‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeille, seigneur de Brantome publièes d'après les manuscrits avec variantes et fragments inédits pour la Sociètè de l'histoire de France (volume 2)Chapitre 83 sur 270 · Arnaud de Vivonne · texte numérisé non relu

Arnaud de Vivonne

pour l’esmeute qu’ilz avoient faict dans Grossette*, craignans la réprimande trop sévère en France, se mirent à la solde du roy d’Espaigne, et firent si bien avec aucuns qu’y estoient du Piedmont (mais la plus grand’ part estoient de Toscane), à la bataille des Gerbes.

La guerre civille venue, M. de Givry en combattant très- vaillamment mourut à la battaille de Dreux, non sans un extrême regret de M. de Guyze, qui l’aymoit fort et le loua (je le vis) comme il méritoit, et luymesmes en fit son épitaphe à la mode antique françoise, et selon son humeur, eomm’ il fit des autres qui sont enterrez dans Dreux ; et quiconque les lira, qu’il croye hardiment qu’ilz sont venus de la main et style de feu M. de Guyze, s’il n’y en a esté faictz d’autres après plus pindarisez.

Ce M. de Givry laissa un filz* après luy, fort jeune; je pense qu’il ne pouvoit pas avoir plus haut de quatre ou cinq ans ; mais estant à ast’heure parvenu à son bon aage, il a monstré et monstre tous les jours qu’il est bien fils de père, et qu’il ne dégénère en rien en toutes sortes de perfections du père; et, si j’ose dire sans offancer les mortz, il l’exède en aucunes. J’en parleray ailleurs.

M. de Guyze venant à faire son voyage en Italie et de Naples, M. de Nemours, comme j’ay dict cy-devant, fut faict couronnel général de l’infanterie de France au royaume de Naples, qui est un beau titre

Page 1