Marguerite (le Valois
POESIES INEDITES. 4 H
Madame, je sray bien qu'il n'est si fier combat , De tous ceux-là que peut un bon cœur entreprendre, Que celuy quand l'on vient à Nature se prendre Où l'Honneur et l'Amour sont en fascheux desbat *.
Je prise fort aussy ce hazardeux soldat
Qui d'un courage verd dans le camp * vient descendre
Et à son ennemy ne se veut jamais rendre,
Encor' qu'il voit la mort qui par terre l'abat.
Voicy le camp, Madame, il n'est pas trop bigerre *, Pour vous qui avez veu d'autres fois telle guerre; Armez-vous donc, cet heur' *, de vostre grand' vertu ;
Puis aydez à l'Amour que triomphant il sorte Du camp victorieux avecques vostre escorte ; L'Honneur, laissez-le là, dans le camp, abatu.
A STROZZl.
C'est un grand cas, Strozze *, je fais ce que je puis Pour m'oster cet Amour qui triste m'accompaigne. Mais, aussi tost osté, je le veoi en campaigne Qui me vient guerroyer de larmes et d'ennuis ;
Et pleust à Dieu, dés-ja, malheureux que je suis! Que l'on vist devant Metz campée l'Allemaigne
A. Var. Débat.