‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeille, seigneur de Brantome publièes d'après les manuscrits avec variantes et fragments inédits pour la Sociètè de l'histoire de France (volume 2)Chapitre 125 sur 270 · Robert de la Mark. — 2. Epée large et courte · texte numérisé non relu

Robert de la Mark. — 2. Epée large et courte

SUR LES DUELS

armes usitées* parmi cavalliers et gens d’honneur; mais il fut respondu que les Suisses, qui sont si braves gens de guerre, n’en usent point d’autres. Pour fin, feu M. le vidasme ne passa point plus avant, s’assurant de la vaillance de son filleul, qui de son costé n’en fit nulle altercation. Les voilà donc entrez dans le camp, toutes solemnitez et criées faites et requises. De premier abord, Fandilles donna un grand coup de son espée à travers la cuisse dudit baron, qui luy fit une telle ouverture, à cause de la largeur de l’espée , que le sang en sortit en si grande abondance qu’il commençoit desjâ à diminuer de la force du baron qui, en prévoyant son inconvénient, s’advisa d’aller aux prises et la lutte, y ayant esté très-bien dressé par un petit prestre bretton, qui estoit aumosnier de M. le cardinal de Lenoncourt son parent; et ayant aussitost porté son homme par terre et le tenant soubs luy, n’ayant ne l’un ne l’autre nulles armes ofiencifves, car elles leur estoient désemparées des mains pour mieux se servir de la lutte, se terrasser et porter par terre, par quoy le baron eut recours aux mains et aux poings dont il en donnoit de très-grands coups à son ennemy, et le plus qu’il pouvoit, et cependant cela n’estoit rien, et de tant plus s’alloit-il affaiblissant de sa playe et de son sang qui luy couloit fort tousjours. La fortune voulut que le combat estant en tels termes de suspension , un eschaffaut qui estoit là tout auprès du camp, vint à se rompre et tumber, où il y avoit force dames et damoiselles, gentilshommes et autres qui

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