‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeille, seigneur de Brantome publièes d'après les manuscrits avec variantes et fragments inédits pour la Sociètè de l'histoire de France (volume 2)Chapitre 84 sur 270 · Anne d’Anglure de Givry, tué au siège de Laon en juillet · texte numérisé non relu

Anne d’Anglure de Givry, tué au siège de Laon en juillet

COURONNELS FRANÇOIS. 173

celuy là, si la conqueste nous fust estée aussi bien asseurée comme espérée, et si le pape eust assisté M. de Guyze des moyens qu’il avoit promis. Jamais il ne se parla tant du nom de Nemours comme cestuy-cy eust faiet espandre le sien vers Italie et royaume de Naples; car il faut dire que ce prince a esté le surpassé de tous les princes qui ont jamais estez en France; car si les autres ont eu quelques vertus particulières, cestuy-cy les avoit en soy toutes accumulées et assemblées, tant a-il esté universel et parfaict (j’en ay parlé cydevant en sa vie ') ; et ne se contenta pas d’avoir mené les armes à cheval, mais, voulant et osant tenter tout, il se mit à pied. Le malheur fut pour luy que les occasions ne se présentarent guières grandes et fréquentes, pour monstrer ce qu’il valoit et qu’il couvoit; car en tout ce voyage il ne se présenta que deux beaux sièges, qui furent celuy de Valanee en Piedmont et celuy de Civitelle* vers le Royaume.

Que si feu M. de Guyze, après Valance prise, eust poursuivy ses coups vers Milan, la conqueste en estoit très-seure ; mais, pour complaire au pape, pour le secourir, il falut l’aller trouver et se priver d’un bien qui venoit à nous, ainsi que fit M. de Lautrec de mesmes, lorsqu’il laissa l’estât de Milan, desjà assuré, poux1 2 aller secourir Sa Saineteté. Il ne faut demander si l’armée de M. de Guyze estoit belle, car pour gendarmerie, cavallerie et infanterie, il ne s’en pouvoit trouver de plus belle, ny plus délibérée, ny

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