‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeille, seigneur de Brantome, publiées d'après les manuscrits avec variantes et fragments inédits pour la Société de l'histoire de France (volume 4)Chapitre 112 sur 181 · Marguerite (le Valois · texte numérisé non relu

Marguerite (le Valois

POESIES INEDITES. 4 H

Madame, je sray bien qu'il n'est si fier combat , De tous ceux-là que peut un bon cœur entreprendre, Que celuy quand l'on vient à Nature se prendre Où l'Honneur et l'Amour sont en fascheux desbat *.

Je prise fort aussy ce hazardeux soldat

Qui d'un courage verd dans le camp * vient descendre

Et à son ennemy ne se veut jamais rendre,

Encor' qu'il voit la mort qui par terre l'abat.

Voicy le camp, Madame, il n'est pas trop bigerre *, Pour vous qui avez veu d'autres fois telle guerre; Armez-vous donc, cet heur' *, de vostre grand' vertu ;

Puis aydez à l'Amour que triomphant il sorte Du camp victorieux avecques vostre escorte ; L'Honneur, laissez-le là, dans le camp, abatu.

A STROZZl.

C'est un grand cas, Strozze *, je fais ce que je puis Pour m'oster cet Amour qui triste m'accompaigne. Mais, aussi tost osté, je le veoi en campaigne Qui me vient guerroyer de larmes et d'ennuis ;

Et pleust à Dieu, dés-ja, malheureux que je suis! Que l'on vist devant Metz campée l'Allemaigne

A. Var. Débat.

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