‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeille, seigneur de Brantome, publiées d'après les manuscrits avec variantes et fragments inédits pour la Société de l'histoire de France (volume 3)Chapitre 61 sur 112 · MADAME MARGUERITE DE FRANCE · texte numérisé non relu

MADAME MARGUERITE DE FRANCE

continuelles estudes les aprez-disnëes, et ses leçons qu'elle aprenoit des gens soavans, qu'elle aymoit pardessus toutes sortes de gens. Aussi l'iionoroient-ilz comme leur déesse et patronne. ]^a grand' (juantité de beaux livres qu'ilz ont faict pour elle^ et qu'ilz ont vouez à elle, en font tesmoignage; et, pour ce, m'empescheront de louer sa science, car ilz en ont assez dict.

Elle heust le cœur grand et haut. Le roy Henry la voulust une fois maryer à feu M. de Vandosme * premier prince du sang; mais elle fist responce qu'elle n'espouseroit jamais le subject du roy son frère. Voylà pourquoy elle demeura si long-temps à prendre party, jusques à ce que, par la paix faicte entre les deux roys clirestien et catholique, elle fut mariée aveq' M. de Savoye, auquel elle aspiroit il y avoit longtemps, dès le roy François, et dès lors que le pape Paule tiers et le roy François se virent à Nice ', que la reyne de Navarre alla voir, par le commandement du roy, feu M. de Savoye le père ' au cliasteau de Nice, et y mena madame Marguerite sa niepce, qui fut trouvée fort agréable de M. de Savoye, cl fort propre pour son filz; mais cela traisna par le moyen de la guerre jusques à ceste grand' paix *, que ce mariage se fist et se consomma, et cousta bon à la France; car, de tout ce qu'on avoit conquis et gardé en Piedmont et Savoye l'espace de trente ans,

i . Antoine de Bourbon.

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