François 1; et il fut pourvu d'une charge de pannetier ordinaire de ce prince, par ses lettres dallées de Ligny, le 7 juillet 1542 ; dans lesquelles le duc d'Orléans le traite de son cher et bien aimé François de Bourdeille, seigneur et baron dudit lieu de la Tour-Blanche. En conséquence des privilèges de cette charge, égaux à ceux des officiers de la maison du roy, il fut déclaré exempt du service du ban et arrière-ban, par le lieutenant de la séneschaussée de Périgord, le 20 octobre 1642, et ainsi de même en 1543 et 1544. Mais comme la presséance subsisloit toujours entre les quatre barons de Périgord, on continua dans ces occasions de les appeller tous les quatre à la fois, sous la seule dénomination des quatre barons de Périgord, sans dire leurs noms et surnoms.

Vers ce même temps , il accompagna , par ordre du roy , le prince de Melfe, Carraccioli , que Sa Majesté avoit envoyé en Guyenne contre les révoltés sur le fait de la gabelle. (Brantosme, Hommes illustres. ) Cette liaison avec le prince de Melfe fut dans la suite favorable à ses enfants, qui servirent en Piedmont sous les ordres de ce prince.

Il parolt bien , par ce que l'on vient de rapporter, que le baron de Bourdeille avoit besoin de prolection pouf vivre paisiblement dans ses terres. 11 obtint donc cette tranquillité sur le fait de l'arrière-ban , par son attachement au duc d'Orléans , et tira de plus de grands avantages du crédit d'Anne de Vivonne, sa femme, qualifiée, dès Tan 1539 , l'une des dames, à 300 livres de gage, de Marguerite d'Orléans, sœur du roy François 1, et épouse de Henry d'Albret , roy de Navarre , suivant un état delà maison de cette reynede 1529 à 1536.

Le roy de Navarre voyoit avec peine les démembrements que ses pères et prédécesseurs comtes de Périgord avoient faits dans ce comté en faveur des barons de Bourdeille. 11 pouvoit même n'être pas content de ce que François de Bourdeille , qui forme ce degré , avoit vendu les paroisses de Celles et de Berlrie, faisant partie de ces démembrements, au président de Calvimon, sur lequel, A la vérité, la dame de Saint -Aulairc, sœur du baron de Bourdeille avoit Fait depuis un retrait lignager de ces

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