‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeille, seigneur de Brantome, publiées d'après les manuscrits avec variantes et fragments inédits pour la Société de l'histoire de France (volume 3)Chapitre 25 sur 112 · Festiver, festiner, fest03er. — 2. Perturber, troubler · texte numérisé non relu

Festiver, festiner, fest03er. — 2. Perturber, troubler

« pouvoir, estant du tout à luy, tant il est hault, « plain de franchise, et ne sçauroit supporter d'eau (( punaise', ny le venin d'aucune hypocrisie, ny « moins le faire abaisser, puisqu'il n'y a rien que « Dieu et le ciel qui le puissent amolir et le rendre « tendre, en le refaisant ou le refondant. »

Pour rendre donq' contant le roy son mary, car elle riionoroyt fort, aussy luy rendoit-il de mesme *, elle se desguisa de telle façon, que, M. d'Espernon venant arriver en sa chambre, elle le recueillist de la mesme forme que le roy l'en avoit priée et elle luy avoit promis : si bien que toute la chambre qui estoit playne d'une infinité d'assistans, qui se pressoient pour veoir ceste entrée et entrevue, en furent fort esmerveillez ; et le roy et M. d'Espernon en demeurarentcontans; mais les plus clairsvoyans, et qui cognoissoient le naturel de la reyne, se doubtoyent bien de quelque garde dedans : aussi disoit-elle qu'elle avoit joué un rolle en ceste commédie mal voUontiers. Je * tiens de bon lieu tout cecy *.

Voylà deux, contes par lesquelz on peut bien congnoislre la hauteur du courage de ceste reyne, lequel estoit tel, que j'ay ouy dire à la reyne sa mère, sur ce discours et subject, qu'elle en estoit fort semblable au roy son père, et qu'elle n'avoit aucuns de ses enfans qui le semblast mieux qu'elle, tant en façons, humeurs, linéamentz et traitz de visage, qu'en cou-

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