APPR
trouvoit obligé de prendre les moyen» nécessaires pour recouvrer les effels de cette succession . etc.
On ne sçail si ce projet de lettres de rescision fut exécuté, ou s'il se fit quelque accommodement entre madamoisellc de Guise et luy. H parolt seulement que le marquis de Bourdeille continua de jouir de la terre de Montrésor. Son testament en fournit la preuve.
11 fil ce testament à Paris, le 18 août 1668. Il y est qualifié messire François -Sicaire de Bourdeille, chevalier, marquis dudit lieu et d'Archiac, comte de Montrésor, baron de la Tour-Blanche et de Brantosme, seigneur des maisons nobles de Périgueux, de Clery, et de la forêt d'Ailly, réneschal et gouverneur pour Sa Majesté en Périgord , demeurant à Paris rue de la Marche, Marais du Temple, paroisse de Sainl-Nicolas-dcs-Champs. Par cet acte, il ordonna de transporter et inhumer son corps en l'abbaye de Ghanccllade, à laquelle il fit des legs considérables , et son cœur dans une chapelle qu'il fonda sous le titre de Saint-Michel et de Saint-Gabriel, dans l'église de Bourdeille, vis-à-vis celle qu'y avoit établie son père : déclara que l'énoncé du testament fait par Jacquet te de Monberon, sa grande-mère , pour former une substitution, dont messieurs de Mata s'éloient vantés, et sur laquelle ilscomptoient, étoil faux dans tous ses points; que cette dame ne l'avoit ainsy composé, que pour éblouir le monde , et pour assurer par ce moyen la terre de Mata à Claude ;dc Bourdeille, attendu qu'elle n'avoit payé aucune dette; ce qu'il prélendoit prouver, en disant que le prix de la terre de Domeirac avoit été employé à rendre la dot de Magdelaine du Fou, veuve de René de Montberon, tué à la battaille de Graveliues en 1553 ; que les paroisses de Brie et de Saint-Cieres avoient été vendues avant le mariage de Jacquette de Montberon avec André de Bourdeille, ses ayeux; que la vicomlé d'Aunay avoit été donnée en échange à Louyse de Savoye , régente du royaume (mère du roy François 1er), pour la terre de Mata; que feu Henry de Bourdeille , son père avoit racheté la terre de Bourdeille en payant le prix du décret, après la mort de la même Jacquette de Mont héron , à l'acquit des dettes dudit feu André de Bourdeille, et quelesrentesdecetteterrealiénées
avoient été rachetées par François de Bourdeille, évèque de Prigueux , et données ensuite par çe prélat à feu Henry de Bourdeille; que même la légitime de feu Magdelaine de Bourdeille étoit encore due; qu'ainsi la nullité de cette substitution l'avoit déterminé à faire un partage avec feu M. de Montrésor, son frère, suivant les coutumes des lieux et du droit écrit ; et qu'à présent, regardant son bien comme antérieurement libre , il instituoit, pour son héritier universel , Louis de Bailleul , président du parlement de Paris, sous la condition de payer ses dettes et legs dans l'espace de trois années ; faute de quoy il luy substitua l'Hôpital-général de Paris. Il nomma, pour exécuteur de ce testament , M. le président Nesmont, auquel il donna toute sa vaisselle d'argent , son grand carrosse avec les six chevaux, et tous les tableaux qu'il avoit eus de la succession de feu M. de Montrésor.
On a rapporté cy-devant , à l'article d'André de Bourdeille et de Jacquette de Montberon, les preuves de la fausseté des allégations que le marquis de Bourdeille a insérées dans son testament, pour annuler la substitution de son ayeule; et la consultation d'avocats, qu'il fit luy-mème en 1641 , est nouvelle preuve qu'il ne composa ce testament que par animosité conîre messieurs de Mata, c'est-à-dire contre sou propre sang.
Les sentiments peu favorables du marquis de Bourdeille pour messieurs de Mata, cadets de sa maison, que naturellement il aurait dû avantager pour en soutenir le nom , ne l'empèchoient pas d'être avec eux en relation d'affaires de famille, car il donna son consentement au mariage de Claude de Bourdeille, comte de Mata, avec mademoiselle Colbert du Terron , dont le contract de mariage, du 18 novembre 1670, le qualifie haut et puissant messire François-Sicaire de Bourdeille, chevalier, seigneur, vicomte de Bourdeille, marquis d'Archiac, comte de Montrésor, baron de la Tour Blanche, gouverneuret lieutenant-général pour le roy en Périgord, oncle du futur.
Quoyque le marquis de Bourdeille eût d'abord paru fort animé contre madamoiselle de Guise, il y a bien apparence qu'il changea de sentiments à son égard , puisqu'il luy fil une nouvelle vente de la terre de Montrésor, le 20 novembre 1671. On ignore les principales clau-
APPENDICE
ses de cet acte, dans lequel il prit seulement les qualités de marquis de Bourdeille, comte de Montrésor, gouverneur de Périgord, seul héritier par bénéfice d'inventaire du feu comte de Montrésor.
Enfin, il mourut au mois de may 1672, sans avoir jamais voulu se marier, quoyque jouissant de soixante - dix mille livres de rentes. Il eut pour successeur dans sa charge de séneschal de Périgord , le marquis de Lauricre.
La terre de Montrésor a depuis passé de mademoiselle de Guise à mademoiselle d'Orléans-Montpensier, et cette dernière, â feu M. de duc d'Orléans , qui la vendit en 1697 à
M. le duc de Beauvilliers, dont M. le duc de Sainct-Aignan a hérité.
Après la mort du marquis de Bourdeille , la substitution de Jacquette de Montberon Fut déclarée ouverte en faveur de MM. de Mata ; mais les procédures qu'elle a entraînées avec elle , par les dettes dont la maison de Bourdeille s'est trouvée surchargée de toutes parts, ont fait passer par ventes dans d'autres maisons les principales terres qu'elle possédoit, telles que celles de Bourdeille d'Archiac, de la Tour-Blanche , et autres. Il n'est resté que celle de Mata à la branche de ce nom, qui en jouit encore actuellement, comme on le verra cy-après à son article, qui suivra la lettre O.
CLAUDE DE BOURDEILLE