Voyez la note 1 de la p
SUR LES DUELS
ques puis il1 ne mit pied dans Marsaut; tant la vengeance est douce; et nul grand ne peut-il dire s’il a un ennemy quel que soit-il petit et non semblable à luy, que soit un ennemy petit.
Et pour dernier exemple, je u’allégueray que cestuy-cy du due de Milan, Galeas-Marye, fils du duc Efl'orce, qui devint si tyran et vicieux qu’il ne s’attaqua pas seulement aux biens de ses subjects, mais à leurs femmes et filles; si qu’un senor André l’Ampugnan * impatient du tort qu’il faisoit à son frère d’une abbaye, se résolut avec d'autres conjurateurs, de le tuer; ce qu’il fit dans une église, feignant de vouloir parler à luy, et luy donna dans le corps et ventre, deux ou trois coups d’une dague. Mais avant d’entreprendre ce meurtre, n’osant approcher ny offencer la personne du prince duquel la grande beauté le rejettoit et estonnoit ( voyez quelle vertu porte une beauté!), s’advisa d’un moyen pour s’asseurer, de manière qu’il le fit peindre dans un tableau fort à vif, contre lequel il donnoit de la dague à toutes fois qu’il y pensoit, et s’essayoit ainsi ; et tant continua ces coups et cette façon de faire, qu’un jour se voyant tout accoustumé et asseuré de l’approcher et frapper, luy donna sept coups à bon escient, dont en tumba mort par terre tout estendu. Quel essay ! Je crois que le sieur de Montaigne n’en a jamais faict ny escrit de pareil parmy les siens.
t . Il, le cardinal.
2. Galéas-Marie, fils du duc de Milan François Sforcc, fut assassiné le 26 décembre 1476 par Andrea Lampognano, Carlo .Viscoute et Gieronimo Olgiato. — Voyez le livre IV des Elogia de P. Jove.