AUTRE
Passant, tourne le monde et va chercher Bussi;
Son coeur, plus grand qu’un monde, a mis son corps icy : Tu as veu d’autres mortz, tu n’en vis jamais une Qui ayt si peu laissé mourir pour le trespas.
Son plaisir fut sa mort, ses plaisirs ses combatz.
Il fut crainct du Soleil, bien aymé de la Lune *,
Délaissé seulement de l’ingratte fortune.
Qui ne l’avoit aymé, car il ne l’aymoit pas.
Son âme brave encor le plus brave du ciel,
Et ce que j’en escritz d’une plume attrempée *,
Au lieu du papier blanc, il escrivit au ciel.
Son ancre fut son sang, sa plume son espée.
Dieu ayt son ame ! mais il mourut (quand il trespassa) un preux très-vaillant et généreux. Aux guerres, partout où il s’est trouvé, il a très-bien combattu. A la prise de Bains * en Flandres, il n’y oublia rien de sa