A BRISSAC
Brissac, si vous plaignez ^ un brave cavalier Qui a passé gaiment la fleur de son jeune âge Ou dedans ou dehors de son propre he'ritage, Ayant fait le devoir d'un hazardeux guerrier,
Quel crève-cœur a-t-il, luy seul que le dangier
Ne pouvoit estonner son asseuré courage,
Quand la vieillesse, après, luy vient faire un outrage *
Qu'il n'a plus que le nom d'un brave avanturier.
Je plains bien plus, hélas ! ^ une Dame honorable Qui par sa grand'beauté s'est rendue admirable D'autrefois à la Cour, s'estant acquis * l'amour
D'un Roy, d'un Empereur ', de toute une noblesse, Quand tout cela se change avecques la vieillesse Et n'a rien que d'avoir esté si belle un jour ^.
i . Far. Freedeur.
2. Timoléon de Cossé, comte de Brissac, tué devant Mucidan eu P/'iigord en ^569. Son corps apporté à Paris fut enterré aux Célestins après de magnifiques funérailles. Brantôme l'estimait plus que Bussy quoique celui-ci fut son cousin.