Grégoire XI
4. Voyez Froissart, liv. II, chap, l, édit. du Panthéon, tome II, p. 62. Comme l'a fait remarquer M. Buchon, ce récit du chroniqueur est rempli d'erreurs. — Dans une phrase que Brantôme a supprimée, Froissart donnait pour père à Jeanne, Louis, roi de Sicile. — Charles de Calabre n'a pu tenir le discours qu'il lui prête ; car il mourut avant son père. — André, mourut, comme nous l'avons dit, non pas à Aix, mais à Aversa. Enfin, Jeanne avait eu de lui
ladicte reyne vint trouver le pape Clément* à Fondy; et diet comme ^ estant devant luy, elle s'humilia moult devant le pape, et se confessa à luy, et luy monstra toutes ses besongnes et jeu sans villenie*. Froissard use de ces propres mots : et se descouvrist de ses secretz à luy; et puis luy commança ainsin sa harangue, que je diray par mesmes motz dudict autheur, sans le changer.
« Père sainct, je tiens plusieurs grands héritages « et nobles, telz comme le royaume de INaples, de (( Scicille, Fouille, Callabre et la conté de Provence. « Mon père, luy vivant, il recongnoissoit toutes ces a terres de l'Eglise ; et me prist par la main au lict « de la mort, et me dict : « Ma belle fille, vous estes « héritière de moult riches et grands païs et croy « bien que plusieurs grands seigneurs tendront à « vous avoir à femme, pour les beaux héritages et « terres que vous tindrez. Or, veuillez user de mon « conseil, et vous mariez à si haut prince, qu'il soit « puissant de tout tenir en paix et voz héritages : et « s'il advient ainsin, et que Dieu le consente, que « vous n'ayez nulz hoirs, si remettez tous voz héri- « tages entre les mains du Sainct Père qui pour ce « temps sera ; car le roy Robert, mon père, au lict o de sa mort le me chargea ; par quoy, ma belle fille, « je vous l'en charge et je m'en descharge. » Et « adonq'. Père Sainct, je luy promis par ma foy,
un fils posthume , Charles-Martel , mort en Hongrie , à deux ans, et son second mari fut non pas Charles, mais Louis de Tarente.
i. Clément VII.
2. Brantôme a rajouté en marge : Ce mot met en cervelle force autres fringantes.
« présens tous ceux qui en la chambre pouvoient « estre, que je luy accompliroys tout son dernier « désir. Vray est, Père Sainct, qu'après son tres- « pas, par le consentement des nobles de Scicille et « de Naples , je fus mariée à Andry d'Hongrie, frère (t au roy Louys d'Hongrie, duquel je n'ay eu nulz « hoirs, car il mourust jeune homme, à Aix en Pro- <( vence.
« Despuis sa mort, on me maria au prince de Ta- « rante, qui s'appelloit messire Charles; et en heuz « une fille. Le roy d'Hongrie, pour la desplaisance « qu'il heust du roy Andry, son frère, fist guerre à « mon mary, messire Charles de Tarante, et luy vint « tollir Pouille et la Callabre, et le prist en bataille « et le mena prisonnier en Hongrie ; et là mourust.
« Et puis, par accord des nobles de Scicille, je (( me remaryay au roy James de Majorque, et man- « day en France messire Louys de Navarre ^, pour « espouser ma fille; mais il mourut sur le chemin.
« Le roy de Majorque, mon mary, se despartist « d'avecques moy, en intention et vollonté de re- « conquérir son héritage de Majorque que le roy « d'Arragon luy tenoit à force; car il en avoit désce hérité et faict mourir son père en prison '. Bien « disois-je au roy mon mary qu'estois dame assez (< puissante de richesses pour le tenir en tel estât « qu'il voudroict; mais tant me prescha et monstra