‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeille, seigneur de Brantome, publiées d'après les manuscrits avec variantes et fragments inédits pour la Société de l'histoire de France (volume 3)Chapitre 1 sur 112 · PREMIERE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIERE PARTIE

(suite.)

DISCOURS

LA REYNE d'hESPAIGNE, ÉLIZABET DE FRANCE*.

J'escripts icy de la reyne d'Espaigne^ Élizabet de France, et vraye fille de France, en tout belle, sage,

1 . Elisaljeth de Valois, fille de Henri II et de Catherine de Médicis, née à Fontainebleau le 13 avril 154o, morte à Madrid le 3 octobre lo68. Fiancée d'abord à Edouard VI, puis promise à ,J)oa Carlos, fils de Philippe II, elle épousa celui-ci le 20 juin 1559. Son contrat de mariage se trouve dans le tome II du recueil de Léonard,

On peut consulter sur Elisabeth :

Discours des triomphes du mariage du roi d'Espagne et de

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vertueuse, habile, spirituelle et bonne, s'il en fut onc ; et croy que , despuis la saincte Élizabet ', oneques aucune ha porté ce nom, qui l'ayt surpassée en toutes sortes de vertus et perfections, encor' que ce beau nom d'Élizabet soit esté fatal en bonté, vertu, saincteté et perfection à celles qui l'ont porté, comme plusieurs l'ont creu.

madame Elisabeth, fille du roy Henri II. Paris, de Hansy, 1559, in-8".

La réception faicte par les députez du roi d Espagne, de la Rqyne leur souveraine dame à la délivrance qui leur en a été faite en la ville de Roncevaux , au pays de Navarrois, par les roy de Navarre et cardinal de Bourbon, et les triumph.es ^ honneurs et solennitez qui y furent faictes et observées tant d'une part que d autre. Paris, 1559, in-S"; l'éimprimé au tome IV des Archives curieuses (l'^ série).

Réception de la reine d Espagne à Saint-Jean~de-Luz et son entrée à Rayonne, en 1565, in-4''.

Historia y relacion verdadera de la enfermedad ^ felicissimo transita, y sumptuosissimas exequias de la serinissima Reina de Espaha Donna Isabella de Valois, por Juan Lopez. En Madrid, 1569, in-8».

Oraison funèbre d Elisabeth de France , reine d' Espagne , par Simon Vigor^ docteur en théologie (depuis archevêque de Narbonne), Paris, Fremy, 1568, in-B".

Tombeau de très-haute, très-puissante et très-catholique princesse Madame Elisabeth de France, reine d Espagne, en plusieurs langues, recueilli de plusieurs savants personnages de la France. Paris, Robert Estienne, 1569, 12 feuillets in-4''.

Voyez aussi dans le Bulletin du Bibliophile (octobre-novembre 4874) un article de M. Tricotel, intitulé : Une Chanson sur le mariage d Elisabeth.

Le manuscrit de ce Discours et du suivant, corrigé de la main de Brantôme, est contenu dans le n° 3272 du Fonds français [plim Béthune, 8774).

1. Elisabeth de Hongrie, landgravine de Xhuringe, née à Presbourg en 1207, morte à Marbourg en 1231.

Lorsqu'elle nasquit à Fontaynebleaii, le roy son grand père, père et mère, en firent une très-grande joye ; et vous eussiez dict que c'estoit ung astre heureux envoyé du ciel pour aporter tout bonheur à la France; car son baptesme y raporta la paix, comme son mariage. Voyez comme les bons heurs se rassemblent en une personne pour les distribuer par diverses occurrances; car allors la paix se fisl avec le roy Henry d'Angleterre; et, pour la mieux confirmer et fortifïier, le roy le fist son compère, et donna à sa filliolle ce beau nom d'Élizabet ; à la naissance et au baptesme de laquelle se firent d'aussi grandes resjouissances qu'à celles du petit roy François dernier *.

Toute enfantine qu'elle estoit, elle promettoit quelque chose de grand ung jour; et quand elle vint à estre grande, encor' promist-elle davantage : car toute vertu et bonté abondoyent en elle, tellement que toute la court l'admiroit, et pronostiquoit une grand' grandeur et grande royauté ung jour pour elle. Aussi dit-on que, lorsque le roy Henry maria sa seconde fille, madame Claude, au duc de Lorraine, il y en lient aucuns qui kiy remonstrarent le tort qu'il faisoit à l'aisnée de marier sa puis-aisnée avant elle; il fist responce : « Ma fille Élizabet est telle qu'il ne « luy faut pas une duché pour la marier. Il luy faut « ung royaume ; encor' ne faut-il pas qu'il soit des « moindres, mais des plus grands, tant grande estce elle en tout; et m'asseure tant qu'il ne luy en peut « manquer ung; voylà pourquoy elle le peut encor'

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