‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeille, seigneur de Brantome publièes d'après les manuscrits avec variantes et fragments inédits pour la Sociètè de l'histoire de France (volume 2)Chapitre 1 sur 270 · DE L’INFANTERIE DE FRANCE · texte numérisé non relu

DE L’INFANTERIE DE FRANCE

(suite).

Comme j’ay dict donc cy-devant, que M. de Tayz* a esté le premier couronnel général de bandes françoises tant de delà que deçà les montz, il le faut croyre ainsi, car il y a encores force vieux capitaines et soldatz qui le testiffient ; qui fut un grand heur et honneur à luy, que luy, qui n’estoit que simple gentilhomme, mais pourtant de bonne part et bon lieu ,

1. Jean, seigneur de Taix, pannetier de François 1" (1529), chevalier de l’ordre du roi, maître de l'artillerie, puis colonel général de l’infanterie française, tué au siège de Hesdin en 1553.

Les précédents éditeurs ont fait dans ce discours un chapitre de chaque passage consacré par Brantôme à un colonel; miis il n'y a aucune division dans le manuscrit, où lé texte se’ suit sans interruption.

non pas riche, fut honnoré d’une si honnorable charge; car pour un coup il s’est veu commander à plus de six-vingtz enseignes françoises, tant deçà que , ' delà les montz ; qui estoit beaucoup certes, mais non tant que les six-vingtz légions qu’Auguste entretenoit d’ordinaire, fust aux champs, fust aux garnisons, bien qu’il fust monarque paisible du monde; mais c’estoit sa gloire, sa grandeur et sa terreur, aussi bien r pour la guerre que pour la paix.

Ce fut un grand heur et honneur pour ledict seigneur de Tayz, pour n’avoir faict l’office de gens de pied par trop, comme un M. de Montluc et autres de son temps, ny pour avoir aussi eu d’ailleurs de grandes charges au service du roy, sinon vers La Mirande, où il fit assez heureusement la guerre, et servit le roy François premier, comme nos histoires françoises le testiffient.

J’ay ouy dire à aucuns à la court, et surtout à une dame de la court pour lors , qui sçavoit tout ce qui s’estoit passé de son temps, que ce fut une dame de la court qui le poussa et advança (je ne la nommeray point), qui l’aymoit fort; et pour ce elle en portoit une devise, ou plustost un rébus de Picardie, qu’estoit des tays1 d’un pot ou d’un buye1 cassez, car telles pièces en vieux françois s’appellent des tays.

Sa première et plus belle monstre de sa charge fut en la battaille de Cerizolles, où il fit si bien, par l’assistance de M. de Montluc qui menoit les enfans perdus, le capitaine Ville-Franche, très-brave et vaillant capitaine, et d’autres capitaines du Piedmont, et des

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