Claustré, cloîtré
4. Essarneau^ cerneau. On dit sarneau dans les patois du Midi.
132 DÈS^DAiMES.
veiiz en noz guerres civilles, asseurez-vous qu'un chascun en eust pris sa part, et se fussent saisis des places qu'on eust heu bien de la difficulté de les en chasser; aussi qu'ilz avoienl affaire à ung général, qui estoit M. le mareschal de Brissac, qui se sçavoit bien faire craindre et respecter, comme j'ay dict. Si bien qu'il fallust que ces pauvres gens prinssent leur congé en gré, dont les uns pleurans et se lamentans, se retirèrent en France en leurs maisons, que tel possible y avoit-il qui ne l'avoit veue de trante ans ; d'autres, comme gens désespérez, s'en allarent au service du roy d'Hespaigne, qui avoit la guerre contre le Grand-Seigneur; et prez de quinze cents qu'ilz estoient, tant du reliqua du Piedmont que de la Toscanne, furent tous tuez en combattant vaillamment en la battaille qui fut donnée aux Gerbes.
J'ay ouy dire à de grandz capitaynes que si le Piedmont au moings nous fut demeuré , et qu'on eust laissé la Savoie et la Bresse seulement, que le mariage fust esté très-riche et très-beau, et que, par ce moyen, nous estant resté, le Piedmont eust servy d'escolle tousjours et d'amusement aux gens de guerre françois, et s'i fussent tous arrestez, et ainsin ne se fussent adonnez ny afTriandez aux guerres civilles ; estant le jiaturel du François de vacquer tousjours aux œuvres de Mars, et d'iiayr l'oyziveté, le repos et la paix. Or, telle estoit la destinée malheureuse pour la France, et par ce moyen falloit-il achapter la paix ; et par ainsin madame de Savoye n'en a peu mais, car elle ne désira jamais la ruyne de la France : tant s'en faut, qu'elle n'aymoit rien tant que ceux de sa nation ; et si elle en a receu du bien elle n'en