‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeille, seigneur de Brantome, publiées d'après les manuscrits avec variantes et fragments inédits pour la Société de l'histoire de France (volume 3)Chapitre 2 sur 112 · François II · texte numérisé non relu

François II

a attandre. » Vous eussiez dict qu'il propliëlizoit pour l'advenir : aussi ne ehauma-il pas de son costé à luy en procurer et pourchasser ung ; car, lorsque la paix fut faicte entre les deu\ roys à Cercan, elle fust promise en mariage à dom Carlos, prince des Hespaignes, qui fut esté ung brave et gallant prince, et l'image de son grand père, l'empereur Charles, s'il eust vescu; mais le roy d'Angleterre^, son père, venant à estre veuf par le trespas de la reyne d'Angleterre sa femme et sa cousine germaine, ayant a'cu le pourtraict de madame Élizabet, et la trouvant fort belle et fort à son gré , en couppa l'herbe soubz le pied à son filz, et la prist pour ]uy, commanceant ceste charité à soy-mesmes. Aussy les Françoys et Hespagnolz disoyent pour lors tous d'une mesme voyx, la voyant si accomplye , que vous eussiez dit qu'elle avoyt esté conceue et faite advant le monde , et réservée dans la pensée de Dieu jusqu'à ce que sa volonté la joignist aveq ce grand roy son mary; car il n'estoit autrement prédestiné, que luy, estant si haut, si puyssant, et quasi aprochant en toute grandeur un ciel, espousast autre princesse que surhumayne et céleste, et en tous points perfaite et accomplye *. Lorsque le duc d'Albe la vint voir et espouser pour le roy son maistre, la trouva extrêmement agréable et advenante pour sondict maistre , et dit que ceste princesse fairoit bien aisément oublier

i . Philippe II, veuf de Marie Tudor, reine d'Angleterre, fille de Henri VIII et de Catherine d'Aragon, tante de Charles-Quint.

2. Les dix lignes qui précèdent sont ajoutées en marge de la main de Brantôme.

au roy d'Hespaigne les regretz de ses dernières femmes, et de l'Angloise et Portugaise \

Despuis} à ce que je tiens de bon lieu, ledîet prince dom Carlos, l'ayant veue, en devint si esperdu et si plain de jalouzie, qu'il l'en porta grande toute sa vie à son père; et fut si despité contre luy, pour luy avoir soubstraict sa belle proye, qu'oncques bien il ne l'en ayma, jusques à luy dire et reprocher qu'il luy avoit faict ung grand tort et injure de luy avoir osté celle qui luy avoit esté promise fort sollempnellement par ung bon accord de paix. Aussi dict-on que cela fut cause de sa mort en partie, aveq d'autres subjectz que je ne diray point asture*; car il ne se pouvoit garder de l'aymer dans son âme, l'honorer et révérer, tant il la trouvoit aymable et agréable à ses yeux, comme certes elle l'estoit en tout.

Son visage estoit beau, et ses cheveux et veux noirs, qui adombroient son tainct et le rendoient si attirant, que j'ay ouy dire en Hespaigne que les seigneurs ne l'osoient regarder de peur d'en estre espris, et en causer jalouzie au roy son mary, et par conséquant eux courir fortune de la vie.

Les gens d'église en faisoient tout de mesmes de peur de tentation, ne connoissants assez de forces et commandement à leur chair pour l'engarder d'en estre tantée : et encor' qu'elle heust eu la petitte vérolle estant grande et mariée, on luy secourust son visage si bien par des sueurs d'œufz fraiz, chose fort propre

1. La première femme de Philippe II avait été Marie de Portugal, dont il avait eu don Carlos.

2. Voy. l'article consacré à don Carlos, tome II, p. dOI et suiv.

pour cela, qu'il n'y parust rien : dont j'en vis la reyne sa mère fort curieuse à luy envoyer par forces couriers beaucoup de remèdes; mais celluy de la sueur d'œufz en estoit lé souverain.

