‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeille, seigneur de Brantome publièes d'après les manuscrits avec variantes et fragments inédits pour la Sociètè de l'histoire de France (volume 2)Chapitre 123 sur 270 · Son oncle de la Châtaigneraie · texte numérisé non relu

Son oncle de la Châtaigneraie

force ni- prouesse; mais Dieu tenant le party du foible, ne permit la victoire au vaillant, mais la donna au foible, qui ne la pouvoit tenir de luy, mais de Dieu; et par ainsi la volonté du vaillant ne prit feu sur son exécution proposée de victoire.

Il y eut du temps du feu roy Henry II, à l’advènement de sa couronne, un combat à Sedan, entre le baron des Guerres et le seigneur de Fandilles pour une querelle qui leur survint le propre jour que sadite Majesté fit son entrée à Paris*; le subjet en est fort salle, car il touche la sodomie. Ce Fandilles estoit un jeune gentilhomme bravasche et fou, qui suivoit feu le vidasme de Chartres qui alors estoit à la cour la gentillesse de toute chevallerie. Le baron des Guerres estoit un seigneur que le roy François avoit nourri page de sa chambre, et qui estoit de Lorraine, ses prédécesseurs estans pourtant sortis de Basque ou de Biard *, car (comme dit M. de Montluc en son livre) le roy René de Scicille, duc de Lorraine et d’Anjou, aimoit fort les Gascons et gentilshommes de ce pays là-bas, et s’en servit fort, si bien qu’il y en eut quelques uns qui s’y accazèrent, dont en est sorti despuis d’honnestes gens, ainsi que nous avons veu de nostre temps le seigneur de Rouly Gonty, basque, brave et vaillant, tenant grand rang en celte maison de Lorraine. Ces deux braves gentilshommes donc, pour

1 . Voyez Le Combat des sieurs et Aguerre et de Fendilles, accomply à Sedan par la permission du roy et de monseigneur le duc de Bouillon ; imprimé sur les originaux, 1621, in-8°. — Voyez Y Appendice.

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