‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeille, seigneur de Brantome, publiées d'après les manuscrits avec variantes et fragments inédits pour la Société de l'histoire de France (volume 3)Chapitre 101 sur 112 · Voyez la note précédente · texte numérisé non relu

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honneur et respect; de sorte qu'aprez la mort de son grand sénesehal et favory nommé le conte Avelin', il heust le gouvernement absolu de tout le royaume; et se monstra si bénin ^ et si serviable à l'endroict de la reyne, sa mère adoptive, que jamais dame ne fut plus contante qu'elle estoit; et à tout heure remercioyt Dieu de luy avoir donné ung si bon filz et tel apuy^ comme j'ay leu dans Y Histoire d'Anjou^; et qu'un jour ledict conte Avelin son grand sénéchal, ayant peur que le duc d'Anjou la déboutast, comme d'autreffois il luy avoit esté contrayre, cuidant remonstrer à la reyne, sa maistresse, qu'elle se recordast d'Alfonce d'Arragon, lequel, après luy avoir donné autliorité et crédit au royaume , la traitta très-mal et l'en cuyda par force chasser, et que le duc d'Anjou en pourroit faire de mesmes, parquoy n'estoit pas bon qu'elle luy donnast sur son pays et ses subjectz tant d'authorité et pouvoir; elle luy respondist qu'elle se souvenoit assez du danger où elle avoit esté pour avoir esleu Alfonce ; mais qu'entre Louys d'Anjou et Alfonce d'Arragon il y avoit beaucoup de différance, car l'un estoit François et l'autre Hespaignol. Elle avoit par là bonne opinion des François, qui*, de ces temps, estoyent encor tenus très-fi^ancs et nobles en tout. Voylà ce qu'en dict VHistoyre (T Anjou.

\ . Jean Caraccioli, comte d'Avellino, dont il sera parlé plus loin.

2. Il y a ici en marge une phrase en partie rognée par le relieur.

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