Sa taille estoit très-bel le^, et plus grande que toutes ses sœui's^ qui la rendoit fort admirable en Hespaigne, d'autant que les tailles hautes y sont rares, et pour ce fort estimables ; et ceste taille, elle l'accompagnoit d'un port, d'une majesté, d'un geste, d'un marcher et d'une grâce entremellée de l'hespaignolle et de la françoise en gravité et en douceur, que j'ay veu quand elle passoit par sa court, ou qu'elle alloit se pourmener en quelque part, fust en allant aux églises ou aux monastères, ou aux jardrins, il y avoit si grand' presse pour la veoir, et si grand' foulle et abord de peuple, qu'on ne se pouvoit tourner parmi ceste tourbe ; et bien heureux et heureuse estoit celluy ou celle qui pouvoit le soir dire : « J'ay veu la reyne. » Aussi on dict, et que j'ay veu, que jamais reyne ne fust tant aymée en Hespaigne comme elle, et n'en desplaise à la reyne Yzabel de Castille : aussi l'appelloit-on la reyna de la paz y de la hondad, c'est-à-dire la reyne de la paix et de la bonté, et noz Françoys l'appellarent l'olive de paix \

[Jng an avant qu'elle vint en France, à Bayonne, elle tumba mallade en telle extrémité, qu'elle fut abandonnée des médecins. Sm" quoy il y eust ung certain petit médecin italien, qui pourtant n'avoit

1 . Cette dernière ligne a été rajoutée en marge par Brantôme. — Olive , comme orange , se disait autrefois non pas seulement du fruit, mais de l'arbre lui-même.

grand vogue à la court , qui , se présentant au roy, 'diet que, si on le vouloit laisser faire, il la guériroit, ce que le roy luy permist : aussi estoit-elle morte. Il l'entreprend, et luy donne une médecine, qu'après l'avoir prise on luy vist tout à coup miraculeusement monter la couleur au visage, et reprendre son parler, et puis après sa convalescence. Et ce pandant toute la court, tout le peuple d'Espaigne rompoient les chemins de processions, et d'allées et venues qu'ilz faisoyent aux églises, aux hospitaux pour sa santé, les uns en chemise, les autres nuds piedz, nues testes, offrants offrandes, prières, oraisons, intercessions à Dieu, par jeûnes, macérations de corps, et autres telles bonnes et sainctes dévotions, pour sa santé : si bien que l'on croit plus fermement que toutes les bonnes prières et voix, larmes, vœux et cris, ouïs de Dieu, furent plustost cause de la guérison de ceste princesse, que non pas l'œuvre du médecin.

J'arrivay en Hespaigne ung mois aprez sa recouvrance de santé; mais j'y vis bien autant de dévotion du peuple pour en remercier Dieu comme il y en avoit heu pour la luy donner : des festes, des resjouissances, des magnifïicences, des fœuz de joie, il n'en fault doubler nullement combien il s'en fist. Je ne voyois autre chose par toute l'Hespaigne : en passant et arrivant à la court deux jours avant qu'elle sortist de la chambre despuis sa malladie; je la aIs sortir et se mettre dans son coche, toujours à la portière, comme c'estoit sa place ordinaire : aussi telle beauté ne debvoit estre recluze au dedans, mais descouverte.

Elle estoit vestue d'une robe de satin blanc, toute

couverte de passement d'argent, le visage tousjours descouverl. Mais je croys que jamais rien ne fust veu si beau que ceste reyne, comme je pris l'hardiesse de luY dire ; car elle m'avoit fait une fort bonne chère et recueil, et mesmes venant de France et de la court, luy portant des nouvelles du roy son bon frère, et de la reyne sa bonne mère, car c'estoit toute sa jove et plaisir que d'en sçavoir. Ce ne fust pas moy seul qui la trouvay ainsin belle, mais toute la court et tout le peuple de Madril : si bien que l'on heust dict la maladie en cela l'avoir favorisée, qu'après luy avoir faict de cruelz maux elle luy avoit embelly le tainctj et rendu si dellicat et polly, de sorte qu'elle se trouva encores plus belle que devant.

