Essayé^ éçvoxxwé. — 2. Traict, traitement
a De vouloir expiumer plus à plain l'intégrité de son a âme^ cela seroit trop long aussi. Enfin, je l'estime « non seullement dame fort excellente, mais encor' « la répute pour le singulier enrichissement de l'Ital- « lie, et tel que nulle autre nation n'a point jamais « veu la semblable. »
Voylà certes de belles parolles, et qui sont fort à poiser toutes, que Boccace a dict de ceste grand' reyne : mais, pour en parler franchement, il n'en a pas assez dict, car vollontiers ung grand et digne subject comme celluy là, ne requiert point un abrégé de courts motz, miais une bien grande et longue hystoire. En quoy ledict Boccace est grandement à blasmer d'ingratitude : car, s'il est vray ce qui est escript de luy, qu'il aymoit Marie sa sœur, contesse d'Arlois *, et qu'il en ayt faict ses deux livres de la Flammette et Philocope, pour l'amour d'elle, il avoit obligation d'escripre plus hautement et amplement de toutes les deux sœurs qu'il n'a faict; car il l'heust sceu mieux faire q'homme du monde, pour le grand sçavoir qui estoit en luy. Mais je croy, et comme je tiens de grands discoureurs, il n'a jamais heu tant de faveurs de ceste grand' dame comme il en a escrit, et qu'il s'est forgé en sa cervelle et fantasie ce beau subject, pour en escripre mieux, ainsin que vollontiers font les poètes et autres composeurs^, qui se plaisent à sopposer' de grandz objectz et les fayre
1. Nous avons jjIus haut relevé cette erreur que Brantôme a répe'te'e d'après Collenuccio (liv. V, f" 147). Voy. p. 453, note i.
2. Les mots et autres composeurs ont été' ajoutés entre les lignes |)ar Brantôme,