Duns son poëmc De Remedio aiiwris
408 POESIES INEDITES.
Ny tels braves soldatz qu'ilz soient uniz ensemble, N'ont un pouvoir si fort que ce Dieu, si me semble, Et vaincre ne l'ay pu sinon depuis qu'un jour
Que, trop ferme en amour, sans avoir de caresse, Je vins à desdaigner ma si rude maistresse ; Elle me rechercha pour ravoir mon amour.
Amour, quiconque dit que Vénus soit ta mère A qui tu dois porter tout respect et faveur. Il en ment faucement : car tu as eu cet heur D'avoir este' conceu au sein de Guionnière *.
Dès lors que tu nacquis ell'changea sa paupière En cet arc que tu tiens, à me blesser si seur*; Et le feu de ses yeux, pour ton plus grand honneur, Te le donna pour mettre à ta flesche meurtrière;
Mais eir t'a fait aussi crever tous les deux yeux Afin que trop bragard ^ et trop audacieux Ne feisses à chacun sentir ton fier courage ;
Et quand tu veux tirer elle te donne mire Et te dresse le coup où seurement tu tire ; Si bien que de par ell' nous ne sentons ta rage.
Vous me dites, un jour, que j'escrisse de vous *. ,
4 . Mlle de L:i Guyonnière était une des filles de la suite de Catherine de Médicis. Brantôme ea a parlé ailleurs. « Elle étoit, dit-il, habile fille, belle, honneste et qui disoit le bon mot. »