Sortant donq la première fois de sa chambre, pour la plus belle et saincte chose qu'elle sceut et vouleust faire , elle alla aux églises remercier Dieu de la grâce de sa sancté ; et continua ce bon et sainct œuvre l'espace de quinze jours, sans le vœu qu'elle fist à ISostre-Dame de Guadeloiip; se faisant ainsi veoir au peuple le visage descouvert scelon sa mode, que, pour manière de parler, vous eussiez dict qu'il l'idolâtroit plustost qu'il ne l'honoroit et révéroit.

Aussi quand elle mourust, ainsin que j'ay ouy conter à feu M. de Lignerolles qui la vist mourir, estant allé porter au roy d'Hespaigne les nouvelles de la victoyre de la bataille de Jarnac, jamais on ne vist peuple si désollé ny si aiïligé, ny tant jetter de haultz cris, ni tant espandre de larmes qu'il fist, sans se pouvoir remettre en façon du monde, sinon au désespoir et à la plaindre incessamment.

Elle fist une fort belle fin, et d'ung courage fort

constant , abominant ce monde , et désirant fort l'autre.

On parle fort sinistrement de sa mort, pour avoir esté advancée. J'ay ouy conter à une de ses dames que, la première fois qu'elle vist son mary, elle se mist à le contempler si fixement, que le roy, ne le trouvant pas bon, luy demanda : Que mirais, si tengo cernas? « Qu'arregardez-vous , si j'ay les cheveux blancs?» Ces motz luy toucharent si fort au cœur, que despuis en augura mal pour elle.

On dict qu'un jésuiste, fort homme de bien, ung jour en son sermon parlant d'elle, et louant ses rares vertus, charitez et bontez, luy eschapa de dire que ç'avoit esté faict fort meschamment de l'avoir faicte mourir et si innocentement ; dont il fut banny au plus proffond des Indes d'Hespaigne. Cella est très que vray, à ce que l'on dict.

Il y a d'autres conjectures plus grandes qu'il faut tayre; mais tant y a quec'estoit la meilleure princesse qui ayt esté de son temps, et autant aymée de tout le monde.

Tant qu'elle a estée en Hespaigne, jamais elle n'a oublié l'affection qu'elle portoit à la France, et l'a tousjours continuée; et ne fist pas comme Germaine de Foix^ femme seconde du roy Ferdinand, laquelle, se voyant eslevée en si haut rang, devint si orguilleuse, que jamais elle ne fist cas de son pays, et le desdaigna tellement, que le roy Louis XIP, son oncle, et Ferdinand, s'estant veuz à Savonne, et elle, estant aveq le roy son mary, tint une telle grandeur, que jamais elle ne fist cas des Françoys, non pas de son frère, le duc de Nemours, Gaston de Foix, et ne

daigna parler et regarder les plus grands de la France qui estoient là, dont elle en fust grandement moeqiiée; mais puis amprez la mort de son mary, elle en pâlist bien, car elle baissa d'estat, et fust misérable, et n'en fist on grand compte, Dieu luy en rendant la pareille. Aussi dict-on qu'il n'y a rien si glorieux qu'une personne petite et basse, montée en grand' hauteur : non que je veuille dire que ceste princesse fust de bas lieu, estant de la maison de Foix, trèsillustre et grande maison; mais de simple fille de conte, estant venue à estre reyne d'un si grand roy, c'estoit beaucoup; et avoit occasion grande de s'en glorifier, mais non de s'oublier ny d'en abuser à l'endroict d'un roy de France, son oncle, si grand, ni de ses plus proches, et de ceux du lieu de sa naissance; en quoy elle monstroit bien qu'elle n'avoit grand esprit, et qu'elle estoit sotte glorieuse. Aussi y a-il différence entre la maison de Foix et celle de France : non que je ne veuille dire la maison de Foix grande et très-noble, mais la maison de France, quoy !

