‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeille, seigneur de Brantome publièes d'après les manuscrits avec variantes et fragments inédits pour la Sociètè de l'histoire de France (volume 2)Chapitre 95 sur 270 · Qui, Bussi · texte numérisé non relu

Qui, Bussi

COUHONNELS FRANÇOIS. 191

voulut que les choses n’allassent plus advant, et M. de Bussi se retira de la court1.

Si je voulois raconter toutes les querelles qu’il a eues j’aurois beaucoup affaire : hélas I il en a trop eu, et toutes les a desmeslées à son très-grand honneur et heur. 11 en vouloit souvant par trop à plusieurs, sans aucun respect : je luy ay dict cent fois; mais il se fioit tant en sa valeur, qu’il mesprisoit tous les conseils de ses amis. S’il fust esté plus respectueux, on ne luy eust suscité le cruel massacre où il a tumbé; car, faisant l’amour à une dame, il y fut attrappé*. Aussi dict-on de luy : que les deux dieux qu’il avoit ses plus aymez et qui le tenoient le plus chéry, le firent mourir. L’on fit de luy force épitaphes à la court et en France, dont j’en recuilli

1. « Le samedi 1" février (1578), dit l’Estoile, Quélus, accompagné de Saint-Luc, d' Arques et Saint-Mesgrin , près la porte Saint-Honoré , hors la ville , tira l’épée et chargea Bussy d'Amboise, qui, monté sur une jument bragarde ( vigoureuse ) de l’écurie du roy, revenoit de donner carrière à quelque cheval dans les corridors des Tbuilleries, et fut la fortune tant propice aux uns et aux autres que de plusieurs coups d’épée tirés, pas un ne porta, fors sur un gentilhomme qui accompagnoit Bussy, lequel fut fort blessé. » — Voyez dans le volume CX de la collection üupuy, f“ 93, la lettre (en copie) de Bussy demandant au roi le combat contre Quélus. Elle est datée du 3 février, c’est-à-dire du surlendemain de l'attaque dont il avait failli être la victime.

S. 11 était l’amant de Françoise de Maridor, femme de Charles de Chambes, comte de Montsoreau, chambellan et grand veneur du duc d’Anjou. Henri III dévoila cette intrigue au mari , et celui-ci força sa femme de donner un rendez-vous à Bussy, qui y fut assassiné avec son confident, le lieutenant criminel de Saumur, le 19 août 1579. Voyez l’Estoile à cette date, et de Thou, üv. LXVIII.

deux , que je trouve bons et dignes d’estre mis icy,

l’un en latin et l’autre en françois, qui sont ceux-ci :

BESSII VIRI FUETIS. BOBMOSISS. KOBILISS. EPITAPHIUM .

Formosæ Veneris, furiogi Martis alumnus,

Nobilium tcrror, Bussius hic situs est.

la Monsoranis castos turbans hymenajos,

Incautus crebris ictibus occubuit.

Insidiis periil furtivo Marte peremptus;

Non potuit solura solus habere parcm.

Usus erat scmper Veneris Martisque favore;

Sed Mars hune tandem prodidit atque Venus.

Hinc sacros violare thoros dedicite, mœchi;

Sanguine puniri debet adulterium.

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