Far. Une extrême
410 POESIES INEDITES.
Mais, las ! qui a peu voir une peine et un tort Que me tient ', sans raison, une maistresse dure Qui ne veut obéir à la loy de Nature, Il ne me peut blasmer si je cherche la mort.
Ronsard, vaut-il pas mieux mourir de brave sorte Que traîner une vie à lentz pas de mi-morte? Nous autres amoureux, quoy ! nous ne vivons point.
Mon Dieu! que d'un soldat ^la fortune j'envie Qui, cherchant de mourir, n'espargne point sa vie, Et jamais de l'amour n'est attaint d'un seul point.
Mon Dieu, que le Destin peut faire de faveur
A un bon cavalier, si, devant sa maistresse,
Il peut faire valoir son heureuse proesse,
Combattant pour son Prince, ou bien pour son honneur !
Quel est-il celuy-là, ou prince ou grand seigneur, Qui voulust, hors du camp, avoir plus grand' caresse, Pour mieux récompenser sa vertu, son adresse, Que d'avoir de sa Dame et l'amour et le cœur ?
Bien qu'il ne fust loué ny du Roy, ny du reste. Si peut-il toutes fois aller haulsant la teste, Parmy les plus galans; j'enten, si son soleil
S'avance de passer les autres en lumière. Comme fait ma maistresse, à la Cour la première * ; Car c'est un feu qui n'eust ny n'aura son pareil.
i . Que me (ait.