Nostre reyne Élisabet n'en a jamais faict de mesmes. Aussi estoit-elle née grande de soy, d'ung fort grand esprit, et estoit très-habille , et la grandeur d'un royaume ne luy pouvoit manquer. Et si avoit, si elle eust voulu, double subject de faire la hautayne et la superbe, plus que Germayne de Foix, car elle estoit fille d'un grand roy de France, et colloquée avecques le plus grand roy du monde, qui ne l'estoit d'un seul royaume, mais de plusieurs, comme vous diriez roy de toutes les Hespaignes, de Hyérusalem, des Deux-Scicilles, de Majorque, de Minorque, de Sardai-

gne, des Indes occidentales, qui semblent ung monde, et seigneur d'un' infinité d'autres terres et grandes seigneuries, que Ferdinand n'eust jamais. Et par ainsin debvons-nous louer nostre princesse de sa douceur, qui est bien séante à un grand ou grande, envers ung chascun, et de l'affection envers les François, lesquelz, quand ilz arrivoient en Hespaigne, estoient recueillis d'elle avec ung visage si bening, despuis le plus grand jusques au plus petit, qu'oncques nul partist d'aveq' elle qu'il ne s'en sentist très-honnoré et très-contant. Je le peux dire, quand à moy, pour l'honneur qu'elle me fist de parler à moy, et de m'entretenir souvant tant que je fuz là, me demandant des nouvelles, à toute heure, du roy, de la reyne sa mère, de messieurs ses frères, de madame sa sœur, de tous ceux et celles de la court, n'oubliant à les nommer tous et toutes, et s'en enquérir; tellement que je m'estonnois commant elle s'en pouvoit ressouvenir ainsin , comme si elle ne venoit que de partir de la court, et luy disois comme il estoit possible qu'elle heust telle mémoire parmy sa grandeur.

Lorsqu'elle fust à Bayonne, elle se monstra aussi famillière aux dames et aux filles de la court, ny plus ny mioings comme quand elle estoit fille ; et de celles qui estoient absentes et mariées, et nouvellement venues despuis son partement, s'en enquéroit fort curieusement. Elle en faisoit de mesmes aux gentilshommes de sa congnoissance ; et de ceux qui ne l'estoyent, s'informoyt qu'ilz estoient, et disoit souvant : (( Ceux et celles estoient de mon temps à la « court, je les cognois bien ; ceux ae l'estoient point,

i^ DES D A:\IES.

« je désire les eognoistre. » Enfin elle contantoit tout le monde.

Lors aussi qu'elle fist son entrée à Bayonne, elle estoit sur une acquenée fort superbement et richement harnachée d'une garniture de perles toute en broderie, qui avoit estée à l'impératrix feue*, lorsqu'elle faisoit ses entrées parmy ses villes , qu'on disoit valloir plus de cent mill' escus^ encor disoit-on bien plus. Elle avoit une très-belle grâce à cheval; et la y faisoit beau voir; car elle se monstroit si belle et si agréable, que tout le inonde en estoit ravy.

Nous eusmes tous commandements d'aller au devant d'elle pour l'accompaigner en son entrée, ainsin que nostre debvoir le nous commandoit; et nous en sceut fort bon gré, et nous fist cest honneur, lorsque nous luy fismes tous la révérance, de nous en remercier ; et me fist fort bonne chère par dessus tous, car il n'v avoit pas quatre moys que je l'avois laissée en Hespaigne; ce qui me toucha fort, ayant heu ceste faveur par dessus mes compaignons, de laquelle je receuz plus d'honneur qu'il ne m'apartenoit. Moy, retournant du Portugal et du Pignon de Belis, qui fut conquesté en Barbarie, elle me fist présenter par le duc d'Albe au roy d'Hespaigne , qui me fist fort bonne chère, et me demanda des nouvelles de la conquesté et de l'arm.ée.

