‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeille, seigneur de Brantome publièes d'après les manuscrits avec variantes et fragments inédits pour la Sociètè de l'histoire de France (volume 2)Chapitre 18 sur 270 · Recourt, enlève. — 2. Marie Stuart · texte numérisé non relu

Recourt, enlève. — 2. Marie Stuart

M. de Martigues ne se fust point brouillé en cela , pour le grand tort qu’il avoit faict à la justice; car il en estoit très-grand observateur; et M. le cardinal son frère en disoit de mesmes.

La reyne et d’autres dames, des grandes que je sçay, qui en faisoient la contestation à un souper (car je le vis et y estois), disoient qu’il n’y avoit droict ny raison que la justice fust si impudante et aveuglée, que, sans avoir esgard à un tel service signalé de M. de Martigues et de ses gens faict au roy, d’aller prendre ainsi ses gens si inconsidérément, et si tost , sans leur donner loysir de se remettre, et leurs bourses, et respirer de la grande fatigue d’un si long siège, ny sans avoir faict au moins la révérance à son roy, venir faire prisonniers telles gens, à l’appétit d’un créditeur1 importun qui plustost devoit estre mis en prison.

Pour fin, le roy soudain y envoya et despescha l’un de ses capitaines des gardes , avec très-ample commission. Je ne sçaurois dire bonnement qui eut cesle charge des quatre qu’ilz estoient , c’est à seavoir MM. de Chavigny, Brezay, Lorges, et le séneschal d’Agenez; mais il me semble que ce fut M. de Brezay. Il est encor vivant, il s’en peut ressouvenir. Estant donc à Paris il faict sa charge si habilement et si sagement, qu’il sortit mondict sieur de Martigues de telle peine. Mais pour intériner sa grâce, si fallut-il pourtant qu’il passast le guischet’; et disoiton que, s’il ne fust esté du callibre de la grand’maison qu’il estoit, et le remarquable service qu’il venoit de

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