Jean Bernard de Sau-Severino, duc de Somma
COURONNELS FRANÇOIS. 213
exercé eest estât aux guerres de Toscane et de Corsègue. Sa façon belle, et haute taille, avec sa noble race, monstroient bien qu’il avoit quelque chose de généreux en soy-mesmes. Aux premières guerres, au siège de Rouan, avec sa vieillesse s’v trouva, et feu M. de Guyze en faisoit grand cas et le consultoit. Il a gardé tousjours ce nom et titre de couronnel jusqu’à sa mort, et son estât fut donné au conte Gayazze1, qui en portoit aussi le titre; mais c’estoit tout aussi, car d’exercice point, d’autant qu’il n’avoit point de bandes italiennes pour l’exercer; et s’il en eust eu, il s’en fust aussi bravement et vaillamment acquicté comme les autres couronnelz, ainsi que partout il a monstré sa vertu et sa valeur où il s’est trouvé, et surtout aux guerres de Sienne et Toscane. M. de Montluc ne l’oublie pas dans son livre; ce que j’ay veu, qu’il en disoit force bien quand nous estions au siège de La Rochelle, où il faisoit estât de mareschal de camp avec M. de Puy-Gaillard’; et bien souvant M. de Montluc et luy parloient de ceste guerre de Sienne, et les faisoit-on beau ouyr en parler, et se remémorer des exploictz qui se firent là. Il estoit fort entendu et sage capitaine; et paroissoit bien qu’il avoit bien veu et retenu, et si avec cela ne s’espargnoit point aux coups, encor qu’il fust estropiât d’un bras, pour une barquebusade qu’il avoit en partage de ses guerres de Sienne.
Il y a eu aussi le seigneur Adrian Bâillon, vaillant
t. Jean-Galeas de San-Severino, comte de Cajasso (voy. Moulue, t. II, p. 6).