Elle me présenta à dom Carlos, l'estant venue veoir en sa chambre , ensemble à la princesse ', et à dom

i . Elisabeth de Portugal, femme de Charles-Quint. 2. Sa fille aînée, l'infante Isabelle-Claire-Eugénie, femme (1399) de l'archiduc Albert d'Autriche.

Jouan. Je fus deux jours sans l'aler veoir, à cause d'un reume de dentz que j 'a vois gaigné sur la mer. Elle demanda à Ribérac*, fille, où j'estois, et si j'estois mallade; et^ ayant sceu mon mal^ elle m'envoya son apoticcaire , qui m'apporta d'un' herbe trèssingulière pour ce mal; que, la mettant et tenant dans le creux de la main , soubdain le mal se passe, comme il me passa aussi tost.

Je me veante que je fus le premier qui portay à la reyne sa mère l'envie qu'elle avoit de venir en France, et la veoir, dont elle m'en fist très-bonne chère alors et despuis ; car c'estoit sa bonne fille, qu'elle aymoit par dessus toutes : aussi elle luy rendoit bien la pareille ; car elle l'honoroit , respectoit et craignoit tellement, que je luy ay ouy dire que jamais elle n'a receu lettre de la reyne sa mère, qu'elle ne tremblast, et ne fust en allarme qu'elle se courrouçast contre elle, et luy dist quelque parolle fascheuse : et, Dieu sçait, jamais elle ne luy en dist despuis qu'elle fust maryée, ny se fascha jamais contre elle; mais elle la craignoit tant, qu'elle avoit ceste apréhention.

A ce voyage de Bayonne, Pompadour l'aisné auparavant avoit tué Chambret à Bourdeaux, assez mal, se disoit-on : de quoy la reyne mère fust en telle collère, que si elle l'heust tenu elle luy eust fait trancher la teste ; et nul ne luy osa parler de sa grâce. M. d'Estrozze, qui aimoit fort ledict Pompadour, s'advisa d'emploier sa sœur, la seignore Clerice Strozze, con-

i . Fille de Geoffroy d'Ardre, vicomte de Castillon, baron de Guittinières.

tesse de Tende, que la reyne d'Hespaigne aymoit uniquement despuis son jeune aage, et qu'elles estudioient ensemble. Ladicte contesse, qui aymoit son frère, ne l'en refusa poinct, et en pria la reyne d'Hespaigne, qui luy respondit qu'elle feroit pour elle tout ce qu'elle vouldroit^ mais non poinct cella, car elle craignoit de fasclier et importuner la reyne sa mère et luy desplaire, ou qu'elle se courrouçast contre elle. Mais, par importunitë de la contesse, ayant sceu par une tierce personne interposée, qui en avoit sondé le gué soubz main, et dict à la reyne mère que la reyne sa fille luy vouloit tant requérir ceste grâce pour gratiffier ladicte contesse, mais qu'elle n'osoit, craignant luy desplaire; mais la reyne m:ère fyst responce que la chose seroit bien impossible si elle l'en refusoit : ce que saichant, la reyne d'Hespaigne en fist sa petite requeste, aveq une craincte pourtant. Soudain elle luy accorda. Voyez la bonté de ceste princesse et sa vertu, d'honorer et craindre (estant si grande) la reyne sa mère. Hélas 1 le proverbe chrestien ne fust pas bien tenu en son endroict, que : qui veut vivre longues années, faut aymer, craindre et honnorer père et mère; et, pom^tant, en faisant tout cela elle est morte au plus beau et plaisant apvril de son aage : et maintenant, à l'heure que j'escripts, elle nauroit pas quarante six ans'. Et qu'il faille que ce beau soleil se soit si tost disparu et caché dans une tumbe obscure, qu'il heust peu esclairer encor ce beau inonde de ses beaux rayons vingt bonnes années, sans que la vieillesse l'eust offancée :

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