Voyez Bourdigné, f° lxxiv
4. Cette fin de phrase a été ajoutée par Brantôme entre les lignes.
II faut encor conter cest histoire* : Près de sa Saincteté à Florence, Alfonce d'Arragon avoit ung embassadeur, dom Garsie, Espaignol aceort et subtil; la reyne Jehanne en semblable y tenoit le sien appelle Anthoyne Carafle Malice. Ce Malice mit en advant à l'Hespaignol que, s'il persuadoit au roy son maistre de prendre en main la cause de la reyne, se faisoit fort qu'elle l'adopteroit pour filz, et le déclareroit son successeur au royaume. Et de telle adresse conduisirent ensemblement ceste trame au desceu du pape, qu'ilz arrestèrent d'aller à Plombin % et de là en Corsègue vers Alfonce, auquel la matière proposée fut tenue en longue discussion, parce qu' Alfonce et Loys estans cousins au tiers degré, y avoit capitulations préparées dès le commancement des pratiques de Louis, par lesquelles AUonce luy promettoit de ne le molester en rien : mais c'est chose trop spécieuse^ qu'une couronne pour demeurer si conscientieux. Soit donq' que soit, le fait est clair qu' Alfonce enfin accepta le party à luy présenté.
A ce Malice fut faict cest épitaplie qui est en l'église Sainct-Dominique à Naples :
Auspice me, latias Alphonsus venit in oras, Rex pius, ut pacem reclderet Ausonise.
A'atorum hoc Pietas struxit niihi sola sepulcrum, Caraffae dédit hœc munera Malitiae.
Il y a ung équivoque double et bon à ce Malice ;